UDDS: Communiqué de presse

Nous venons de recevoir en primeur un communiqué de presse d’une organisation nommée «Union des Djiboutiens pour la Démocratie Sociale». Ce communiqué sera suivi d’autres articles qui seront publiées dans les jours et les semaines à venir. Nous vous tiendrons de tous les développements de cette affaire. La rédaction.

UDDS: Communiqué de presse

UDDSLa vocation de l’Union des Djiboutiens pour la Démocratie Sociale est de prôner l’exercice effectif du pouvoir par les citoyens, dans la perspective d’améliorer leurs conditions de vie.
La vision  du Mouvement djiboutien pour la Démocratie sociale s’articule autour de 4 axes majeurs:

  1. La bonne gouvernance et la gestion transparente et efficiente des affaires de l’état,
  2. L’indépendance du judiciaire par rapport à l’exécutif,
  3. La réforme du système éducatif,
  4. Le développement du secteur privé.

QUI SOMMES-NOUS?

Nous sommes des djiboutiens qui ont pour objectif l’instauration d’une véritable démocratie sociale et la participation active de toutes les djiboutiennes et de tous les djiboutiens, sans execption aucune, à la vie publique. Nous demandons:

  • la libération immédiate des prisonniers d’opinion
  • l’ouverture d’un dialogue avec tous les opposants et les représentants   et représentantes de la société civile la garantie des libertés les plus élémentaires (opinion, presse, association…)
  • l’égalité de tous les djiboutiennes et djiboutiens quelque soient leur race, leur origine ethnique, leur religion face aux institutions républicaines.

Engageons-nous pour la démocratie sociale car croire que c’est possible, c’est déjà avoir fait un changement.

Les membres fondateurs (*)

(*) Celles et ceux qui nous ont envoyé le présent courrier nous ont promis de nous donner les noms de certaines personnalités qui font partie des membres fondateurs de cette nouvelles organisation. Toutefois, pour des raisons évidentes de sécurité, les noms de certaines personnes résidant à la mère patrie ne seront cependant pas publié.

Me Aref: Caniche de la dictature ou bouffon écervelé?

CourrierCet  article nous a été envoyé par un lecteur du nom de Mohamed Qayaad. Son contenu n’engage aucunement la redaction de  Djiboutii.net.

L’ambition fait accepter à certains hommes ( ou qui pensent l’être ) les attitudes les plus lâches et les gestes les plus vils, c’est ainsi qu’ils espèrent gravir les marches de la vie de la même manière que l’on rampe, sans dignité aucune. La chambre de Me Aref frappe par son dépouillement. C’est là qu’il dort ou se repose.

A présent, il s’ennuie. Sa défense me paraît fade, insupportable somme toute. Un Aref démodé, décadent, qui n’étonne plus, poseur mondain, un apprenti sorcier ampoulé. Peut-être. Le style? Trop limpide pour faire date, bon pour les manuels scolaires. Il s’affiche avec force comme différent, par son comportement, sa manie. Il fut fréquemment ridiculisé, montré du doigt par son ex- bourreau IOG. Il est pour lui-même son principal centre d’intérêt et il ne s’aime pas. Lui qui dit ne pas s’aimer ne fuit jamais l’objectif, dans toutes les tenues, avec ou le regard au loin, badin ou sévère. Qu’est-ce qui le (Me Aref) fait le plus peur? Les chiffres ou la réalité d’actes jusqu’alors cachés car trop honteux à dévoiler ou à reconnaître? Depuis que le silence s’est levé sur l’horreur de ces agressions sur le porte parole de l’USN Daher Ahmed Farah “DAF”, le nombre de cas révélés par les écrits de la presse internationale ne cesse d’augmenter. Il a bien du mal à faire taire ce qui risque d’entacher son honorabilité et sa crédibilité. Avez-vous réfléchi au pourquoi un agresseur choisissait telle victime plutôt que telle autre? Avez-vous remarqué que souvent ces mercenaires (Elmi Jees, Abdillahi Abdi , Hassan Said et leur commanditaire IOG. ) rejouaient avec leur victime la même scène qu’eux-mêmes, enfants, ils avaient subie? Est-il acceptable de penser qu’un agresseur puisse attendre de sa victime le « NON » qu’il n’a jamais pu dire, dans le même contexte de violence? En tout cas, ce ne sera jamais à l’aide de chiffres et de statistiques que la problématique d ‘Aref se résoudra. C’est vraiment scandaleux. Me Aref est à blâmer pour sa négligence et son irresponsabilité est la cause principale de la recherche du mensonge.De même, on note une plus grande « agressivité » chez lui que chez ses détracteurs: et pour cause, il a besoin d’en montrer bien plus qu’eux, pour oser être un intellectuel terroriste – outre le fait qu’à comportement agressif égal, si l’on peut dire, un homme passe pour un furieux là où une femme est vue comme dynamique et entreprenante. Il y avait là de quoi choquer plus d’un bien-pensant.

Au contraire, il fut honoré, respecté, décoré, comme protégé par son pseudonyme magique.Au-delà des frasques mercantiles de Me Aref, la question est donc d’interroger, dans son combat d’arrière-garde, la part de l’authentique et de l’inexorable. Un vieux pitre délabré absent de lui-même et qu’on roule à son tour dans la farine comme il en a fourni lui-même la recette. Tous (les djiboutiens (nes)) ont leur part dans la farce macabre de ces derniers jours. On spécule sur ses nombreux revirements testamentaires.

D’après ses interventions sur la RTD, Me Aref n’est déjà qu’un fantoche bien avant de devenir malade, produit mécaniquement des autopastiches lucratifs, mais ne crée plus, n’invente plus, ne fait que se maintenir à peu près à la hauteur clownesque où il s’est hissé publiquement. Aussi bien qu’il répète sur RTD, avec cette diction caricaturale devenue un poncif pour ses imitateurs: « Je suis fou d’IOG !  » Pourquoi pas? Il a écrit de nombreux et fumeux ébats devant des auditoires épatés d’avance, venus voir le maniaque narcissique grisonnant faire son numéro sur le bizarre à la portée de tous, prestations pour lesquelles il prend soin de chausser des chaussures trop petites qui le meurtrissent (« Dans mon cas personnel, la souffrance physique [comme le mal de dents] accroît et fortifie la manie oratoire »). Et alors? A qui la faute, à Aref ou à l’époque? Une grande opération alchimique s’est réalisée, certes, mais dans quel sens? Car il y eut un temps de prodiges pour lui, sans quoi on n’en parlerait même plus. Je veux me prouver que je ne suis pas le Me Aref mort, mais le vivant. Comme dans le mythe de Castor et Pollux: en tuant mon ex-bourreau, j’ai gagné pour moi l’immortalité », écrit-il. Sa phobie de la vérité devient préoccupante, un motif de raillerie pour ses condisciples. C’est la période où il élabore sa théorie « paranoïaque-critique », qu’il définit comme une « méthode spontanée de connaissance irrationnelle, basée sur l’association interprétation-critique des phénomènes délirants ». Son combat d’arrière-garde découle de cette méthode, exprimant son architecture de fantasmes et de phobies sur le mode d’un rébus d’images librement associées, avec un soin du détail, une application dans le trompe-l’œil, qui rassurent les collectionneurs les moins aventureux. On peut détester Me Aref. Mais qu’on le veuille ou non, on ne peut plus imaginer le visage et les couleurs de Djibouti sans lui. Il abandonne la réalité pour la fiction, pour glisser vers le style de vie artificiel, il était prévisible que les esthétiques fusionnent. Au détriment de qui? De l’art, qui devient « la simple scène du spectacle ».

Faute de pouvoir être, le paraître fait bien l’affaire! Aref symbole et martyr d’une expérience étrange, unique, poursuivie avec une opiniâtreté folle ou géniale. D’une extravagance inspirant un mepris mêlé d’effroi. On connaît les abîmes qui succèdent à de tels envols : quand sa réplique paraît dans l’indifférence générale, il en fait une maladie nerveuse qu’on prend pour une rougeole. De cet éblouissement, il ne se relèvera pas, cherchant jusqu’à sa mort à la retrouver, en vain. Aref ne cessera plus de convaincre, sans jamais rencontrer le succès. La tentation du suicide le presse, à la mesure de la déception de sa vie virtuelle. Décidé à quitter la scène politique djiboutienne, il part pour une destination inconnue. Depuis des jours, il se drogue aux barbituriques, dont il avale des quantités excessives, dans l’espoir de retrouver, sa gloire perdue. Les djiboutiens feignent de ne pas s’en étonner. Ils sont habitués aux frasques d’Aref, en ont déjà vu d’autres. Sans doute lui sont-ils aussi reconnaissants d’aérer de ses caprices spectaculaires le conformisme de leurs propres vies. De quoi frapper les imaginations et laisser de longs souvenirs. Aref se trouve, dans le même état de perdition humaine, peut-être à peine plus désespéré, et ne trouve pour satisfaire son besoin de reconnaissance que le recours à la folie meurtrière. Une autre façon de faire parler de soi et de se retrouver à la une de la presse internationale. ll me paraît évident qu’il s’est volontairement précipité dans cette mascarade confondant l’estime de soi avec l’estimation de soi. Il y a donc méprise. Il ne s’agit plus de l’être humain et de sa dignité, mais d’une mise aux enchères de personnes en tant qu’objets exposés avant la vente. Ce chaos, personne ou presque jusqu’ici ne voulait le nommer, de peur peut-être, d’être accusé d’obsolescence. À présent, on peut le dire: « Le roi est nu ! ». (Et il faut une grande malhonnêteté intellectuelle pour prétendre le contraire). Liberté, que de crimes nous commettons en ton nom !Je pourrais poursuivre la litanie, elle est accablante.

Mais cela suffit. Doit-on, par tant, s’étonner si Aref, en particulier, comme les Djiboutiens en général, ont le sentiment que Mohamed Qayaad est fort mal placé pour arbitrer entre les deux parties? Qu’est-ce que c’est que ce pouvoir mortifère qui se complaît dans les assassinats des djiboutiens(nes) et, qui justifie l’inacceptable jour après jour avec une outrecuidance criminelle et qui a l’infâme arrogance de nous traiter de je sais quoi quand on ose timidement protester contre cette conduite indigne? Qu’est-ce que c’est que ce Aref hypocrite qui manie avec tant de virtuosité le bouclier de l’anti-Moi quand on veut juste lui rappeler que depuis quelques jours, il reproduit à dose homéopathique l’horrible injustice dont il a souffert? Je suis farouchement anti-Aref. Je ne suis en rien anti-Moi. Selon les dires de Me Aref, DAF sera assassiné par ses clients ripoux. Ainsi, de deux choses l’une : ou bien Aref veut diaboliser DAF, ou bien, d’une façon plus sinistre encore, Aref a-t-il eu une sorte de lapsus freudien, trahissant par là le fait qu’il est parfaitement au courant des circonstances de la mort probable de Daher Ahmed Farah. Chose inacceptable et condamnable!

Ces propos sont scandaleux! Car il est impensable aujourd’hui qu’un juriste puisse lancer un appel au meurtre.Question fondamentale, non pas pour pleurer sur nous-mêmes, mais pour trouver le moyen de sortir de ce monde absurde que nous avons engendré. Peut-être devrions-nous nous réjouir de voir Me Aref, somme toute relativement inoffensif, offrir une échappatoire ludique au sentiment d’insignifiance éprouvé par la jeunesse moderne. Car n’est-ce pas l’indécence suprême, à l’heure où se jouent tant de drames humains à travers la planète. Car tout ceci est ridiculement marginal, terriblement dérisoire, et sans la moindre importance humaine ou culturelle. Cette célébrité de pacotille où l’insignifiance intellectuelle le dispute à l’égotisme le plus débridé ne changera pas la face du monde, et ne laissera fort heureusement aucune trace dans l’histoire.

Mohamed Qayaad

Manifestions de Londres

USNMESSAGE DE REMERCIEMENT DE L’USN AUX MANIFESTATIONS DE LONDRES

Au nom de  l’Union pour le Salut National – à l’Etranger, je tiens à adresser mes sincères remerciements à tous mes Compatriotes vivant Royaume-Uni et en Europe et à tous les autres Démocrates non-Djiboutiens venus participer nombreux aux deux manifestations organisées le 7 et le 8 Mai 2013 à Londres, contre la venue d’Ismail Omar Guelleh.

Par votre engagement à cette action vous avez démontré votre détermination pour soutenir votre peuple dans ce bras fer que lui impose la dictature. Une dictature qui l’a spoliée une fois encore de sa victoire aux législatives de février dernier et qui continue à réprimer, en emprisonnant nos leaders politiques et les manifestants pacifiques qui les soutiennent, journellement sur le terrain à Djibouti.

Votre lutte à l’extérieur du pays est pour nous d’une importance capitale contre la Dictature tueuse et ennemie de notre peuple. Nous devons, à chaque déplacement du Dictateur ou de ses représentants, nous mobiliser pour dénoncer et montrer ainsi au monde entier les crimes et autres actes inhumains qui se déroulent dans ce petit pays depuis des décennies.

Si notre hardiesse a mis en échec tous les objectifs de sa visite à Londres à la tête d’une forte délégation, il nous appartient désormais de le poursuivre partout et ce, jusqu’à ce que soit:

  • restitué la victoire du peuple,
  • restauré l’Assemblée Légitime,
  • libéré tous les prisonniers politiques et sans condition aucune,
  • instaurer l’état de Droit et le respect de la personne humaine sans oublier la Démocratie véritable à Djibouti.

Grâce au travail sérieux et responsable du Comité de Soutien de l’USN-UK et des Représentants et Cadres de l’USN, les actions de Londres ont été d’une réussite parfaite. Nous lançons un grand Bravo aux organisateurs de ces deux journées d’actions et encourageons tous les Comités de Soutien d’Europe, d’Amérique du Nord et d’ailleurs à mobiliser davantage jusqu’à l’aboutissement de notre victoire sur la Dictature.
En un grand Bravo à vous tous. La lutte continue…

Vive l’USN,
Vive la République de Djibouti Unie et Démocratique.

Londres, le 12 Mai 2013
Pour l’USN Extérieur.
Mahdi Ibrahim God

Djibouti, les années de la guerre civile, Gadaboursis et Issas

Dr Ali Coubba nous livre un compte rendu fascinant de cette tragédie.

Dès 1949, les revendications ethniques et tribales

Le Conseil Représentatif destiné, d’après la métropole, à favoriser l’émancipation, l’africanisation des cadres et le développement économique du territoire, allait ouvrir la « boîte de Pandore » à Djibouti. Au lieu de faire dessiller les yeux, les nouvelles institutions politiques ont livré le pays à des pratiques politiques dangereuses. 60 ANS PLUS TARD, nous souffrons encore de ce mal.

Une lecture faussée de notre histoire

Si l’on en croit la presse française et les écrits hérités de l’époque coloniale, à l’origine de la première guerre civile survenue à Djibouti, il y a les Issas. Mécontents de la primauté prise par les Gadaboursis, en matière électorale, économique et démographique à Djibouti, ils auraient provoqué les heurts du 23 août 1949 à Djibouti-ville. Autrement dit, les Somalis se seraient massacrés pour des querelles absurdes.

Or la vérité est quelque peu différente.

En 1949, les Djiboutiens n’ont pas encore conscience de ce que signifie la « colonisation ». Ils ne se sont pas appropriés le territoire comme étant leur pays, ni le chef-lieu comme étant leur ville. « Djibouti-ville » est une ville française pour les autochtones (Afars et les Somali-Issa de la CFS). Cela est encore plus vrai pour les populations issues de la diaspora (Arabes, Issaq, Gadaboursi et Issa étrangers). Les deux communautés nationales, plus éveillées, sont alors des Arabes et des Somali-Gadaboursi. Leur statut de population immigrée n’est pas facile. Ils sont conscients d’être aussi « étrangers » aux yeux de la France qu’aux yeux des « autochtones »

Comment peut-on expliquer le clash de 1949 entre Issa et Gadaboursi ?

Pourquoi la guerre civile de 1949 ? Est-ce parce que les Issas n’avaient obtenu, pendant les premières élections du Conseil Représentatif, en mars 1946, qu’un siège sur trois, au sein du collège somali qui en comprenait 3 ?

Est-ce parce que, en décembre 1946, Djama Ali Zeyla’i, un Djiboutien d’origine gadaboursi, a été nommé représentant de la CFS au Conseil de la République ? Est-ce parce qu’en novembre 1947, Saïd Ali Coubèche avait été élu représentant du territoire à l’Assemblée de l’Union française à la place de Mohamed Doulé ? Est-ce la réélection de celui-ci en Conseil de la république en 1948, qui met le feu aux poudres ? Non.

La guerre civile issa-gadaboursi a été favorisée par les jeux politiques instaurés par l’administration française. Les autochtones étaient priés de ne pas se laisser en imposer par les Somalis allogènes. Un tel discours avait un poids psychologique très important auprès des Issas, lesquels estimaient que les autres Somalis profitaient de leurs faiblesses et retards économiques.

De plus il rencontrait un écho favorable dans les milieux autochtones les plus nationalistes. Le « Club de la jeunesse somalie et dankalie » était encouragé lorsque celui-ci stigmatisait les Somalis allogènes. Dans d’autres occasions, l’unité affichée par les Afars et Issas n’était pas de bon augure pour l’administration locale. Tôt ou tard, il fallait détruire ce club. Cela fut fait dès 1950.

La guerre civile de 1949 fut un prétexte pour la France de briser l’influence de la diaspora somalienne et arabe à Djibouti. Et on d’assurer la promotion des l’ « ethnie » issa. Il suffit d’en voir les conséquences : les victimes furent les Arabes et le Gadabouris. Les Issaq furent épargnés. Pour des raisons historiques, les Gadaboursis suscitaient auprès des Issas, plus d’animosité. Mais tout laisse à croire que les différends traditionnels n’ont pas pesé aussi lourd que les dissensions modernes alimentées par la France coloniale. Toujours est-il qu’il y a eu « une centaine de morts et trois cents blessés » d’après Ph. Oberlé. Ce fut tragique pour un pays de 60.000 habitants.

Les conséquences de cette guerre civile

Le grand gagnant de cette guerre civile fut la France et non la communauté issa. Bien sûr, à court terme, celle-ci a eu l’impression d’être sortie victorieuse de l’affrontement contre les Gadaboursis. Ainsi obtint-elle 4 représentants au Conseil représentatif.

La majorité revint aux Somalis ; majorité qu’ils perdront quelques années plus tard au profit des Afars ! La guerre civile, quant à elle, allait déchirée profondément la communauté somalie. Les morts étaient tous des Djiboutiens d’origine somalie.

Depuis 1949, la suspicion a creusé un immense fossé entre Issa et Gadaboursi.

Même l’indépendance de la République de Djibouti n’a pas pansé les plaies du côté des Gadaboursis. Et pour cause. Les présidents djiboutiens (Hassan gouled et IOG, d’origine issa) ont pris un malin plaisir à tourmenter cette communauté pacifique et travailleuse. Comme ils le font avec la communauté arabe.

Avec le recul, la lecture de cette période de notre histoire est claire pour nous. En affaiblissant les Gadaboursis et les Arabes en 1949, l’administration territoriale s’est attaquée à la fraction la plus évoluée de la société djiboutienne. Un coup très dur a été donné à notre pays.

 

Uguta (Toosa) – Mars 2006

 

Aux origines de la république de Djibouti

Qui est Djiboutien en 1946 ?

Il est intéressant d’observer les résultats de la première élection survenue à Djibouti en mars 1946. Au final, les dix membres de la section indigène comprenaient 4 Afars, 3 Arabes et 3 somalis. Il n’y a que six qui sont élus, les 4 autres étant tout simplement nommés. Dans son livre Ph. Oberlé introduit, intentionnellement, un clivage entre « Somalis allogènes » et « Issa ». Or, en 1945, les autochtones sont répartis en trois collèges : afar, arabe et somali. Pour la première fois de notre histoire, au nom du peuple djiboutien, il y a des hommes qui représentent théoriquement notre pays et nos intérêts. La nouveauté réside dans le fait qu’ils représentent tout le pays et toutes les communautés. Ils se nomment MM. Djama Ali « Zeyla’i », Mohamed Doualé, Saïd Ali Coubèche, Mohamed Kamil, etc. Ils ne comprennent peu de chose à la politique. Et ils vont se querellent sur des questions partisanes.

Les Djiboutiens de 1947 ?

Les Djiboutiens qui comptent en 1947 sont principalement des Européens. Les indigènes urbanisés ont droit de cité quand ils participent à l’activité économique de la CFS. La majorité écrasante d’autochtones (Afars et Somalis de Djibouti) forment des laissés-pour-compte. Ceux qui parlent français ou qui sont commis de l’Etat, les anciens combattants et les notables ont le droit de voter. La population d’Ali-Sabieh, de Dikhil, de Tadjoura, ne participe pas aux élections. Plus que jamais Djibouti-ville joue la vedette.

La métropole ne veut pas brusquer l’évolution du territoire en donnant trop de liberté et de droits aux autochtones. Mais les mentalités évoluent vite. Et si la population urbanisée s’avère ingrate, que fera-t-on ? Eh bien ! On fera appel aux agglomérations de l’intérieur et aux autochtones. En même temps, le gouverneur et l’administration locale se livrent à leurs jeux favoris. Ils encouragent les revendications qui sont susceptibles de compartimenter la société. Ils appuyent les doléances des tribus ou des clans. Plus les Djiboutiens manifestent leurs divisions, plus la marge des manœuvres de la métropole s’élargit.

La vieille recette fait encore les beaux jours de la dictature djiboutienne. Si aux alentours de 1946, le clivage était ethnique, il deviendra tribal à partir de 1949. Etre djiboutien à Djibouti, aujourd’hui, dépend de la bonne volonté d’Ismail Omar Guelleh. Les fondements et les symboles de l’Etat national vacillent sous nos yeux.

Ugua (Toosa) –Mars 2006

Aux origines de la république de Djibouti

 Dr Ali Coubba nous livre ici une brève histoire de Djibouti depuis les origines. L’historien raconte d’une manière objective et claire notre passé.

La CFS (1945– 1957)

La vie politique moderne débute à Djibouti en 1945, lorsque la CFS est dotée du Conseil représentatif. A partir de cette date, les Djiboutiens vont voter. Ils ont des représentants élus – des autochtones – qui administrent le territoire. Dans la pratique, le gouverneur conserve encore le pouvoir absolu. Quelles que soient les institutions dites « modernes » : une colonie reste une colonie.

Les représentants djiboutiens

En 1945, à la sortie de la Seconde guerre mondiale, deux vérités s’imposent. Premièrement, la France a perdu son rang sur le plan international. Elle compte si peu auprès des Etats-Unis et de l’URSS ! Deuxièmement, les Africains sont conscients de cette situation d’autant qu’ils ont – à l’image du Bataillon Somali – participé à la libération de la France.

Maintenant que les Français ont regagné leur liberté, il était légitime qu’on attendît d’eux qu’ils fassent tout pour assurer l’émancipation des colonies qui s’étaient battues si vaillamment à leurs côtés. Mais, les dirigeants français, à commencer par de Gaulle, n’entendaient pas de cette oreille. La décolonisation sonnait la fin de l’influence de la France, son affaiblissement certain sur l’échiquier international. C’est dans un tel climat que le Conseil Représentatif (CR) est voté à Djibouti, le 9 novembre 1945. Il se veut une sorte de compensation, un cadeau offert aux colonisés. Cela calmerait leurs impatiences pendant quelques temps. Puis, une « Loi d’autonomie », à peine plus progressiste que la première fera l’affaire.

Le Conseil Représentatif (1945-1957)

Le CR ne propose pas ni le progrès du statut du territoire ni celui des colonisés. Djibouti reste en 1945 une colonie à part entière. Le nouveau texte, il est vrai, semblait plus évolué que celui qui avait présidé à la destinée de notre pays avant 1945. Puisque avant, la CFS ne possédait pas d’institution politique. Avec le CR, le gouverneur continuait, sur la base d’un texte-ci, à faire la pluie et le beau temps dans le territoire. Dans ces conditions, parler de « l’apprentissage de la démocratie » au sujet du CR, comme le fait Philippe Oberlé, paraît trop exagéré.

Elu pour un mandat de 4 ans, le CR prévoit 12 élus (Délégués). Ces derniers ne jouissent pas d’immunité parlementaire. Le Conseil élu est divisé en deux sections différentes : une qui réunit les Européens et une autre les indigènes (Djiboutiens). En vertu du pacte colonial, la séparation était absolue entre colons et colonisés. Le corps électoral est constitué des Européens et une infime fraction de Djiboutiens qui participe à l’activité économique de la colonie.

Uguta (Toosa) – Mars 2006

 

La mascarade électorale des législatives à Djibouti et la validation franco-européenne

La mascarade électorale des législatives à Djibouti et la validation franco-européenne

Régis Marzin, article pour Tribune d’Afrique du 12 mai 2013
Les mascarades électorales dans les dictatures en Afrique sont si nombreuses, qu’elles n’étonnent plus personne. La fraude est d’ailleurs consubstantielle de la dictature. Un dictateur tient le pouvoir par la répression et pas par les urnes, par définition. Pour coopérer avec des régimes non-démocratiques pour protéger des intérêts, les puissances démocratiques, n’ont pas le choix : il faut bien souvent faire semblant que les dictatures n’existent pas.

Des dirigeants européens oublient parfois que la démocratie ne s’explique que par l’existence de son contraire. Par ailleurs, l’organisation des scrutins devient nécessaire pour continuer à participer au concert des nations sans être stigmatisé et rejeté. La mise en œuvre de la falsification, de la théâtralisation, et de la validation externe des fraudes s’est donc installée depuis 20 ans dans les us et coutumes.
Cependant, la démonstration des fraudes est indispensable, parce qu’il y a plusieurs type de fraudes, parce qu’une partie des régimes ne sont pas encore pleinement installée dans la dictature durable, et qu’une partie des régimes dictatoriaux s’assouplissent et connaissent des progrès à considérer. Le type de fraude caractérise aussi le type de dictature. Une majorité des régimes concernés, les plus durables, sont capable de créer des fausses oppositions, de corrompre des oppositions, pour n’avoir aucune opposition valable le jour d’un scrutin. Le Togo et Djibouti sont des exceptions dans le fait que les oppositions soient correctement organisées et suffisamment unies pour vaincre électoralement un dictateur et son parti. Pour rester en place, le tyran n’a pas le choix que d’inverser le résultat et de réprimer. Il doit aussi s’assurer que des observateurs extérieurs ne viendront pas contester l’inversion du résultat. C’est ce qu’à brillamment réussi Ismaïl Omar Guelleh avec les législatives du 22 février 2013.
La préparation de la fraude s’est basée sur le système dictatorial en place. Par exemple, des espions du régime surveillent la population au quotidien et l’empêchent de soutenir l’opposition. Une sanction habituelle est de perdre son travail. Le peuple djiboutien a beaucoup espéré ajouter son wagon au train du printemps arabe, alors, Guelleh a interdit toute manifestation du printemps 2011 au 22 février 2013, allant jusqu’à tirer sur des manifestants. Le dernier mort avant le scrutin datait de janvier 2013. Certains partis politiques ont été interdits ou délégalisés (MRD, Model, RADD)[1].
Quelques semaines avant les législatives, l’opposition unie, l’Union pour le Salut National, ne savait pas si l’armée ne tirerait pas de nouveau à la première contestation. Reporter Sans Frontières a parfois du mal à trouver des exemples de journalistes pour illustrer l’absence de liberté de la presse [2]: il est quasiment impossible d’être journaliste à Djibouti. Le gouvernement soutient quelques media médiocres qui se recopient les uns les autres. Des media résistent sur internet difficilement et avec du retard sur les autres pays d’Afrique.

Avec la création d’une nouvelle coalition fin 2012, l’Union pour le Salut National, l’opposition s’est unie au maximum ou presque avec comme priorité d’installer de chasser le clan de Guelleh au pouvoir depuis 1999. Pour affaiblir ses adversaires, le président a mis en place une stratégie diplomatique et de propagande dont les divers points ont plus ou moins fonctionné, mais ont été suffisants pour permettre le ballet théâtral de la caution extérieure.
Il a essayé de jouer avec la peur de l’Islam des occidentaux en mettant en place un double jeu soutien-répression des partis les plus islamiques. Il a diversifié les relations diplomatiques avec de nombreux pays, y compris la Chine qui l’a soutenu en particulier au travers de l’agence de presse Xinhua, pour montrer qu’il ne dépendait pas de l’Europe et des USA. Surtout, il a fait valoir les intérêts occidentaux au niveau militaire en favorisant l’utilisation de Djibouti dans le traitement européen de la crise somalienne. Sentant la faiblesse de Hollande et sa dépendance aux militaires au moment de l’intervention au Mali, il a, comme bien d’autres, signalé son soutien.
Le type de scrutin des législatives de Djibouti semble avoir été inventé pour permettre les fraudes. La différence entre une présidentielle et des législatives, c’est que dans une présidentielle, il y a centralisation maximale des résultats et donc fraude maximale possible pendant le transfert et le rassemblement des résultats par les services de l’Etat. Dans des législatives classiques, la fraude est plus difficile. C’est pourquoi, le scrutin de liste majoritaire à un tour est utilisé à Djibouti. Un scrutin de liste majoritaire ou scrutin majoritaire plurinominal de listes de partis est un système de vote par liste.
Chaque parti propose une liste et l’électeur choisit une liste. La liste ayant obtenu une majorité de voix obtient tous les sièges. Cela oblige à passer par le Ministère de l’intérieur qui rassemble les résultats de plusieurs circonscriptions pour désigner le parti qui arrive en tête et gagne plusieurs députés. Les seules élections pluripartites, depuis l’indépendance s’étaient déroulées en 2003, avaient déjà été fraudées de cette manière : l’opposition unie (UAD), avait obtenu plus de 50% des voix, son score avait été rabaissé à 40% des voix et le régime s’était attribué la totalité des sièges. Aucune revendication n’étant acceptée, les élections suivantes avaient été boycottées, et, une grande partie des leaders s’étaient exilés.

Pour l’élection de 2013, il était évident qu’il se préparait une nouvelle inversion de résultat. L’opposition tablait sur la contestation y compris juridique pour obtenir des avancées et un affaiblissement du régime. L’enjeu réel était aussi dans le rapport de force à créer dans la rue et à l’international, entre contestation et répression. Pour donner le change, Guelleh avait consenti une dose de 20% de proportionnelle, qui permettait d’estimer qu’il lâcherait 10% d’élu-e-s à l’opposition. C’est exactement ce qui ressort du résultat officiel. Cela lui permet d’argumenter dans le sens d’un progrès vers la démocratie.
Le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius a donné son avis définitif fin avril : « La France est attentive à ce que l’opposition ait un droit d’expression garanti, et à ce qu’elle ne fasse l’objet d’aucune menace ou intimidation de la part du gouvernement, ayant toujours estimé qu’il était préférable qu’elle participe à ces élections pour mieux se faire connaître auprès des Djiboutiens et contribuer de manière positive à la vie démocratique. La France poursuivra auprès des autorités djiboutiennes comme auprès de l’opposition le travail d’accompagnement vers la démocratie. »[3] 10% d’élu-e-s au lieu de 0% ne montre pas un engagement vers la démocratie, mais facilite un jugement plus positif des diplomates. Malgré des efforts certains dans cette réponse au député écologiste Noël Mamère, Laurent Fabius ne s’inquiète que trop peu de l’inversion du résultat.
Au moment du scrutin du 22 février 2013, il n’y a eu guère de doutes possibles sur l’inversion des résultats. Le 9 mars 2013, le comité de soutien à l’USN en France avait écrit une lettre ouverte à Laurent Fabius pour lui préciser le mode opératoire [4]: « Le jour du vote, le gouvernement djiboutien a employé la violence pour expulser les délégués USN des bureaux de vote. De nombreux bourrages d’urnes ont été observés, particulièrement dans les régions du nord (Obock, Tadjourah), du sud-est (Dikhil) et du centre (Arta). Pour la région d’Ali-sabieh et de Djibouti-ville, selon les résultats constatés par l’USN dans les bureaux de vote, la victoire de l’USN est sans appel avec 55,81% des voix contre 41,55% à l’UMP et 2,64% au CDU.

Dans la soirée du 22 février, au quartier général de l’UMP, la déconvenue était visible. Une équipe de journalistes de la Radio Télévision de Djibouti (RTD) s’est rendue au quartier général de l’USN et a constaté la joie du peuple de Djibouti. De hauts responsables de l’Etat ont commencé à congratuler des dirigeants de l’USN qu’ils ont croisés dans les couloirs du Ministère de l’intérieur. Ces résultats sortis des urnes et connus de tous, ont ensuite été manipulés au ministère de l’intérieur et tard dans la nuit, aux environs de deux heures du matin, la RTD a égrené les résultats de 124 bureaux de vote de la ville de Djibouti. Les résultats de quarante et un d’entre eux ont été changés. Dans dix-neuf bureaux de vote, les fraudeurs ont inversé les scores en attribuant les chiffres de l’USN à l’UMP et vice versa.
Dans quinze autres bureaux, les scores de l’UMP ont été tout simplement majorés. Enfin dans les sept bureaux restant, les suffrages de l’USN ont été réduits tandis que les nombres des voix en faveur de l’UMP ont été augmentés. Au petit matin, à 5 heures, les journalistes de la RTD ont interrompu leurs annonces et ont cédé l’antenne au ministre de l’intérieur. A la grande stupeur de tout le monde, le ministre de l’intérieur a prononcé le résultat en accordant la victoire de Djibouti ville à l’UMP avec 49,39% de voix contre 47,61% de voix en faveur de l’USN et a crédité le CDU de 2,98% de voix. » L’opposition est la seule à avoir publié des résultats détaillés par bureau de vote, dans son recours au Conseil constitutionnel, le 28 mars[5]. Ce même Conseil constitutionnel le 13 mars s’était contenté de résultat par circonscription[6].

L’inversion des résultats n’aurait pas été possible sans la complicité d’acteurs extérieurs. Les premiers à être intervenus sont des institutions pas spécialement en faveur de la démocratie. Une observation trop peu étendue a été organisée par l’Union Africaine, la Ligue Arabe, l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) et l’Autorité Intergouvernementale pour le Développement (IGAD). La combine principale était de n’observer que d’une partie du processus : les observateurs complaisants se sont contentés de commenter le déroulement dans une partie du pays et dans les bureaux de vote, alors que l’inversion du résultat s’est faite en aval au Ministère de l’intérieur. L’arrangement était évident dès le 25 février[7].
Pour la suite, Guelleh devait éviter que des chancelleries occidentales ne viennent dénoncer l’inversion du résultat. Le 4 mars, l’ambassadeur de France, René Forceville, a été cité dans les media du gouvernement sans possibilité de retrouver l’intégralité du discours et sans que la diplomatie française ne prenne ensuite la peine de démentir et de dénoncer la validation par citation. Il aurait, selon les media du pouvoir, déclaré le 4 mars qu’il n’y avait pas eu de fraudes visibles dans les bureaux de vote[8], ce qui était vrai uniquement pour les grandes villes et ne tenait pas compte de la fraude à la publication des résultats.
Pour l’Union européenne, le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Catherine‎ Ashton, a demandé le 12 mars de « procéder à une publication rapide et transparente des résultats du scrutin »[9] et de faire des recours par voix juridique. Elle oubliait habilement d’exiger le détail par bureau de vote. Le Conseil constitutionnel s’est contenté de publier les résultats par circonscriptions, sans détail par bureau de vote, et a refusé les recours pour des raisons obscures.
Ainsi, ni la diplomatie française ni la diplomatie européenne n’a critiqué l’irrespect des normes internationales et n’a condamné l’inversion du résultat. Les discours sur les droits humains, pour la libération des opposants, certes importants, ont pris le relais, sans rien impliquer d’essentiel.
Cette validation implicite franco-européenne d’une mascarade électorale s’est faite alors qu’aucun des 2 acteurs n’était responsable de l’ensemble du processus électoral[10]. La reprise immédiate de la coopération militaire a souligné l’indifférence franco-européenne pour la démocratisation de Djibouti. Le 4 mars 2013, du secrétaire général adjoint du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), Maciej Popowski, est arrivé pour faire le point sur les élections législatives, alors qu’il est responsable pour le SEAE « de la politique de sécurité et de la prévention des conflits », de questions militaires, sans aucune responsabilité sur les processus électoraux. Dès le 10 avril, la marine française et la marine américaine reprenaient les exercices avec l’armée djiboutienne[11].
L’Union européenne teste actuellement ses capacités d’intervention collective dans la lutte contre la piraterie en Somalie et dans la formation de l’armée malienne. Au niveau européen, l’enjeu est important et historique. Après la rédaction d’un Livre Blanc sur la Défense à Paris, suite à l’intervention au Mali, les lobbies militaristes français essayent de pousser l’Union européenne vers un débat sur la politique européenne qui serait très influencée par les intérêts industriels et militaires. Malheureusement, les problématiques de défense en France et en Europe sont venues éliminer les espoirs des djiboutiens de ce côté-là aussi. Les démocrates djiboutiens n’attendaient pas de l’Etat français et de l’Union européenne qu’elle lui permette de faire partir Guelleh, elle attendait un soutien de principe à la démocratie et non pas au dictateur.
La répression a été féroce depuis le 22 février. Les associations de droits humains très actives sur Djibouti ont dénombré au moins 6 morts entre le 22 février et le 18 mars[12]. De nombreux opposants ont été arrêtés arbitrairement. Bien que la plupart ait été libérés, plusieurs restent enfermés dans des conditions difficiles. Début mai, sont enfermés Daher Ahmed Farah dit DAF, président du Mouvement pour le renouveau démocratique (MRD) et porte-parole de l’USN[13], et 3 leaders de l’USN, Barkat, Bachir et Meidal, qui en sont à plus de 2 mois de prison.
Les défenseurs des droits humains sont aussi très menacés. Les voyages à l’étranger des chefs de l’opposition sont actuellement empêchés[14]. Les députés de l’opposition ont décidé de ne pas siéger au parlement désigné par le gouvernement. Ils ont au contraire choisi de mettre en place un autre parlement malgré la répression et la peur qui empêche plus de soutien de la population, et malgré les risques de délégalisation de nouveaux partis politiques.
Aujourd’hui, les discussions semblent continuer sans transparence avec les chancelleries et seule la diplomatie américaine semble aujourd’hui plus critique. Fin avril, Djibouti a passé à Genève, l’Examen périodique universel (EPU) sur les droits humains[15] qui a mis en exergue, tortures, répressions, et absence de liberté de la presse.
Après la période de crise électorale, une lutte de plus longue haleine s’engage qui dépendra beaucoup de la capacité de l’opposition à garder une certaine ‘unité’. Il est difficile de dire si l’opposition djiboutienne entre en 2013 dans un processus similaire à ce qu’ont connu des démocrates togolais quelques années plus tôt. Bien qu’elle jouisse du soutien de la population, elle semble manquer de moyens et d’expérience. Malgré les ambigüités des derniers mois, une étape importante a peut-être été franchie pour sortir du cercle vicieux de la contestation, de la répression et de la peur. La dictature djiboutienne étant construite sur le modèle de la dictature tunisienne, sans soupape et sans compromis, des améliorations pourraient apparaître mais le chemin vers la démocratie et l’alternance sera encore long et sinueux.
Régis Marzin, 8 mai 2013, article pour Tribune d’Afrique du 12 mai 2013

09/05/2013 Une résidence privée secrète d’Ismaël Omar Guelleh dévoilée à Paris

09/05/2013 Une résidence privée secrète d’Ismaël Omar Guelleh dévoilée à Paris
Une résidence privée secrète d’Ismaël Omar Guelleh dévoilée à ParisIsmaël Omar Guelleh est propriétaire à Paris d’une résidence privée dans le seizième arrondissement, au 91, Avenue Henri Martin, 75116 Paris, RER C Avenue Henri Martin, ci-dessous la photo.

Un bien immobilier découvert aujourd’hui dont l’existence sera désormais versée à l’enquête sur les biens mal acquis en France par les dictateurs de la Françafrique.

Traqué à Londres à la conférence économique, traqué à Paris dans sa résidence privée, attendu par une manifestation d’ampleur demain vendredi 10 mai à Djibouti, il reste au dictateur Ismaël Omar Guelleh de se terrer dans le sein d’un entourage qui ne le lui sera plus d’aucun secours.

Puisque l’adresse de la résidence de Paris a été divulguée par des adjoints qui préfèrent quitter le navire avant la fin des haricots.

Découvrez ci-dessous le luxe indécent de la résidence secondaire payée avec la sueur de Djiboutiens réduits à la misère et cumulés aux impôts des Français.

Il y aura désormais en France, à côté de l’affaire Borrel, une affaire des biens mal acquis.

USN France, le 9 mai 2013

Les djiboutiens d’Ottawa manifestent

acsaomanif27avr2013pic1_smallComme prévu, ce samedi 27 avril 2013, les djiboutiens d’Ottawa se sont rassemblés devant la flamme du centenaire de la colline du parlement du Canada. Ils se sont réunis manifester leur soutient aux dizaines de leaders politiques et aux centaines de simples citoyens emprisonnés depuis le hold-up électoral du 22 février 2013.

Ont participé à la manif (qui s’est déroulée dans l’ordre et la discipline, des jeunes, des moins jeunes, des hommes, des femmes, des enfants… Ils étaient là pour dénoncer le régime stalinien de Ismaël Omar Guelleh (IOG) et, pour rappeler leurs responsabilités aux leaders du monde libre car la situation.

À Djiboutii.net, une fois n’est pas coutume,  nous joignons à ces frères et soeurs. Nous disons non aux arrestations arbitraires, nous disons non au vol de la voix des urnes. Le combat de l’opposition (pluriel) au régime vieux de 36 ans qui saigne à blanc Djibouti, notre pays, est juste. IOG doit emprunter la même route que Moubarak, Ben Ali, etc.

Nous avons créé un album photo de cet événement que nous vous invitons à partager avec nous.