Tribune: comment éviter un nouveau chaos à Djibouti

Comme à l’approche de chaque scrutin, de sérieuses menaces de déstabilisation planent sur Djibouti. Les militants des droits de l’homme Florent Geel et Dimitri Verdonck tirent la sonnette d’alarme avant les législatives de février 2013.

Dans un silence assourdissant, Djibouti vit une oppression qui vient de faire une nouvelle victime, Hafez Mohamed Hassan, un collégien de 14 ans, mort sous les balles des services de sécurité du régime d’Ismail Omar Guelleh, alors qu’il manifestait avec d’autres adolescents pour dénoncer le manque d’infrastructures sportives dans sa région d’Obock.

C’est ce qui se passe à Djibouti quand des élections approchent: des balles et du sang pour tous ceux qui réclament que les élections législatives du 22 février 2013 soient enfin libres, transparentes et équitables.

Ils meurent sous la torture, dans les geôles du régime ou sous les coups et les viols des soldats. Depuis plus de dix ans, les opposants politiques, les syndicalistes, les défenseurs des droits humains et les simples citoyens subissent une répression brutale de la part des forces de police et des services de renseignement djiboutiens, qui s’intensifie à l’approche de chaque élection.

Lors de la présidentielle d’avril 2011, le bilan de cette répression a été le plus lourd de toute l’histoire du pays: plusieurs dizaines de jeunes manifestants tués, des centaines d’autres arrêtés et détenus durant des mois.

L’ancien commissaire européen au Développement et à la Coopération, Louis Michel, sur place au moment des faits avait même déclaré, à l’époque, que «ce qui s’est passé récemment à Djibouti n’est évidemment pas tolérable. L’UE doit exprimer sa désapprobation avec force».

Une présence européenne renforcée

Pourtant, l’Union européenne est le premier bailleur de fonds à destination de la République de Djibouti où elle a décidé de renforcer sa présence; la France, le Japon et les Etats-Unis y disposent chacun d’une importante base militaire dans le cadre notamment de la lutte qu’ils mènent de concert contre le terrorisme et la piraterie et versent pour cela des sommes allant jusqu’à 30 millions de dollars par an.

Il n’est plus possible d’accepter qu’un tel régime continue de tuer, de torturer, d’arrêter, de bâillonner la presse, d’empêcher la liberté syndicale et de réprimer les manifestations pacifiques sans réagir et en poursuivant la «coopération» au nom de la stabilité, de lutte contre le terrorisme et profitant de l’indifférence de l’opinion.

Nous ne sommes pas indifférents au sort des Djiboutiens et de Djibouti. D’ailleurs, face à une situation sociale désastreuse et l’intensification du harcèlement, les partis politiques d’opposition ont décidé, pour la première fois depuis dix ans, de participer aux élections législatives de février 2013 plutôt que de les boycotter.

Daher Ahmed Farah, opposant de longue date et président du principal parti d’opposition, le Mouvement pour le Renouveau démocratique et le Développement (MRD), a d’ailleurs décidé de clore sa décennie d’exil en Belgique pour rentrer à Djibouti et de mobiliser les électeurs.

Pari courageux, quand on sait qu’aucune des dix revendications adressées par l’opposition au président Ismail Omar Guelleh, dans la perspective de la tenue de ces élections, n’a été acceptée et qu’aucune avancée n’a été enregistrée en matière de respect des droits civils et politiques, depuis plus d’une décennie au moins.

Par principe et sous peine de voir progressivement la situation dégénérer dans une région déjà particulièrement instable, la communauté internationale ne peut pas laisser se dérouler une énième élection tronquée à Djibouti et laisser se poursuivre les exécutions extra-judiciaires, le recours systématique à la torture dans les prisons, les arrestations et les détentions arbitraires, l’absence de liberté de la presse et une justice entièrement dépendante du pouvoir exécutif.

Une opposition mieux structurée

Aidons les Djiboutiens à prendre la parole et veillons à faire arrêter les violations des droits de l’Homme.

En plus des deux experts techniques dépêchés sur place par l’UE, soutenons l’envoi sur place d’une mission civile et indépendante d’observation électorale.

Rappelons enfin aux autorités djiboutiennes que le renforcement de notre présence exige un renforcement de nos exigences à l’égard de Djibouti sur le plan du respect des droits de l’Homme.

Cette exigence qui plaide actuellement en défaveur de la candidature de l’ambassadeur djiboutien Rachad Farah à la présidence de l’Unesco. Cette même exigence qui fait que l’on ne tue pas un collégien de 14 ans, que l’on ne viole pas sa mère, que l’on ne torture pas son père, que l’on n’exécute pas son frère et qu’on laisse voter librement sa sœur. Pourquoi cette exigence serait-elle trop élevée pour Djibouti

Florent Geel, responsable Afrique de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et Dimitri Verdonckprésident de l’Association Cultures & Progrès (ACP).

Slateafrique.com

Erythrée: les mutins quittent le ministère de l’Information, calme à Asmara

Les militaires érythréens mutinés qui occupaient depuis lundi le ministère de l’Information à Asmara ont libéré le personnel qu’ils y retenaient et évacué le site, où aucun des blindés déployés la veille n’y était plus visible mardi, selon un diplomate européen dans la capitale érythréenne.

« Il n’y a aucune présence militaire visible dans la ville, les tanks sont partis », a indiqué par téléphone à l’AFP ce diplomate, premier témoin direct interrogé par l’AFP sur la situation dans la capitale.

« Le ministère de l’Information a retrouvé son activité normale » et le personnel qui était retenu a pu rentrer chez lui, a-t-il ajouté. « L’activité est normale dans la ville, les bâtiments publics sont ouverts, les banques sont ouvertes », a-t-il précisé.

La localisation des mutins depuis qu’ils ont quitté le ministère restait inconnue mardi.

Un tel mouvement, apparemment planifié, de la part de militaires est inédit en Erythrée, pays ultra-militarisé, sans opposition, où le régime du président Issaias Afeworki écrase systématiquement tout début de contestation et où l’armée détient les réels leviers du pouvoir.

Très peu de détails supplémentaires étaient disponibles. La presse indépendante est interdite, les journalistes étrangers persona non grata en Erythrée et les autorités sont restées muettes sur les événements depuis lundi. « Il n’y a aucune information officielle », a expliqué le diplomate européen à l’AFP, précisant n’avoir « pas d’analyse définitive » sur ce qui s’est réellement passé.

L’ambassadeur d’Erythrée auprès de l’Union africaine à Addis Abeba, Girma Asmerom, interrogé par l’AFP, a refusé de s’exprimer sur la situation à Asmara: « Je ne veux pas donner la moindre crédibilité à des informations absurdes et de caniveau », a-t-il déclaré.

« Tout est calme, comme cela l’était en fait hier », a simplement affirmé dans un tweet à l’AFP Yemane Gebremeskel, le directeur de cabinet du président Issaias, chef de l’Etat érythréen depuis l’indépendance du pays, acquise en 1993 après 30 ans de sanglante rébellion contre le pouvoir d’Addis Abeba.

Peu d’informations étaient aussi disponibles sur l’identité des mutins. « Nous n’avons même pas une hypothèse », a reconnu le diplomate européen à Asmara.

Awate.com, site internet érythréen d’opposition en exil, basé aux Etats-Unis mais qui dispose de relais en Erythrée, a identifié le chef des mutins comme étant le colonel Saleh Osman, l’un des chefs des forces érythréennes stationnées dans la région d’Assab, port de la Mer Rouge situé à la pointe sud-est du pays.

« La confrontation a été +résolue+ quand le gouvernement a +accepté ses demandes+ », affirme le site.

Le colonel Osman, vétéran de la guerre d’indépendance, est un officier réputé incorruptible et doté d’un fort caractère. Il est considéré comme un héros de la guerre frontalière contre l’Ethiopie (1998-2000) pour avoir sauvé Assab d’une offensive éthiopienne en 2000, en refusant l’ordre de l’évacuer avec ses hommes.

La télévision d’Etat Eri-TV, dont les studios sont situés à l’intérieur du ministère et dont le signal hertzien était coupé depuis lundi matin en Erythrée, a recommencé à émettre en direct lundi soir, a également rapporté Awate. Selon des sources concordantes, un groupe d’au moins une centaine de soldats avaient pris position lundi matin à l’intérieur du ministère de l’Information, vaste complexe de bâtiments situé sur une colline au coeur d’Asmara, surplombant la capitale érythréenne, notamment le palais présidentiel.

De ce complexe émettent la totalité des médias publics, les seuls autorisés en Erythrée.

Le diplomate interrogé n’a pu chiffrer le nombre de mutins. Lundi, il avait compté « au moins cinq tanks » de l’armée érythréenne, « trois à l’extérieur et deux à l’intérieur du ministère » sans pouvoir dire avec certitude qui des mutins ou des soldats loyalistes étaient aux commandes.

Dans un bref communiqué, lu sur les ondes publiques et apparemment interrompu par la coupure du signal, les mutins avaient réclamé la « libération des prisonniers politiques » et la mise en place de la Constitution, adoptée en 1997 et prévoyant le multipartisme et des élections, mais suspendue depuis le conflit avec l’Ethiopie.

 

AFP

Ce que les Afars doivent comprendre.

La république de Djibouti est d’une superficie de 23 000 km2. Les premiers colons accostèrent à Obock, ville Afar. Ils signèrent un traité avec les sultans Afars. Les Afars sont les premiers hommes de Djibouti.Et pourquoi sont-ils marginalisés actuellement? Parce que le pays appartient à 90 pour 100 à eux. La majorité écrasante est Afars. De Djibouti ville en passant par la ville de Dikhil jusqu’à Moulouhlé est un territoire Afar. C’est la seule ethnie qui a une frontière avec l’Ethiopie et l’Erythrée. Elle peut jouer un rôle majeur et stabilisateur dans la région. Les Issas sont une minorité dominante grâce à la complicité de la puissance coloniale.

C’est ce que a bien démontré Franz Fanon en disant : toute une tribu se mue en un état, conseillée de près par les colons.Cette minorité domine la vie politique et économique du pays. Les afars ont été bernés aussi par Hassan Gouled en leur disant que les Gadaboursis étaient le principal ennemi à abattre. Comble de l’ironie. Les Issas disent nous et les Afars. Alors que les Issas est une tribu somalie, et les Afars une ethnie comparable aux Somalis. Ils ridiculisent la communauté Afars. Ceux-ci ont eu des sultanats disparus actuellement. Ces sont des gens civilisés et très conviviaux. Qu’attendent les Afars pour avoir les rênes du pays?

Il faut que les Afars sachent que les Issas sont une minorité , à l’instar des Alaouites de Bachar Assad qui domine une majorité écrasante sunnite. Le président revient de droit dans une démocratie à la majorité. Donc, à Djibouti, c’est un Afar qui devrat être. C’est pourquoi les Issas craignent la démocratie, principalement ce pouvoir en place. Les Afars doivent s’allier avec les autres citoyens djiboutiens, les Gadaboursis, pour mettre fin à cette politique criminelle.

Si les Afars s’allient avec les Gadaboursis, ils auront une majorité absolue, et cette minorité criminelle qui vient de l’Ethiopie et qui pille le pays serra hors d’état de nuire aux intérêts de la nation. Que les Afars se réveillent et s’allient avec leurs frères Gadaboursis injustement discriminés par cette minorité Issas dévorante et sans scrupule. Les Afars verront bien que l’avenir du pays est entre leurs mains.

Courrier des lecteurs

CourrierPremière partie:
Une brève histoire de Djibouti.
Haji Dideh et Bourhan bey.

En 1865, les Français s’installèrent à Zeilah. Ils rentrèrent en contact avec les chefs de la ville. La ville de Zeila  h était alors dominé par les Gadaboursis. Le 25 mai, le consul de France Henri signa un traité avec  l’Ougass de Gadaboursis, Ougass Nour ougass Robleh. Celui-ci était le principal chef de la ville et toutes les villes qui se trouvaient alentour. Zeilah, la capitale du royaume d’Adal attirait l’appétit des puissances étrangères. Les Egyptiens  avaient eu une vive altercation avec l’Ougass de Gadaboursis et certains chefs de la ville. Un auteur égyptien reconta cet incident dans un livre intitulé «Les Gadaboursis et l’Egypte». Après les Français, les Anglais occupèrent Berbera et le reste du Somaliland. Comme Londres avait pris possession de toute la région, les Anglais sommèrent Paris de quitter la ville de Zeilah.  Celle-ci était le principal port qui contrôlait le commerce de l’Ethiopie. Paris négocia un traité avec les Anglais et ceux-ci cedèrent des petites îles sans importance.

Pour Paris, c’était une manœuvre pour sauver la face. Le traité officiel signé entre la France et les Gadaboursis  stipulait aussi que l’Ougass de Gadaboursis était le protecteur des Issacks (Habar awal). Quand la France commença à quitter  Zeilah, certains dignitaires de la ville se déplacèrent avec elle. Parmi eux se trouvaient Haji Dideh et Bourhan Bey. Celui-ci est le grand père d’Ali Aref. La France, ne savant quel nom donné à ce territoire nouvellement acquis, consulta monsieur Haji Dideh et Bourhan. Bourhan bey étant un Afar et Haji Dideh un Gadaboursi- somali.

Haji Dideh proposa la côte française des Somalis, et Bouhan suggéra la côte française des Somalis et Afars. Le gouverneur n’a pas pu prendre une décision vu les divergences de ces représentants. Il leur donna un délai afin qu’ils se mettent d’accord. Alors Haji Dideh consulta certains notables Gadaboursis et leur dit :

– Ecoutez  frères, je veux que vous me prépariez une belle fille pour que je la marie à Bourhan, et ensuite, on aura ce qu’on veut de lui.

Quelques temps après, ils vinrent avec  une très belle fille de clan Abrayn-Gadaboursi. Le mariage a eu lieu l’avant-veille qu’ils devraient se présenter  auprès du gouverneur pour donner un nom au territoire. Après la prière du matin, Haji Dideh envoya quelqu’un chercher Bourhan Bey, et, comme celui-ci  avait festoyé toute la nuit, il n’a pas pu se lever, mais donna sa canne pour le faire représenter devant le gouverneur. Haji Dideh prit la canne et s’en alla au gouverneur Léonce Lagarde. Celui-ci remarqua que Bourhan Bey était absent .

– Alors, monsieur Haji Dideh, où est monsieur Bourhan ? demanda le gouverneur.

– Le voici, dit Haji Dideh.

Il montra sa canne. A cette époque là, la canne d’un notable pouvait représenter la personne même. Le gouverneur accepta et demanda quel  nom avaient-ils choisi pour le territoire ?

Haji Dideh dit :

– Côte française des Somalis.

Le gouverneur nota le nom et D jibouti devint côte française des Somalis. Ces hommes qui ont bati l’histoire de Djibouti ne sont même pas enseignés dans les écoles de la république.

Un lecteur