NEGOCIATEURS OU NEGOCIANTS?

cassim a dini1ère partie:
le naufrageur (de l’ARD) peut-il être le sauveteur (du pays)?

admol toome kabella ansarradal ma taysa (Sandale mal tannée ne s’améliore pas en glissant)

Quand une négociation s’engage, il y a tout d’abord le choix des négociateurs, puis ce qui peut être négocié. Ici, le régime délègue qui il veut et l’autre partie n’a aucun droit de regard. De plus, le régime est même en mesure de choisir les interlocuteurs qu’il veut: c’est déjà fait avec l’emprisonnement de ceux qu’il craint vraiment et l’acceptation que leur libération ne soit pas une condition préalable au dialogue. Tout est dans ce rapport de force. Donc, l’UMP va uniquement discuter avec ceux qu’elle estime remplir les conditions de «sa» légalité, même pas les dix députés auxquels elle reconnait une place au soleil. Comme ce n’est pas avec eux qu’il y a contentieux, les négociations auront lieu avec les trois partis légalisés au nom desquels le dépôt de candidature de la liste USN a eu lieu : ARD, PDD et UDJ. Selon son humeur, le chef de l’Etat, en définitive chef suprême de tous les partis politiques, peut accepter ou pas la présence du CDU. Dans toutes les configurations, c’est l’ARD qui jouera la locomotive : voyons donc ce que cette machine a dans le ventre. «La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas»: cette aphorisme de Paul Valéry vaut aussi pour la politique djiboutienne. Afin de mieux saisir ce qui peut sérieusement être attendu de ce dialogue, il serait peut-être temps d’évoquer quelques petits secrets qu’UMP et USN connaissent ensemble et cachent ensemble.

Au début de la campagne électorale, le président du MoDel avait avancé une proposition, évidente mais révolutionnaire : un brassage ethnique des délégués de l’opposition dans chaque bureau de vote ; chaque formation étant invitée à présenter son quota. A l’heure des derniers préparatifs, il s’est trouvé que l’ARD n’avait aucun délégué à présenter dans la circonscription électorale de Djibouti-ville. C’est ainsi que, par exemple, pratiquement aucun cadre ou militant ARD n’était présent dans les bureaux de vote d’Arhiba: «l’USN ne vous fait pas confiance», aurait-on même dit à certains. En fait, l’ARD ne pouvait proposer de délégué pour une raison simple : la Direction n’a consulté personne avant de s’engager dans ces élections et a même refusé de se présenter à quatre réunions spécialement organisées pour lui demander des explications. Imaginez alors l’humiliation ressentie par ses militants empêchés de participer au contrôle des bureaux de vote de leur propre quartier!

Par contre, l’ARD avait le monopole du choix des délégués pour les districts d’Obock et de Tadjourah mais, là encore, catastrophe. Ainsi, le jour J, aucun délégué dans les bureaux de vote de la ville d’Obock n’avait le document officiel l’autorisant à surveiller le déroulement du scrutin : ils furent tout simplement refoulés ! UMP et USN cachent bien ce premier secret : il ne peut y avoir aucun contentieux électoral sérieux à Obock puisque l’USN s’y est sabotée elle-même ; les délégués de l’opposition n’ayant aucun document officiel attestant de leur qualité. Et ne parlons même pas des bureaux de vote à l’intérieur des districts : aucun délégué n’y fut même envoyé ; et ce n’était pas un problème de logistique puisque de l’argent, il y en avait. Incompétence de représentants de l’ARD au sein de l’USN (président et vice-président)? Comme pour le régime, il ne serait pas étonnant que l’incompétence ne soit nullement sanctionnée, mais il s’agit véritablement de sabotage et de trahison. Ainsi, pour Tadjourah, il a pratiquement fallu une dispute sanglante pour que le vice-président de l’ARD accepte de remettre (au dernier moment) les documents officiels aux délégués de l’opposition dans ce district où le désastre n’a pu être évité que grâce à l’action décisive de M. Youssouf Ambassa et de son équipe. Donc, comme si les habitants de ces districts n’étaient que des citoyens de seconde catégorie, il n’a pas été jugé utile au sein de l’USN de dénoncer cette trahison et de remettre en cause la crédibilité de ses Afars de service.

Après le hold-up prévisible et la répression sauvage contre les premières manifestations, l’USN a tenu une réunion stratégique au cours de laquelle constat a été établi que la communauté afare et spécialement Arhiba, ne participaient pas au soulèvement. Les leaders afars (toutes formations confondues) de l’USN ont donc été invités à se rendre à Arhiba début mars pour mobiliser cette communauté, même pas pour comprendre les raisons de ses réticences. Le catéchisme révolutionnaire censé ramener l’éternelle victime dans le droit chemin fut prononcé dans une annexe de l’ARD pleine à craquer : « Vous les Afars, hier vous êtes restés à l’écart de l’Indépendance ; aujourd’hui vous êtes à l’écart de la Démocratie. Ne ratez pas l’Histoire par votre ignorance! Rejoignez la contestation avec l’USN ». Calmement, les orateurs désignés par les militants venus de toutes les annexes du pays leur répondirent ceci :

  1. «Les Afars ne sont pas restés à l’écart de l’Indépendance, mais ils n’ont pas pu en profiter (à cause de l’antisomalisme de l’UNI d’Ahmed Youssouf et du MPL d’Abbatté et d’Adan Batan)  ;
  2. Nous, militants de l’ARD, n’avons pas été consultés à propos de ces élections: candidats suppléants ont été choisis sur des bases claniques ou familiales ; c’est aujourd’hui seulement que l’USN daigne réellement prendre contact avec nous et nous témoigner du respect, que nous avons vainement attendu de nos dirigeants ;
  3. Nous, militants de l’ARD, estimons donc ne pas avoir de dirigeants dignes de ce nom et demandons la tenue d’urgence d’un Congrès pour choisir une nouvelle Direction. Le président de l’ARD que voici et son vice-président que voilà sont des irresponsables qui ont divisé le Parti par leurs mensonges et leur zizanie ». Il est vrai que les charges étaient particulièrement lourdes contre le vice-président de l’ARD, auquel est même reproché, preuves à l’appui, un juteux trafic de cartes de militant, vendues 10.000 Fd pièce à des candidats à l’exil, étrangers au parti!

Donc, deuxième secret jalousement gardé par l’UMP (puisque de toute évidence l’ARD est un parti infiltré au plus haut niveau) et l’USN : les dirigeants de l’ARD au sein de l’USN sont illégitimes et illégaux dans leur propre parti ; ils ne représentent qu’eux-mêmes, incapables de mobiliser à cause de leurs malversations.

De tout ce qui précède, deux constats s’imposent :

  1. Les responsables de l’ARD, qui vont négocier avec le régime, ont trahi leurs propres militants, affaibli le parti en divisant ses membres sur des bases claniques (prochaine grande maladie qui risque d’emporter ce parti immunodéficient) ou de proximité amicale ;
  2. Des négociateurs qui représentent si peu au sein de leur communauté, dotés de si peu de ressources politiques, ne peuvent être véritablement pris au sérieux par le régime. Lequel, trop heureux de trouver en face de lui des adeptes des coquilles vides, semble se dire « il faut sauver le soldat dankali … » ;

D’où la seule question qui vaille: celui qui a été le naufrageur de son propre parti peut-il être le sauveur de toute la Nation à travers des négociations avec ce régime? Autrement dit, ceux qui ont détruit l’ARD et sa crédibilité pour quelques sièges de députés peuvent-ils négocier sur les grands principes de moralité et les idéaux républicains qui ont donné ce souffle à l’USN?

A chacun de juger! Deuxième partie : les négociateurs côté régime, qui oscillent entre l’autisme et le hooliganisme.

Cassim A. Dini

Courrier des lecteurs.

CourrierÀ Djibouti, les jours se suivent et se ressemblent depuis les dernières élections. Le régime continue sa répression, une partie de l’opposition réunie sous la bannière USN (Union pour le Salut National) se fait du capital politique sur le dos des oulémas comme Béchir, God et Maidal, des leaders politiques comme Daher Ahmed Farah et des simples citoyens emprisonnés ou harcelés.

En tout cas, c’est la substance du courrier des lecteurs suivant que nous publions in-extenso. À souligner que l’auteur du courrier Hamdi Y. Warsama a une opinion très tranchée qui n’est pas forcément celle de la rédaction de Djiboutii.net. À lire avec les précautions d’usage.

Rien ne sera plus comme avant.

Il y a quelques jours un ami me demandait: «Toi qui étais toujours un opposant, pourquoi on ne te voit jamais aux manifestations? Pourquoi ne rejoins –tu pas l’USN? »
Je lui ai répondu par la fameuse citation somalienne: «Un ânon semble  plus beau que ses parents à sa naissance, mais deux après ce n’est qu’un âne.» A-t-il compris? Je n’en sais rien mais j’ai décidé de livrer le fond de ma pensée. L’USN est une coalition réunissant le Model, le PND, le MRD, l’ARD, Boreh et l’UDJ en gros.

Le Model

Rejoindre le MODEL m’aurait tenté même si je n’adhère pas aux idées des frères musulmans.  Avec eux, beaucoup de problèmes auraient été résolus et en premier lieu la peste tribale. Mais le simple fait qu’ils se sont mis avec l’USN m’a fait reculer. Faut s’associer au Diable pour arriver à ses fins? Je laisse les philosophes y répondre, pour ma part je vais vous livrer leurs colistiers.

Le PND

A tout seigneur, tout honneur, je vais commencer par Aden Robleh Awaleh (ARA) qui depuis 49 ans ne fait que trahir et pourtant il a toujours des clients. On ne le met pas en quarantaine. Ça ne fait c’est notre fils qui s’est trompé encore une fois. Quand  hier, Janaaleh (qu’Allah l’accueille dans son paradis) lui avait tiré dessus pour le tuer, s’il avait réussi il y aurait un crabe de moins et je n’ai pas parlé de son côté haineux et incitateur à la discorde.

BOREH

Ensuite vient Boreh. Vous êtes-vous demandé qui est Boreh? N’est-il pas l’associé du grand Parrain de la Cosa Nostra djiboutienne? N’est-il pas celui qui nous a détroussés. Celui qui, non content de dévaliser le pays, a ajouté l’insulte à l’injure en nous traitant des fainéants qui ne veulent pas travailler, nous privant ainsi des miettes. Oui, il est le frère, l’ami intime, l’égal  d’IOG.

Un proverbe somali dit : « Labada Adamaha u heshisey, dar Allah u colobaan.» (Ceux qui se liguent contre les pauvres gens finissent par s’entretuer.) Quand ils se sont disputés sur le partage et qu’IOG a eu le dessus, il se trouve une âme patriotique et veut chasser IOG pour venir au secours des pauvres djiboutiens. Y croyez-vous?

Où est-ce simplement pour prendre la place d’IOG et mieux nous extorquer ?
Mais ce qui m’étonne ne sont ni ARA, ni Boreh, mais c’est ceux qui les soutiennent, ceux qui les suivent. Est-ce simplement parce que c’est un membre de la tribu? Wow!

L’ARD

L’ARD de Ahmed Youssouf est un parti qui ne veut pas prendre le pouvoir mais être éternel second avec le principe d’un partage Issa-Afar. Le fameux 50/50 sur tout, de la femme de ménage au ministre. Je serai d’accord qu’il ait une certaine parité, une accommodation raisonnable entre Afar, Arabe et Somali, mais que ceci s’arrête au recrutement et que le meilleur soit placé pour le bien-être du pays.   L’ARD ne me dit RIEN n’étant ni Afar, ni Issa.

Le MRD. (ex PRD)

C’est le parti auquel j’ai adhéré il y a 20ans parce qu’il symbolisait le changement et l’avenir auquel j’aspirais. Malheureusement, le parti de feu Mohamed Djama Elabé (Que Le Tout Puissant l’accueille dans son paradis) a été dénaturé par son clan, les Fourlabas, en faisant de ce parti ouvert comme il l’a voulu, un parti fermé.

Hier, quand je militais au sein du PRD, je savais qu’Elabé était un Fourlaba, mais il s’était élevé au-dessus du lot en devenant DJIBOUTIEN. Quand son Seigneur l’a rappelé, normalement son vice-président devait lui succéder, mais manque de pot il est Afar. Ainsi depuis 20 ans, Haissama et Souleiman restent éternels  vice-présidents, acceptant maintenant pour la énième fois comme chef le jeune DAF (même si c’est quelqu’un que je respecte beaucoup) simplement parce qu’il est fourlaba.

L’UDJ

Enfin j’ai gardé le meilleur pour la fin, c’est-à-dire Ismaël Guedi Hared, mais pour vous parler ce grand homme, permettez-moi de remonter le temps. En 1976, Adolf H. Gouled qui a toujours été un anti-indépendantiste a reçu de la France l’ordre de changer son parti, la Ligue Populaire Africaine (LPA) en LPAI (pour l’indépendance). La France l’a choisi au détriment des autres indépendantistes pur et dur  parce qu’il était celui qui exécuterait le mieux leur dessein. Faire de Djibouti une république associée à la France.

Malgré son lourd passé et avide d’être indépendant, les Djiboutiens le proclamèrent Père de la Nation.

Au lendemain de l’indépendance, Adolf H. Gouled rejette ce titre Noble et choisit d’être le Père d’une tribu. Il décidât de proclamer la supériorité de la tribu Issa. Pour mener à bien son dessein, il choisit nul autre que Heinrich Himmler alias Ismaël Guedi Hared président de l’UDJ et président de l’assemblée. Farouche partisan de la solution finale pour nettoyer Djibouti des parasites,  (comprendre tout ce qui n’est pas Issa) Himmler disait: «Pas de génocide, le monde peut nous voir, simplement leur interdire l’accès au travail, d’eux-mêmes ils partiront.» Ainsi l’accès au travail devint difficile aux autres et ceux qui y étaient subissaient humiliation sur humiliation.

Un cas concret, Saïd Ahmed Awaleh (frère ainé de l’actuel ministre de l’Agriculture)  fut le premier inspecteur des douanes en 1975, sous l’occupation, et après l’indépendance devint sous-directeur. Les directeurs se succédèrent jusqu’au jour où le dernier ayant pris sa retraite, la rumeur courait que le futur directeur allait finir ses études en juin. Et effectivement, un jeune de l’âge de son fils, fraichement sorti d’une université française fut engagé. Mr Saïd, qui était par intérim, lui enseignât le b-a du métier pendant 6 mois et le jeune fut nommé Directeur.  Suivre cet homme pour qu’il finisse le travail commencé, non merci.

L’UMP

Tout le monde connait IOG et l’UMP, je vais juste ajouter mon point de vue. IOG et l’UMP, pour moi c’est un clan, le clan des SICILIENS,  avec le parrain à leur tête à qui ils doivent allégeance et soumission. Ils n’ont qu’un seul intérêt, celui de se remplir les poches et en premier lieu celles du parrain (IOG) et le jour où tout éclatera, ils ont assez d’argent pour pouvoir vivre hors du pays. Mais contrairement à Himmler, c’est un parti ouvert. Je ne pourrai jamais être Issa, par contre, on peut devenir Mafioso même si personnellement, j’aurai trop de scrupules, d’autres ont pu. Ainsi aujourd’hui, on voit des non Issas, faire la pluie et le beau temps dépendamment de leur place dans la hiérarchie mafieuse, un temps ensoleillé, partiellement nuageux ou orageux.

La SOLUTION

Je comprends que beaucoup d’Issas aimerait retrouver ce temps faste pour eux, mais ô  combien difficile pour nous autres. Il faut savoir qu’il ne peut y avoir une justice ou une démocratie inter Issa.

Ils doivent choisir entre la dictature d’IOG ou la Démocratie et la Justice pour tous.
S’ils choisissent de retrouver la suprématie des Issas, il faut garder la dictature et aussi admettre que les Mamasans soient la crème des Issas. S’ils optent pour la dernière, j’aimerais leur dire que, PLUS RIEN NE SERA COMME AVANT, car qui dit multipartisme dit accès aux urnes et nous saurons choisir celui qui remplira nos conditions. Justice, Démocratie.

Ou pourquoi pas un Président ni ISSA ni AFAR, mais simplement DJIBOUTIEN.

Hamdi Y. Warsama

Djibouti24: Outil falsificateur ou jouet fantomatique de la dictature?

CourrierDjibouti24 se présente comme la victime d’un vaste complot .Pour mieux démontrer à son auditoire qu’il est victime d’un ostracisme, il s’en est ensuite pris aux sympathisants de l’USN. Pour conclure, il avance que sa liberté d’expression est en danger en raison d’un certain nombre de pressions de la part de l’oppostion djiboutienne.Là encore, sa prise de parole ne semble pas vraiment correspondre aux faits. Je lance un défi aux administrateurs de Djibouti24 de prouver le contraire.

De quelle démocratie parlez-vous? De celle qui refuse le débat d’idées, dont on sait qui sont les vrais responsables? Pourquoi avez-vous supprimé le post (Me Aref: Caniche de la dictature ou bouffon écervelé?)? Vous allez probablement être capable de m’expliquer, vous qui êtes intelligent, comment voulez-vous avoir un discours cohérent, quand censurer « un article » est passible du déni de liberté d’expression au regard des facebookois?

Bienvenue dans le monde de Djibouti24: où le mensonge est la norme, où le dogme est le crétinisme.Eh oui ! Votre seule stratégie est de vivre dans l’instant, et d’ériger le mensonge social comme idéologie dominante devant imprégner tous les niveaux du corps social, pour fétichiser des valeurs dépourvues de contenu comme la « transparence », l’«éthique», le «contrôle citoyen» ou la «vérité».

Pire, vous êtes l’as-sa-sin de la liberté, de la démocratie et de la conscience.De quoi vous avisez-vous, de dire que tous les préposés opposants (sans faire la moindre exception) sont des sangsues du peuple, des fripons, qui semblent n’avoir en dépôt la puissance du dictateur que pour la rendre détestable? Quoi! L’écrivain Abdourahman A Waberi, Mohamed Kadamy, Mahdi Ibrahim Ahmed God , Kassim Ahmed Dini , Ali Coubba et Daher Ahmed Farah pour ne citer qu’eux sont des coquins suivant vous?

Belle vision!Djibouti24, soyez le favori du dictateur ; servez-le, j´y consens, quoique votre talent et vos posts pussent être plus dignement employés; mais ne soyez son apologiste ni de bouche, ni d´esprit, ni de cœur. Comment lui faire comprendre l’obstination, le refus de compréhension des lyncheurs d’hier, aujourd’hui sous le coup des lapidations des autres, d’assumer les principes dont Djibouti24 se targue être le dépositaire?

Pourquoi semble t-il si difficile aux uns de comprendre qu’au nom de la chère liberté, le peuple djiboutien a le droit aussi de défendre ses valeurs lorsqu’elles sont bafouées par le dictateur? Pardon son guide providentiel devrais-je dire !

Descartes disait «le bon sens est la chose du monde la mieux partagée». Et au nom de ses valeurs, IOG n’a-t- il pas violenté son peuple sous prétexte qu’il veut faire partager son «bon sens» ? Népotisme, déprédations multiples, exterminations, génocide, sont-ce pas là des exemples des conséquences de cette défense des valeurs de liberté si chères à Djibouti24?

Quelle hypocrisie ! Djibouti24, ce faisant le chantre de la dictature, vient encore de donner une preuve de son manque de maturité qu’il cache sous des grands principes de liberté d’expression et autres concepts pompeux pour sa bonne conscience, mais qu’il est incapable d’assumer. Oui ! cette incapacité à respecter sur son propre sol, les valeurs qu’il prétend incarner et qu’il va imposer de force à d’autres.

Si la liberté d’expression n’est pas donc un vain mot dans cette société dont l’hypocrisie et les contradictions sont les caractéristiques essentielles, pourquoi toute cette bronca orchestrée par Djibouti24 sur Daher Ahmed Farah. Le versatile –Djibouti24 – comme tous les adeptes du flou, de la mauvaise foi et du mensonge nous en donne une explication fort intéressante et révélatrice; ce n’est pas pareil, ce que DAF a fait est odieux, abominable bref inqualifiable, d’ailleurs nul comparable à ce qui se passe.

On croirait entendre Jacob Neusner lorsqu’il affirmait « L’holocauste mal unique n’a pas seulement pour conséquence de donner aux juifs un statut à part, il leur donne un droit sur les autres”. Je n’en pouvais plus de supporter l’attitude de Djibouti24 et ses acolytes à l’égard de leurs contradicteurs : dénigrement systématique, évaluations injustes, calomnies, amalgames et j’en passe.Ces « accusations » étant susceptibles de paraître complètement ridicules aux communs des mortels et aux facebookois, Djibouti24 ne reculant devant rien n’hésite pas à avancer un argument assez savoureux pour expliquer l’acharnement par cette secte dangereuse de la destruction de l’Etat despotique djiboutien.

Quelle arrogance! Moquerie, sermon sur l’art d’être fort, froideur agressive, condescendance autant d’armes qu’ils peuvent utiliser et qui ne manqueront pas d’atteindre leur victime. La moquerie dans ce cas n’est qu’une tactique employée pour dévaloriser l’adversaire, le ridiculiser aux yeux des facebookois de bonne foi et qui seraient tentés par l’aventure.La contestation externe peut exister. La contestation externe peut être éliminée préventivement (par exemple le manipulateur – Djibouti24 – peut dresser une liste des personnes qu’il ne faut pas que le commun des intervenants fréquente).

La meilleure façon , pour Djibouti24, d’imposer une idée, c’est de la répéter sans l’expliquer (cf le trucage des photos d’ Amin arts / les émeutes post electorales du Kenya), si possible avec le sens de la formule, de façon à ce qu’elle devienne un stéréotype.Les ragots rapportés sans contrôle sont retranscrits scrupuleusement par Djibouti24 avec comme objectif évident de dédramatiser la situation.La propagande de Djibouti24 , est une de ses armes de guerre les plus efficaces (ça se fait là-bas et en plus, on est payé pour ça !). C’est triste d’être monnayable ; la dignité est beaucoup plus chère qu’une bouchée de pain, mais dans la façon de voir, se projette la façon d’être.Et l’on pense, à ce sujet, aux vers fameux d’Aragon : « Les yeux bleus de la Révolution (nazie, dans ce cas) brillent d’une cruauté nécessaire. »

Djibouti24 s’empêtre jour après jour dans ses mensonges , il a le culot de nier la nature génocidaire de son régime.Mercenaire des idées, il n’a cessé, contre vents et marées, de défendre un régime enfoncé dans la boue jusqu’au cou. Maître dans l’art de transformer en fiction des réalités ou le contraire, dont l’empire n’a de limites que celles de l’imaginaire, ne comptez pas sur lui pour vous révéler  » les secrets  » du régime despotique.

Mohamed Qayaad

Me Aref: Caniche de la dictature ou bouffon écervelé?

CourrierCet  article nous a été envoyé par un lecteur du nom de Mohamed Qayaad. Son contenu n’engage aucunement la redaction de  Djiboutii.net.

L’ambition fait accepter à certains hommes ( ou qui pensent l’être ) les attitudes les plus lâches et les gestes les plus vils, c’est ainsi qu’ils espèrent gravir les marches de la vie de la même manière que l’on rampe, sans dignité aucune. La chambre de Me Aref frappe par son dépouillement. C’est là qu’il dort ou se repose.

A présent, il s’ennuie. Sa défense me paraît fade, insupportable somme toute. Un Aref démodé, décadent, qui n’étonne plus, poseur mondain, un apprenti sorcier ampoulé. Peut-être. Le style? Trop limpide pour faire date, bon pour les manuels scolaires. Il s’affiche avec force comme différent, par son comportement, sa manie. Il fut fréquemment ridiculisé, montré du doigt par son ex- bourreau IOG. Il est pour lui-même son principal centre d’intérêt et il ne s’aime pas. Lui qui dit ne pas s’aimer ne fuit jamais l’objectif, dans toutes les tenues, avec ou le regard au loin, badin ou sévère. Qu’est-ce qui le (Me Aref) fait le plus peur? Les chiffres ou la réalité d’actes jusqu’alors cachés car trop honteux à dévoiler ou à reconnaître? Depuis que le silence s’est levé sur l’horreur de ces agressions sur le porte parole de l’USN Daher Ahmed Farah “DAF”, le nombre de cas révélés par les écrits de la presse internationale ne cesse d’augmenter. Il a bien du mal à faire taire ce qui risque d’entacher son honorabilité et sa crédibilité. Avez-vous réfléchi au pourquoi un agresseur choisissait telle victime plutôt que telle autre? Avez-vous remarqué que souvent ces mercenaires (Elmi Jees, Abdillahi Abdi , Hassan Said et leur commanditaire IOG. ) rejouaient avec leur victime la même scène qu’eux-mêmes, enfants, ils avaient subie? Est-il acceptable de penser qu’un agresseur puisse attendre de sa victime le « NON » qu’il n’a jamais pu dire, dans le même contexte de violence? En tout cas, ce ne sera jamais à l’aide de chiffres et de statistiques que la problématique d ‘Aref se résoudra. C’est vraiment scandaleux. Me Aref est à blâmer pour sa négligence et son irresponsabilité est la cause principale de la recherche du mensonge.De même, on note une plus grande « agressivité » chez lui que chez ses détracteurs: et pour cause, il a besoin d’en montrer bien plus qu’eux, pour oser être un intellectuel terroriste – outre le fait qu’à comportement agressif égal, si l’on peut dire, un homme passe pour un furieux là où une femme est vue comme dynamique et entreprenante. Il y avait là de quoi choquer plus d’un bien-pensant.

Au contraire, il fut honoré, respecté, décoré, comme protégé par son pseudonyme magique.Au-delà des frasques mercantiles de Me Aref, la question est donc d’interroger, dans son combat d’arrière-garde, la part de l’authentique et de l’inexorable. Un vieux pitre délabré absent de lui-même et qu’on roule à son tour dans la farine comme il en a fourni lui-même la recette. Tous (les djiboutiens (nes)) ont leur part dans la farce macabre de ces derniers jours. On spécule sur ses nombreux revirements testamentaires.

D’après ses interventions sur la RTD, Me Aref n’est déjà qu’un fantoche bien avant de devenir malade, produit mécaniquement des autopastiches lucratifs, mais ne crée plus, n’invente plus, ne fait que se maintenir à peu près à la hauteur clownesque où il s’est hissé publiquement. Aussi bien qu’il répète sur RTD, avec cette diction caricaturale devenue un poncif pour ses imitateurs: « Je suis fou d’IOG !  » Pourquoi pas? Il a écrit de nombreux et fumeux ébats devant des auditoires épatés d’avance, venus voir le maniaque narcissique grisonnant faire son numéro sur le bizarre à la portée de tous, prestations pour lesquelles il prend soin de chausser des chaussures trop petites qui le meurtrissent (« Dans mon cas personnel, la souffrance physique [comme le mal de dents] accroît et fortifie la manie oratoire »). Et alors? A qui la faute, à Aref ou à l’époque? Une grande opération alchimique s’est réalisée, certes, mais dans quel sens? Car il y eut un temps de prodiges pour lui, sans quoi on n’en parlerait même plus. Je veux me prouver que je ne suis pas le Me Aref mort, mais le vivant. Comme dans le mythe de Castor et Pollux: en tuant mon ex-bourreau, j’ai gagné pour moi l’immortalité », écrit-il. Sa phobie de la vérité devient préoccupante, un motif de raillerie pour ses condisciples. C’est la période où il élabore sa théorie « paranoïaque-critique », qu’il définit comme une « méthode spontanée de connaissance irrationnelle, basée sur l’association interprétation-critique des phénomènes délirants ». Son combat d’arrière-garde découle de cette méthode, exprimant son architecture de fantasmes et de phobies sur le mode d’un rébus d’images librement associées, avec un soin du détail, une application dans le trompe-l’œil, qui rassurent les collectionneurs les moins aventureux. On peut détester Me Aref. Mais qu’on le veuille ou non, on ne peut plus imaginer le visage et les couleurs de Djibouti sans lui. Il abandonne la réalité pour la fiction, pour glisser vers le style de vie artificiel, il était prévisible que les esthétiques fusionnent. Au détriment de qui? De l’art, qui devient « la simple scène du spectacle ».

Faute de pouvoir être, le paraître fait bien l’affaire! Aref symbole et martyr d’une expérience étrange, unique, poursuivie avec une opiniâtreté folle ou géniale. D’une extravagance inspirant un mepris mêlé d’effroi. On connaît les abîmes qui succèdent à de tels envols : quand sa réplique paraît dans l’indifférence générale, il en fait une maladie nerveuse qu’on prend pour une rougeole. De cet éblouissement, il ne se relèvera pas, cherchant jusqu’à sa mort à la retrouver, en vain. Aref ne cessera plus de convaincre, sans jamais rencontrer le succès. La tentation du suicide le presse, à la mesure de la déception de sa vie virtuelle. Décidé à quitter la scène politique djiboutienne, il part pour une destination inconnue. Depuis des jours, il se drogue aux barbituriques, dont il avale des quantités excessives, dans l’espoir de retrouver, sa gloire perdue. Les djiboutiens feignent de ne pas s’en étonner. Ils sont habitués aux frasques d’Aref, en ont déjà vu d’autres. Sans doute lui sont-ils aussi reconnaissants d’aérer de ses caprices spectaculaires le conformisme de leurs propres vies. De quoi frapper les imaginations et laisser de longs souvenirs. Aref se trouve, dans le même état de perdition humaine, peut-être à peine plus désespéré, et ne trouve pour satisfaire son besoin de reconnaissance que le recours à la folie meurtrière. Une autre façon de faire parler de soi et de se retrouver à la une de la presse internationale. ll me paraît évident qu’il s’est volontairement précipité dans cette mascarade confondant l’estime de soi avec l’estimation de soi. Il y a donc méprise. Il ne s’agit plus de l’être humain et de sa dignité, mais d’une mise aux enchères de personnes en tant qu’objets exposés avant la vente. Ce chaos, personne ou presque jusqu’ici ne voulait le nommer, de peur peut-être, d’être accusé d’obsolescence. À présent, on peut le dire: « Le roi est nu ! ». (Et il faut une grande malhonnêteté intellectuelle pour prétendre le contraire). Liberté, que de crimes nous commettons en ton nom !Je pourrais poursuivre la litanie, elle est accablante.

Mais cela suffit. Doit-on, par tant, s’étonner si Aref, en particulier, comme les Djiboutiens en général, ont le sentiment que Mohamed Qayaad est fort mal placé pour arbitrer entre les deux parties? Qu’est-ce que c’est que ce pouvoir mortifère qui se complaît dans les assassinats des djiboutiens(nes) et, qui justifie l’inacceptable jour après jour avec une outrecuidance criminelle et qui a l’infâme arrogance de nous traiter de je sais quoi quand on ose timidement protester contre cette conduite indigne? Qu’est-ce que c’est que ce Aref hypocrite qui manie avec tant de virtuosité le bouclier de l’anti-Moi quand on veut juste lui rappeler que depuis quelques jours, il reproduit à dose homéopathique l’horrible injustice dont il a souffert? Je suis farouchement anti-Aref. Je ne suis en rien anti-Moi. Selon les dires de Me Aref, DAF sera assassiné par ses clients ripoux. Ainsi, de deux choses l’une : ou bien Aref veut diaboliser DAF, ou bien, d’une façon plus sinistre encore, Aref a-t-il eu une sorte de lapsus freudien, trahissant par là le fait qu’il est parfaitement au courant des circonstances de la mort probable de Daher Ahmed Farah. Chose inacceptable et condamnable!

Ces propos sont scandaleux! Car il est impensable aujourd’hui qu’un juriste puisse lancer un appel au meurtre.Question fondamentale, non pas pour pleurer sur nous-mêmes, mais pour trouver le moyen de sortir de ce monde absurde que nous avons engendré. Peut-être devrions-nous nous réjouir de voir Me Aref, somme toute relativement inoffensif, offrir une échappatoire ludique au sentiment d’insignifiance éprouvé par la jeunesse moderne. Car n’est-ce pas l’indécence suprême, à l’heure où se jouent tant de drames humains à travers la planète. Car tout ceci est ridiculement marginal, terriblement dérisoire, et sans la moindre importance humaine ou culturelle. Cette célébrité de pacotille où l’insignifiance intellectuelle le dispute à l’égotisme le plus débridé ne changera pas la face du monde, et ne laissera fort heureusement aucune trace dans l’histoire.

Mohamed Qayaad

Djibouti, les années de la guerre civile, Gadaboursis et Issas

Dr Ali Coubba nous livre un compte rendu fascinant de cette tragédie.

Dès 1949, les revendications ethniques et tribales

Le Conseil Représentatif destiné, d’après la métropole, à favoriser l’émancipation, l’africanisation des cadres et le développement économique du territoire, allait ouvrir la « boîte de Pandore » à Djibouti. Au lieu de faire dessiller les yeux, les nouvelles institutions politiques ont livré le pays à des pratiques politiques dangereuses. 60 ANS PLUS TARD, nous souffrons encore de ce mal.

Une lecture faussée de notre histoire

Si l’on en croit la presse française et les écrits hérités de l’époque coloniale, à l’origine de la première guerre civile survenue à Djibouti, il y a les Issas. Mécontents de la primauté prise par les Gadaboursis, en matière électorale, économique et démographique à Djibouti, ils auraient provoqué les heurts du 23 août 1949 à Djibouti-ville. Autrement dit, les Somalis se seraient massacrés pour des querelles absurdes.

Or la vérité est quelque peu différente.

En 1949, les Djiboutiens n’ont pas encore conscience de ce que signifie la « colonisation ». Ils ne se sont pas appropriés le territoire comme étant leur pays, ni le chef-lieu comme étant leur ville. « Djibouti-ville » est une ville française pour les autochtones (Afars et les Somali-Issa de la CFS). Cela est encore plus vrai pour les populations issues de la diaspora (Arabes, Issaq, Gadaboursi et Issa étrangers). Les deux communautés nationales, plus éveillées, sont alors des Arabes et des Somali-Gadaboursi. Leur statut de population immigrée n’est pas facile. Ils sont conscients d’être aussi « étrangers » aux yeux de la France qu’aux yeux des « autochtones »

Comment peut-on expliquer le clash de 1949 entre Issa et Gadaboursi ?

Pourquoi la guerre civile de 1949 ? Est-ce parce que les Issas n’avaient obtenu, pendant les premières élections du Conseil Représentatif, en mars 1946, qu’un siège sur trois, au sein du collège somali qui en comprenait 3 ?

Est-ce parce que, en décembre 1946, Djama Ali Zeyla’i, un Djiboutien d’origine gadaboursi, a été nommé représentant de la CFS au Conseil de la République ? Est-ce parce qu’en novembre 1947, Saïd Ali Coubèche avait été élu représentant du territoire à l’Assemblée de l’Union française à la place de Mohamed Doulé ? Est-ce la réélection de celui-ci en Conseil de la république en 1948, qui met le feu aux poudres ? Non.

La guerre civile issa-gadaboursi a été favorisée par les jeux politiques instaurés par l’administration française. Les autochtones étaient priés de ne pas se laisser en imposer par les Somalis allogènes. Un tel discours avait un poids psychologique très important auprès des Issas, lesquels estimaient que les autres Somalis profitaient de leurs faiblesses et retards économiques.

De plus il rencontrait un écho favorable dans les milieux autochtones les plus nationalistes. Le « Club de la jeunesse somalie et dankalie » était encouragé lorsque celui-ci stigmatisait les Somalis allogènes. Dans d’autres occasions, l’unité affichée par les Afars et Issas n’était pas de bon augure pour l’administration locale. Tôt ou tard, il fallait détruire ce club. Cela fut fait dès 1950.

La guerre civile de 1949 fut un prétexte pour la France de briser l’influence de la diaspora somalienne et arabe à Djibouti. Et on d’assurer la promotion des l’ « ethnie » issa. Il suffit d’en voir les conséquences : les victimes furent les Arabes et le Gadabouris. Les Issaq furent épargnés. Pour des raisons historiques, les Gadaboursis suscitaient auprès des Issas, plus d’animosité. Mais tout laisse à croire que les différends traditionnels n’ont pas pesé aussi lourd que les dissensions modernes alimentées par la France coloniale. Toujours est-il qu’il y a eu « une centaine de morts et trois cents blessés » d’après Ph. Oberlé. Ce fut tragique pour un pays de 60.000 habitants.

Les conséquences de cette guerre civile

Le grand gagnant de cette guerre civile fut la France et non la communauté issa. Bien sûr, à court terme, celle-ci a eu l’impression d’être sortie victorieuse de l’affrontement contre les Gadaboursis. Ainsi obtint-elle 4 représentants au Conseil représentatif.

La majorité revint aux Somalis ; majorité qu’ils perdront quelques années plus tard au profit des Afars ! La guerre civile, quant à elle, allait déchirée profondément la communauté somalie. Les morts étaient tous des Djiboutiens d’origine somalie.

Depuis 1949, la suspicion a creusé un immense fossé entre Issa et Gadaboursi.

Même l’indépendance de la République de Djibouti n’a pas pansé les plaies du côté des Gadaboursis. Et pour cause. Les présidents djiboutiens (Hassan gouled et IOG, d’origine issa) ont pris un malin plaisir à tourmenter cette communauté pacifique et travailleuse. Comme ils le font avec la communauté arabe.

Avec le recul, la lecture de cette période de notre histoire est claire pour nous. En affaiblissant les Gadaboursis et les Arabes en 1949, l’administration territoriale s’est attaquée à la fraction la plus évoluée de la société djiboutienne. Un coup très dur a été donné à notre pays.

 

Uguta (Toosa) – Mars 2006

 

Aux origines de la république de Djibouti

Qui est Djiboutien en 1946 ?

Il est intéressant d’observer les résultats de la première élection survenue à Djibouti en mars 1946. Au final, les dix membres de la section indigène comprenaient 4 Afars, 3 Arabes et 3 somalis. Il n’y a que six qui sont élus, les 4 autres étant tout simplement nommés. Dans son livre Ph. Oberlé introduit, intentionnellement, un clivage entre « Somalis allogènes » et « Issa ». Or, en 1945, les autochtones sont répartis en trois collèges : afar, arabe et somali. Pour la première fois de notre histoire, au nom du peuple djiboutien, il y a des hommes qui représentent théoriquement notre pays et nos intérêts. La nouveauté réside dans le fait qu’ils représentent tout le pays et toutes les communautés. Ils se nomment MM. Djama Ali « Zeyla’i », Mohamed Doualé, Saïd Ali Coubèche, Mohamed Kamil, etc. Ils ne comprennent peu de chose à la politique. Et ils vont se querellent sur des questions partisanes.

Les Djiboutiens de 1947 ?

Les Djiboutiens qui comptent en 1947 sont principalement des Européens. Les indigènes urbanisés ont droit de cité quand ils participent à l’activité économique de la CFS. La majorité écrasante d’autochtones (Afars et Somalis de Djibouti) forment des laissés-pour-compte. Ceux qui parlent français ou qui sont commis de l’Etat, les anciens combattants et les notables ont le droit de voter. La population d’Ali-Sabieh, de Dikhil, de Tadjoura, ne participe pas aux élections. Plus que jamais Djibouti-ville joue la vedette.

La métropole ne veut pas brusquer l’évolution du territoire en donnant trop de liberté et de droits aux autochtones. Mais les mentalités évoluent vite. Et si la population urbanisée s’avère ingrate, que fera-t-on ? Eh bien ! On fera appel aux agglomérations de l’intérieur et aux autochtones. En même temps, le gouverneur et l’administration locale se livrent à leurs jeux favoris. Ils encouragent les revendications qui sont susceptibles de compartimenter la société. Ils appuyent les doléances des tribus ou des clans. Plus les Djiboutiens manifestent leurs divisions, plus la marge des manœuvres de la métropole s’élargit.

La vieille recette fait encore les beaux jours de la dictature djiboutienne. Si aux alentours de 1946, le clivage était ethnique, il deviendra tribal à partir de 1949. Etre djiboutien à Djibouti, aujourd’hui, dépend de la bonne volonté d’Ismail Omar Guelleh. Les fondements et les symboles de l’Etat national vacillent sous nos yeux.

Ugua (Toosa) –Mars 2006

Aux origines de la république de Djibouti

 Dr Ali Coubba nous livre ici une brève histoire de Djibouti depuis les origines. L’historien raconte d’une manière objective et claire notre passé.

La CFS (1945– 1957)

La vie politique moderne débute à Djibouti en 1945, lorsque la CFS est dotée du Conseil représentatif. A partir de cette date, les Djiboutiens vont voter. Ils ont des représentants élus – des autochtones – qui administrent le territoire. Dans la pratique, le gouverneur conserve encore le pouvoir absolu. Quelles que soient les institutions dites « modernes » : une colonie reste une colonie.

Les représentants djiboutiens

En 1945, à la sortie de la Seconde guerre mondiale, deux vérités s’imposent. Premièrement, la France a perdu son rang sur le plan international. Elle compte si peu auprès des Etats-Unis et de l’URSS ! Deuxièmement, les Africains sont conscients de cette situation d’autant qu’ils ont – à l’image du Bataillon Somali – participé à la libération de la France.

Maintenant que les Français ont regagné leur liberté, il était légitime qu’on attendît d’eux qu’ils fassent tout pour assurer l’émancipation des colonies qui s’étaient battues si vaillamment à leurs côtés. Mais, les dirigeants français, à commencer par de Gaulle, n’entendaient pas de cette oreille. La décolonisation sonnait la fin de l’influence de la France, son affaiblissement certain sur l’échiquier international. C’est dans un tel climat que le Conseil Représentatif (CR) est voté à Djibouti, le 9 novembre 1945. Il se veut une sorte de compensation, un cadeau offert aux colonisés. Cela calmerait leurs impatiences pendant quelques temps. Puis, une « Loi d’autonomie », à peine plus progressiste que la première fera l’affaire.

Le Conseil Représentatif (1945-1957)

Le CR ne propose pas ni le progrès du statut du territoire ni celui des colonisés. Djibouti reste en 1945 une colonie à part entière. Le nouveau texte, il est vrai, semblait plus évolué que celui qui avait présidé à la destinée de notre pays avant 1945. Puisque avant, la CFS ne possédait pas d’institution politique. Avec le CR, le gouverneur continuait, sur la base d’un texte-ci, à faire la pluie et le beau temps dans le territoire. Dans ces conditions, parler de « l’apprentissage de la démocratie » au sujet du CR, comme le fait Philippe Oberlé, paraît trop exagéré.

Elu pour un mandat de 4 ans, le CR prévoit 12 élus (Délégués). Ces derniers ne jouissent pas d’immunité parlementaire. Le Conseil élu est divisé en deux sections différentes : une qui réunit les Européens et une autre les indigènes (Djiboutiens). En vertu du pacte colonial, la séparation était absolue entre colons et colonisés. Le corps électoral est constitué des Européens et une infime fraction de Djiboutiens qui participe à l’activité économique de la colonie.

Uguta (Toosa) – Mars 2006

 

Faut arrêter les exactions à Djibouti.

GuellehCe samedi, les djiboutiens d’Ottawa se rassembleront devant la flamme du centenaire devant le parlement du Canada puis, devant l’ambassade des États-Unis d’Amérique de la rue Sussex pour soutenir les dizaines de leaders politiques et les centaines de simples citoyens emprisonnés depuis le hold-up électoral du 22 février 2013.  Les djiboutiens se rassembleront pour dénoncer le régime stalinien de Ismaël Omar Guelleh (IOG) et, pour rappeler leurs responsabilités aux leaders du monde libre car la situation qui prévaut à Djibouti ne doit laisser personne indifférent.

En effet, depuis le hold-up des dernières élections législatives, les manifestations populaires sont quasi-quotidiennes et le régime d’IOG, comme à l’accoutumée, règle le problème par la violence et la terreur.

Plusieurs exécutions extra judiciaires et des tirs à balles réelles sur des manifestants sans armes ont été signalées plusieurs fois et filmées. Les arrestations et les enlèvements touchant les leaders politiques et les tortures physiques ne se comptent plus. Tout cela a été dénoncé par les djiboutiens et par plusieurs média et organismes indépendants. Mais le régime en place depuis l’indépendance de 1977, lui, n’en fait qu’à sa tête.

J’écris ce court message parce que je ne serais pas de la manif. Je suis en déplacement dans la région de la ville de Québec.

Par ce court message je manifeste ma solidarité pleine et entière à toutes les victimes de l’arbitraire et toutes les personnes injustement détenues dans la sordide prison surpeuplée de Gabode. J’exprime ma solidarité à mon ami Daher Ahmed Farah. J’exprime ma solidarité à Abdourahman Barkat God, à Abourahman Bachir.

Par ce court message, j’exprime ma solidarité à tous les autres dignes djiboutiennes et djiboutiens qui croupissent sans procès dans les commissariats de police, les brigades de gendarmerie ou le sinistre «Centre de Transit» de Nagad pour avoir simplement exprimé leur opinion.

Par ce court message, je dénonce l’arrestation de Faissal Mohamed Hadi et l’intimidation de la famille du grand syndicaliste Farah Abdillahi Miguil (qui était à l’étranger au moment de la «descente»).

Quel homme saint d’esprit va terroriser une mère et ses enfants? C’est clair, IOG n’est plus saint d’esprit. Il vient de démontrer cela pour la énième fois. Quand le pays est endeuillé par de graves (et prévisibles et gérables) inondations et enterre ses morts, il vient de quitter le pays pour l’étranger pour vaquer à ses affaires personnelles, comme si de rien n’était. Est-il saint d’esprit?

Une chose est sûre. Contre lui, les djiboutiens sont déterminés à sauver leur pays du naufrage et le montrent chaque jour qui passe, au pays et à l’extérieur. Ils ont besoin du soutien de la communauté internationale pour éviter la somalisation de la situation.

Hassan A. Aden
hassan.aden@ncf.ca

Djibouti24: irrévérencieux ou insultant?

CourrierL’article suivant nous a été envoyé par lecteur du nom de Mohamed Bouh le 16 février 2013, suite à la diffusion, dans le réseau social Facebook, d’une série d’articles diffamatoires, attaquant la personne de M. Daher Ahmed Farah. À notre grand regret, l’article a été filtré à tord par notre système de messagerie électronique. Maintenant que nous l’avons retrouvé avant de purger le système, nous le publions in extenso. Que son auteur et tous nos lecteurs nous pardonnent.
Comme tous les courriers du lecteur, les propos de cet article n’engage que la responsabilité de son auteur. Bonne lecture.
La rédaction.

Djibouti24:
irrévérencieux ou insultant?

En lisant « DAF et ses déboires dans l’armée » paru dans Djibouti24 du 11/02/2013, je suis frappé par les jugements impitoyables portés sur le respectable opposant et écrivain Daher Ahmed Farah, qui subit des attaques implacables de la part de ce poltron plumitif digne de mépris et d’opprobre.

Curieux, l’écrit de Djibouti24! C’est en parcourant l’article que j’ai compris enfin la faillite de l’Education nationale car lorsque je lis pareil galimatias réunissant à la fois impéritie, mauvaise foi et mensonges éhontés j’ai du mal à croire que son auteur est journaliste! Mais bon avançons!

Aucun scrupule dans le choix des mots, aucune honnêteté dans l’articulation de ces propos, aucune retenue dans l’énonciation d’un argumentaire aussi lourd de sens. Etes-vous seulement conscient de la portée de vos propos? Qu’elle est effrayante et dangereuse, cette façon de verser dans l’excès et de passionner le débat avec  l’intention, au fond, de l’éviter!

Somme-nous alors dans l’impunité constructive, dans le danger absolu ou faudrait-il accomplir des gestes forts?

En effet, DAF se retrouve ici accusé de tous « les maux », sans que ce soient dits quels sont ces procédés et ces termes, ni où ils figurent dans sa propre argumentation. Chacun pourra constater que son argumentation se place sur un tout autre terrain que celui du mien. Mais peut-être les djiboutiens étaient-ils tous, ignorants de DAF que vous – Djibouti 24- avez su, vous l’infatigable enquêteur, révéler? On l’aura compris, aucun de ces termes n’est le fruit du hasard, mais le résultat d’un choix bien compris, il s’agit d’avoir recours à une rhétorique alarmiste pour occulter les failles d’une argumentation.

Aucune déclaration affirmative ne peut-être lue, nulle preuve ne vient appuyer ses thèses défendues, l’emploi du passé composé est omniprésent, sans jamais faire la preuve de la responsabilité de DAF.

Djibouti24 est l’exemple excellent de l’ignorance, du faux savoir et, pour aller au plus vite, de la stratégie imbécile. Est ce la volonté de tout savoir qui pousse toujours à vouloir expliquer tout.

Quant à votre pseudo analyse, comme à l’accoutumé, elle ne dénote que votre ignorance. Les raccourcis, les jugements à l’emporte pièce ne vous effraient pas. Votre morale dégoulinante et méprisante est dégueulasse.

Est ce un moyen de délivrer notre anxiété par des mots, ou le plaisir de se considérer «né à nouveau» à des mystères qui demeurent étrangers au commun des mortels ? Bien difficile de répondre et comment conseiller à tant de bavards inféconds de relire Les Propos aux somnambules d’Alain (1914) où il lance le fameux «savoir ignorer, voilà une belle devise!»

C’est l’imbécillité créative, celle qui n’a pas eu l’occasion d’être débusquée.

Tout est expliqué, tout est justifié et surtout ce qui, en apparence, semblerait le plus propre à détruire l’édifice. «Le propre du crétin est de ne jamais se laisser désarçonner, il se montre toujours prêt à bâtir une opinion sur ce qu’il ignore, à trancher souverainement de ce qui lui échappe…» (A. Glucksman, La Bêtise).

Nous sommes en plein dogmatisme de la stupidité, au cœur du  fondamentalisme du crétinisme.

Je constate comme preuve Djibouti24 ne cite que des rapports rédigés par des pseudo instructeurs, qui répandent le mensonge, des  allégations qui n’ont jamais été prouvées, des réflexions  subjectives, la manipulation pour propager la peur, la suspicion et l’exclusion des citoyens trop anti-ioguistes, toujours trop opposants. Donc, la terreur, dont l’origine reste floue, incertaine, la peur qu’elle provoque, sert à manipuler l’opinion. N’assiste-t-on pas aujourd’hui aux mêmes procédés?

Sa désinformation consiste à déformer suffisamment un fait pour lui faire signifier autre chose.

Le djiboutien remarquera l’absence totale de preuves, le dévoilement d’un raisonnement faible ou mal étayé, des références parfois incomplètes, ou résumées de façon tendancieuse, émaillant des propos déjà complexes?

Voudrait-il par hasard qu’un maximum de djiboutiens soient la proie de cette dictature et deviennent « faciles à duper ou à manipuler »? Peine perdue!

Ainsi pour Djibouti24, dire ou parler de la réalité djiboutienne signifie appauvrir, trahir, travestir la réalité. Dès lors, il est un peu facile d’adopter à son égard une posture purement critique qui méconnait les contraintes du langage et permet de se draper dans une sorte de supériorité intellectuelle à bon marché vis-à-vis de ses insultes, ses calomnies. à l’égard de l’opposant mentionné ci-dessus car Djibouti24 ne fait que colporter des rapports fictifs selon ses dires Question? Depuis quand des rapports fictifs s’avèrent-ils pour des faits?

N’ayant aucune preuve sous la main, difficile de porter crédit à une affirmation comme celle-ci. Dans la pitrerie et le grotesque, Djibouti24 vous avez eu la palme d’or!

Chaque fois qu’il s’agit d’identifier un opposant majeur qui fait preuve de courage, cela démontre le mépris de Djibouti24 à l’égard de celui-ci, d’étranges troubles de perception apparaissent chez le plumitif: la vue faiblit, l’audition s’étiole, le verbe dépérit et le sujet s’absorbe dans un état de stupidité manifeste.

Il est utile de vous rappeler, Djibouti24, que les exigences de compétence, de probité et de vérification ne sont pas nécessairement l’apanage de vos écrits. Il est tout à fait juste de dire que vos griffonnés abolissent les intermédiaires.

Pire, les faits – ou plutôt les propagandes umpistes que Djibouti24 nous (djiboutien/ne) apporte – sont virtuels mais ils se donnent pour une réalité biaisée.

Faut-il prendre la réthorique officielle au pied de la lettre? En pratique, elle manque de clarté et de logique. À titre d’exemple: aurait-on empêché un “fou” ou un “maniaque” d’être le porte parole de l’USN, la réponse est non… car IOG aurait tout à gagner s’il était vraiment un tatillon.

Qui surtout, s’est intéressé au sort de la famille de DAF, ses biens spoliés? aucune estimation avancée. Aucun mot n’a été prononcé pour rendre le moindre hommage, exprimer le moindre regret, ô combien symbolique! à sa famille, ses proches déçus dans tous leurs espoirs, plus que jamais écrasés, dominés, d’une impudente simplicité, du sabre et du goupillon.

Il ne s’agit pas de faire de l’angélisme, de nier ses défauts, mais de noter pourquoi un tel harcèlement contre un « scrupuleux »? Est-il dangereux pour le peuple djiboutien? J’en doute fort .La vérité est ailleurs. Enfin, que nous apprennent-elles, les grandes histoires religieuses et littéraires? Une vérité est la même vérité.

Les calomnies ont fait tant et si bien leur chemin dans l’esprit de certains Djiboutiens qu’il me paraît improbable de rétablir la vérité et de persuader que son attitude n’est pas celle d’un minutieux, encore moins celle d’un fou. Si DAF le parvenait «ce serait merveille».

Cet homme ô combien courageux! fait voir trop la vérité, démasque trop souvent les actes de ministres larbins et trop facilement.

Il est un fardeau assez lourd et assez haïssable, dont le président parrain cherche à se débarrasser. Par quels moyens? La réponse est évidemment connue d’avance et constitue la preuve manifeste que «l’affaire DAF» n’est qu’une vaste machination politique ourdie de toutes pièces.

Jamais IOG ne s’autodétruirait parce que l’un de ses sbires aurait transgressé les résolutions de son « veau d’or » – les injustices, le clientélisme, la corruption généralisée et le népotisme du clan militaro-technocratiques.

DAF poursuivi en justice par un de ses pantins n’est qu’un paravent grossier, les objectifs poursuivis ont été tout autres (maître Aref est bien placé pour le savoir): empêcher d’informer les djiboutiens(nes), entretenir le masque d’opacité sur la gestion de la chose publique etc., c’est la véritable vocation d’assourdir, d’abrutir.Le peuple djiboutien n’a-t-il pas le droit d’être informé? (je parle bien de l’information utile). De qui se moque-t-on?

L’information est exigence de sobriété et de dépouillement, le souci de vérité et d’objectivité dans les discours ont pour conséquence la liberté, dans le refus de toute censure.

DAF n’est pas dupe, il sait trop à quel point ceux qu’il a si bien sondés désirent le réduire au silence et que les pseudo-procès ne sont que prétextes pour mieux le faire condamner d’une simple  interdiction assortie de menaces pires de la manière la plus radicale qui soit: la mort.

Ce n’est pas une nécessité vitale qui le (Djibouti24) pousse, mais il est possible l’appât du gain ou plutôt le besoin de reconnaissance. La gloire: être reconnu par le plus grand nombre, aujourd’hui la réussite se mesure à la capacité de faire parler de soi. Quoi que l’on en dise, il me semble que c’est une infinie détresse qui pousse Djibouti24 dans l’œil de la société spectacle, dans le fol espoir d’enfin exister. Faute de pouvoir être, le paraître fait bien l’affaire!

Les totalitarismes ont pu bâtir des cohésions fortes autour d’idéologies et de sentiments nationaux; les intégrismes ont obtenu le même résultat sur la base de l’intolérance religieuse et du sentiment intransigeant de posséder la vérité. Eh bien, Djibouti24 fait la même chose avec un peu de zèle, un peu de gens crédules, et pas mal de stupidité. Il est frappant de constater de quelle manière son mensonge sert de support au régime liberticide djiboutien: tout d’abord, en abolissant le passé de telle sorte qu’occulté, déformé, travesti, il n’éveille pas la conscience des individus et ne permette ni nostalgie, ni révolte. Le contrôle du présent doit venir compléter la maîtrise du passé dans la logique des régimes totalitaires. Ainsi, Djibouti24, au service du système, n’hésite pas à tromper ses semblables afin de garantir la stabilité politique et sociale nécessaire à une domination totale.

Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire, constitue la règle d’or en la matière. Mais n’est-ce pas aussi la devise de ces magots complices? Nier, toujours nier; la réalité est que le pays ne remplit même plus le service minimum dans sa lutte contre les malfrats.

Le régime dictatorial djiboutien se sert donc bien du torchon Djibouti24 comme un outil falsificateur, afin de démasquer les citoyens insoumis et séditieux: à ce titre, il devient un organe fantomatique et négatif, simple jouet du gouvernement.

Notre négationniste (oh pardon Djibouti24) est simpliste dans ses analyses, pitoyable dans ses jugements, immature dans ses raisonnements, maladroit dans ses styles, digne d’un véritable ivrogne en état d’ivresse belliqueuse et superficiel dans sa quête de la vérité sur ce qu’a connu Djibouti.

Il essaie non seulement d’édulcorer l’arrière réalité djiboutienne, mais aussi, se livre à une stupide comédie de mauvais goût! Comment peut-il continuer à occulter la délicate question, relative à la véracité de la réalité qu’il livre au lectorat? Comment peut-il prétendre moraliser, la génération montante, à travers internet, s’il semble manifestement dépourvu, d’une part, d’une minimale exemplarité, de toute évidence sans fondement aucun, même si vous l’attribuer à ce «Nous» usurpateur, et d’autre part, d’éthique la plus élémentaire est en fait le vôtre et est inacceptable par la conscience humaine.

Ces discours, ces menaces assénés sur l’opposition, dont les mercenaires des idées réduisent plus ou moins subrepticement les capacités critiques et la lucidité, rencontrent sinon l’assentiment, du moins, sous forme de mutisme, le consentement des djiboutiens tétanisés. Mais «Je» suis sourd à ce silence, lequel devient le meilleur complice de l’expansion des affaires qui sature Djibouti au détriment des vies: la priorité de leurs bilans tient lieu de loi universelle, de dogme, de postulat sacré, et c’est cette logique des justes, l’impassible bienveillante des belles âmes et des grands vertueux, le sérieux des théoriciens, qu’est provoqué le dénuement d’un nombre toujours croissant d’êtres djiboutiens et que sont perpétrés la soustraction des droits, la spoliation des vies, le massacre de santé, l’exposition des corps à la sécheresse, à la faim, aux heures vides, à la vie horrifiée.

Faut-il « mériter » de vivre pour en avoir le droit, sourd la crainte insidieuse, l’effroi diffus, mais justifié, de voir des êtres djiboutiens en grand nombre, ou même de voir le plus grand nombre tenus pour superflus. Non pas subalternes ni même réprouvés: superflus. Et par là nocifs.

Quel crédit accorder aux dires de Djibouti24-le-menteur?

Comment se défendre contre les pieux menteurs, les fabulateurs, les mystificateurs, les mythomanes, ceux qui mentent parce qu’ils ont menti, ceux que Jean-Michel Rabaté appelle les «menteurs en série»?

O combien prétentieux serait celui qui affirmerait qu’il ne ment jamais ou, du moins, qu’il n’a jamais menti.

N’est-il pas préoccupant de constater que rares sont les djiboutiens qui dénoncent cette dérive flagrante, digne des régimes paléo-staliniens ou d’Augusto Pinocchio, pardon: pinochet ?!

Amicalement Mohamed

«Tonton m’a dit»

CourrierDe toute évidence, il y a deux apsects que la plupart des médias ne couvrent pas: la guerre de l’information que se livrent trois des formations composant l’USN d’un côté et, la quasi-invisibilité médiatique de certaines composantes de la communauté nationale de l’autre. Ce qui fait réagir certains à propos de l’issue du scrutin du 22 février. Il semble que beaucup de choses se jouent derrière les rideaux. Voici donc les commentaires qu’a bien voulu nous transmettre un ecteur (une lectrice?). A vous de juger… La Rédaction.

 L’article intitulé «TONTON M’A DIT» a été rétiré à la demande de la personne qui nous l’avais envoyé.