Le simulacre de procès des trois cheikhs djiboutiens

C’est avec stupéfaction, indignation que j’ai appris la mise en détention provisoire à la sinistre prison de Gabode des cheikhs (Dr Abdurahman Barkat Good, Abdurahman Souleiman Bachir et Guirreh Meidal).

Ils ont été enlevés par les services secrets en violation totale des procédures légales, conduits à Gabode – un centre de détention qui pourrait ravir la palme de l’horreur au tristement célèbre “Jardin de Christophe” symbole des années de plomb-, interrogés des jours durant avant d’être présentés à la justice pour subir des procès d’abattage.

Quel sadisme ! Quel machiavélisme et quelle méchanceté de cœur et d’esprit pour organiser des scénarios aussi affreux ! Chose inacceptable et condamnable !

Pourquoi ont-ils été pris pour cibles à des fins de propagande par ce régime sanguinaire? Mais peut-on humainement accepter que ces personnes puissent être emprisonnées sans être ni des meurtriers, ni des voleurs, ni commanditaires de tels actes ?

De quel droit autoriserait-on pareille aventure, sous le prétexte qu’elle se déroule en République de Djibouti ? Je ne comprends pas que l’on ne s’émeuve pas de ces crimes inqualifiables et répugnants.  Aucune critique , aucun commentaire, aucune dénonciation, aucun soupçon pour réclamer par les mots la tête d’un régime despotique et tyrannique.  Ce qui est encore pire, c’est que les ineffables, les plumitifs des organes de la propagande ioguiste passent sous silence la responsabilité morale du régime génocidaire.  Qui de nous, qui de vous, qui de nos compatriotes admettrait tout bonnement qu’un citoyen puisse être emprisonné?

C’est aux proches des victimes de poursuivre en justice les commanditaires, les criminels de ces actes.  On manifeste pour d’autres causes, contre maintes autres infamies ; mais descendre dans la rue pour flétrir l’usage de la torture, de la mort, cela devient plus délicat pour les chefs d’orchestre, même quand l’abomination est le fait des affreux ioguistes. Où sont-ils nos pourfendeurs de l’extrême droite, les défenseurs des grandes causes ; les Don Quichotte des temps modernes. Aucune indignation, aucune colère de la part de ces grands vertueux pour ces « prisionniers politiques».

Car qui songerait à aller jeter des pierres chez autrui quand sa propre maison est de verre ? Qui se hasarderait même à donner de la voix, quand les prisons locales résonnent des clameurs des suppliciés ? Absorbée par les préparatifs d’un sommet de pure forme qui se soldera une fois de plus par des résolutions de routine, la Francophonie ne pipe mot. La plupart des États africains font de même ; et si d’aventure l’un d’eux rompt l’assourdissant silence, c’est pour dire, comme pour s’excuser de tant d’audace, qu’il ne peut que condamner de si inhumaines pratiques.  Où sont passés ceux qui se la jouent “défenseurs de grands idéaux” mais qui s’écrasent, et se sont toujours écrasés, devant les massacres annoncés, les massacres en cours ainsi que ceux à venir. Pardon, qui s’écrasent lorsque les victimes font partie d’une certaine catégorie. Leur silence m’abasourdit.

Comment peut-on continuer à occulter ladite réalité? Combien d’évènements macabres de ce genre notre pays n’a de cesse de connaître depuis toujours? Combien de veuves, d’orphelins, de mutilés et de déplacés manque-t-il encore au compte pour que la page sinistre soit tournée définitivement pour la République de Djibouti?

Les trois cheikhs et les sympatisants de l’USN méritent une chose , c’est que le monde entier connaisse leur situation inqualifiable.

Ainsi, personne ne le fera à notre place, nous devons investir la rue pour être entendus, pour que la cause des prisionniers politiques soit défendue, pour que cesse cette brutalité qu’est l’enfermement à vie pour des actes qui sont pacifiques, pour le bien être de la République de Djibouti.

Mohamed Qayaad

Djibouti : Des opposants tués par balles par les forces de l’ordre dans les manifestations en cours

Depuis le 25 février dans l’après-midi et tard dans la nuit, les forces de l’ordre tirent à balles réelles sur les manifestants qui contestent la régularité des élections législatives du 22 février et protestent contre les arrestations massives d’opposants qui se poursuivent. Le bilan provisoire serait déjà d’une dizaine de morts, d’une quinzaine de blessés, dont certains très graves et des centaines arrestations. La FIDH et la LDDH condamnent l’utilisation disproportionnée de la force contraire aux instruments internationaux de protection des droits humains qui lient Djibouti, appellent les parties au calme et demandent aux autorités djiboutiennes l’ouverture d’une enquête judiciaire.

 

Les manifestants et membres de l’opposition dénoncent les résultats du scrutin du 22 février à Djibouti. Photo publiée sur Twitter.

Réunis pour un meeting d’information à l’appel des partis d’opposition pourtant interdit par le ministre de l’Intérieur, de très nombreux manifestants ont exprimé leur mécontentement face aux conditions d’organisation et au déroulement des élections législatives ainsi qu’aux arrestations massives d’opposants et ce jusqu’à tard la nuit en dépit de l’instauration d’un couvre feu, lundi 25 février au soir. Les forces de l’ordre ont répondu en tirant sur les manifestants. Selon des témoins, une dizaine de manifestants auraient été tués, dont Youssouf Mahmoud Ahmed, membre du parti l’Union pour le Salut National (USN) et Kadir Mahmoud, un lycéen. D’autres ont été gravement blessés comme Abdourahman Barkat God et Abdourahman Souleimane Béchir, tous deux dirigeants du parti MoDel ou encore Khalid Mahmoud et Hussein Omar Abar, deux lycéens blessés par balle. Ce bilan demeure provisoire dans la mesure où les personnes tuées ou blessés ne sont pas amenées dans les hôpitaux où les forces de l’ordre arrêtent les personnes s’y faisant soigner.

Des centaines de personnes et de manifestants ont en effet fait l’objet d’arrestations. Ainsi, ils seraient des centaines a être retenus dans le centre de rétention administrative de Nagad dont 35 femmes, militantes du MoDel. Les policiers qui les détiennent réclament 400 000 Francs djiboutiens pour procéder à leur libération. Parmi ces femmes détenues figure notamment Mme Saada Abdi Ibrahim, épouse du militant du MoDel, Abdourahman Barkat God. Mme Saada Abdi Ibrahim est de surcroît diabétique, et demeure sans soins dans des conditions laissant craindre pour son intégrité.   Par ailleurs, au moins 3 militants du MoDel, MM. Abdourahman Barkat, Souleiman Béchir et Guirreh Medal, ont déjà été déférés devant les juridictions djiboutiennes et condamnés à 3 mois de prison pour « incitation à l’insurrection » et ont été transférés à la prison de Gabode. L’assistance de leur avocat et d’un médecin leur a été refusée. Les principaux leaders de l’opposition demeurent en résidence surveillée, détenus ou leur sort demeure encore inconnu donnant à cette répression de l’opposition un caractère total et radical.   « Une nouvelle fois, nous condamnons la réaction violente des forces de sécurité contre des manifestants. Cette réaction est symptomatique d’un pouvoir qui a toujours cherché à réduire au silence toute critique contre sa gouvernance », a déclaré Paul Nsapu, Secrétaire-Général de la FIDH. « L’attitude des forces de l’ordre est répréhensible et doit faire l’objet d’une enquête judiciaire », a t-il ajouté.   Une vidéo des manifestations dans le quartier de Balbala circule sur les réseaux sociaux. On y entend la police tirer pour disperser la foule qui réplique en lançant des pierres

 

Alors que les manifestations et la répression se poursuivent, nos organisations appellent les autorités djiboutiennes à stopper immédiatement l’usage d’armes à feu pour assurer le maintien de l’ordre ; et à l’ensemble des partis à appeler leurs partisans au calme.   La FIDH et la LDDH appellent aussi les autorités djiboutiennes à immédiatement ouvrir une enquête judiciaire pour faire la lumière sur les agissements des forces de l’ordre et sanctionner les auteurs de violations des droits humains, à libérer les opposants arrêtés et à respecter les droits de réunion, de manifestation et d’expression garantis par les conventions internationales et régionales ratifiées par Djibouti.   La FIDH et la LDDH appellent la communauté internationale, notamment l’ONU, l’Union africaine, l’Union européenne, la France et les États-Unis à fermement condamner les violations des droits de l’Homme commises par les autorités djiboutiennes et appeler à une solution politique à la crise.

Djibouti – Elections / Quai d’Orsay – Déclarations du porte-parole

Publié le jeudi 28 février 2013 15:16 Écrit par APO-OPA PARIS, France, 28 février 2013/African Press Organization (APO)/ — Quai d’Orsay – Déclarations du porte-parole

 

La France salue la tenue des élections à Djibouti. En effet, pour la première fois depuis 2003, une élection nationale s’est déroulée avec la participation effective de l’opposition.

 

Ces élections, qui marquent une étape importante dans la vie démocratique du pays, ont cependant été émaillées d’incidents regrettables. Nous sommes préoccupés par les informations faisant état d’arrestations de membres de l’opposition, de trois dignitaires religieux et par les débordements survenus lors de manifestations. A cet égard, la France renouvelle son attachement au respect du droit de manifester pacifiquement, qui doit être à la fois garanti et encadré, afin d’éviter tout dérapage.

 

Nous notons également la contestation par l’opposition des résultats provisoires et appelons en conséquence à la plus grande transparence, notamment par la publication des résultats provisoires détaillés par bureau de vote. D’ici là, nous appelons l’ensemble des acteurs à faire preuve de retenue

Emergency Message for U.S. Citizens

US flag-120Since the electoral hold-up on Friday February 22, the uprising is common in Djibouti. Despite this, the kapo regime in place since 1977 in the country, tell from rooftops that the situation is calm and the popular protests are a pure creation of the diaspora.
Too bad! The embassies of the great powers, usualy not very talkative, are not of the same opinion. The situation is far from calm in the country. After warning from the French authorities, the U.S. Embassy issued the following emergency press release for its nationals in the country. But the kapo of Beil-el-Wali will of course disagree with that and talk about conspiracy!

United States Embassy Djibouti
Emergency Message for U.S. Citizens

To: All U.S. Citizens
From: U.S. Embassy Djibouti

The U.S. Embassy advises U.S. citizens that there has been sporadic protesting around the city including on Avenue Charles De Gaulle (near the University), Siesta Beach Road, Avenue Nasser and the area surrounding Gabode High School. The protests typically consist of young persons who engage police by throwing rocks and attempting to block roads. Djiboutian police respond with tear gas and other crowd control measures and have set up temporary road blocks throughout the city to control crowds. Most protests have been dispersed within two hours. The Embassy recommends that official personnel limit movement around the city and continue to avoid large gatherings and protests. Private U.S. citizens living in Djibouti should consider taking similar precautions. If you see a demonstration, do not try to walk or drive through it. Remember the importance of maintaining a low profile. Even demonstrations intended to be peaceful can turn confrontational and escalate into violence. You should avoid areas of demonstrations, and exercise caution if in the vicinity of any large gatherings, protests, or demonstrations.

Review your personal security plans; remain aware of your surroundings, including local events; and monitor local news stations for updates. Maintain a high level of vigilance and take appropriate steps to enhance your personal security and follow instructions of local authorities. Keep a fully charged cell phone with you at all times, but develop a backup communication plan in the event that cell phone service is disrupted.

We strongly recommend that U.S. citizens traveling to or residing in Djibouti enroll in the Department of State’s Smart Traveler Enrollment Program (STEP). STEP enrollment gives you the latest security updates, and makes it easier for the U.S. embassy to contact you in an emergency. If you don’t have Internet access, enroll directly with the nearest U.S. embassy or consulate.

Regularly monitor the State Department’s website at http://travel.state.gov, where you can find current Worldwide Caution,Travel Warning, and Travel Alerts. Read the Country Specific Information for Djibouti here. For additional information, refer to « A Safe Trip Abroad » on the State Department’s website.

Contact the U.S. embassy for up-to-date information on travel restrictions. You can also call 1-888-407-4747 toll-free from within the United States and Canada, or 1-202-501-4444 from other countries. These numbers are available from 8:00 a.m. to 8:00 p.m. Eastern Time, Monday through Friday (except U.S. federal holidays). Follow us onTwitter and Facebook, or you can download our free Smart Traveler App, available through iTunes and the Android Marketplace, to have travel information at your fingertips.

The U.S. Embassy is located at Lot number 350-B, Lotissement Haramous, Djibouti City. The mailing address is B.P. 185, Lot number 350-B, Lotissement Haramous, Djibouti, Republic of Djibouti. U.S. citizens may contact the U.S. Embassy at any time by dialing (253) 21-453-000. Regular business hours are Sundays – Thursdays 8:00 a.m. – 4:30 p.m.

ODDH: COMMUNIQUE DE PRESSE

ODDH logoMail: oddh.djibouti@gmail.com
Compte Twitter: @ODDH_Djibouti

Placement de Barkat, Bachir et Guirreh en mandat de dépôt à la prison Centrale de Gabode

Abdourahman Barkat God et Guirreh Meidal, tous deux membres fondateurs du MoDeL ainsi que Abdourahman Souleiman Bachir ont été placés en mandat de dépôt à la prison centrale vers 14h30 ce mercredi 27 février 2013. De même Youssouf Guedi, professeur au collège et Awad Moussa, employé à l’ANPI (Agence Nationale pour la Promotion des investissements) sans étiquète politique, ont été eux aussi mis en mandat de dépôt à Gabode.

Harcèlements et arrestations des membres de l’opposition

Une chasse aux sorcières contre certains responsables et militants de l’USN (coalition de l’opposition). Cette chasse à l’homme touche principalement les jeunes issus de la société civile regroupés sous la formation MoDeL (Mouvement pour le Développement et la Liberté) affiliée à l’USN. Les arrestations ciblées d’enseignants, de cadre de l’administration, de travailleurs indépendants, … ne touchent que les membres du MoDeL. Une stratégie aussi vieille que le monde.

Les arrestations en masse ou ciblées ainsi que les incarcérations sont devenues monnaie courante.. Chaque heure apporte son lot d’emprisonnements et de placement en détention. C’est ainsi que ce matin vers 5h30 la police fait une descente au quartier Barwaqo (quartier de Balbala) arrêtant ouvriers, enseignants, étudiants, simples ouvriers, … sans distinction.

Un jeune touché par balle toujours hospitalisé

Nous avons appris ce matin qu’un jeune touchee par balle est actuellement hospitalisé en réanimation à l’hôpital de Balbala. Nous ne disposons pas d’information sur son état de santé.

A l’heure où nous mettons sous presse ce communiqué nous sommes toujours dans l’incapacité de vous donner un chiffre exacte des arrestations effectuées par la police depuis le dimanche 24 février. En termes d’estimation on doit frôler dans les milliers.

L’ODDH appelle le pouvoir à cesser cette répression tout azimut et à ouvrir très rapidement un dialogue avec l’opposition.

L’ODDH exhorte la communauté internationale à sortir de son silence en prenant ses responsabilités.

Agir pour la démocratie, la dignité et la justice.

Le Président de l’ODDH
Farah Abdillahi Miguil

Djibouti : Le gouvernement appelle au calme et met en garde l’opposition

DJIBOUTI (Xinhua) – Suite aux violents affrontements observés depuis lundi entre forces de l’ordre et militants de l’opposition qui contestent les résultats des élections législatives du 22 février, le ministre djiboutien de l’ Intérieur Hassan Darar Houfaneh a lancé mardi un appel au calme à la population qui a été retransmis par la télévision nationale.

Djibouti : Plusieurs blessés lors d’une manifestation interdite de l’opposition (26/2/2013) Législatives : Les résultats divisent profondément la rue djiboutienne (26/2/2013) Djibouti : L’opposition appelle ses partisans à manifester lundi (25/2/2013) « J’exhorte les Djiboutiens à se désolidariser des appels à la violence et aux messages de haine qui affluent sans discontinuer du camp de l’opposition depuis l’annonce des résultats des élections législatives de vendredi dernier », a-t-il dit.

« Si l’opposition conteste les résultats des élections législatives, elle a pleinement le droit de s’adresser aux autorités compétentes et de défendre devant elles la légitimé de ses revendications », a-t-il ajouté.

Cependant, M. Hassans Farah Darar a souligné que « l’Etat ne tolérera point les atteintes à répétition contre l’ordre public orchestrées derrière de prétendues manifestations qui ne sont en réalité qu’une vaste campagne de manipulation des jeunes et qui cachent mal une volonté délibérée d’attenter à la stabilité du pays ».

« J’invite les protestataires à ne pas prendre en otage les étudiants et à entraver le fonctionnement et la bonne marche des établissements scolaires », a-t-il prévenu.

D’autre part, le ministre djiboutien de l’Intérieur a émis une sévère mise en garde à l’encontre des fauteurs de trouble contre lesquels il a promis de « sévir dans le souci de tenir en échec leurs agissements peu démocratiques et de les traduire en justice afin qu’ils répondent de leurs actes ».

« Les fauteurs de troubles et les perturbateurs de l’ordre public seront tenus responsables de tout acte de violence susceptible de porter atteinte à la sûreté du pays. Et toutes les personnes appréhendées par la police seront déférées devant la justice pour répondre leurs méfaits », a-t-il martelé.

« J’invite encore l’opposition à respecter la volonté du peuple et à recourir aux voies légales de contestation. Je tiens également à appeler tout un chacun à appuyer les efforts du gouvernement visant à promouvoir la paix, l’unité et la stabilité », a-t-il conclu.

La coalition de l’opposition, l’Union pour le Salut National ( USN), qui regroupe trois formations politiques, a rejeté catégoriquement les résultats provisoires des élections législatives de vendredi dernier qui ont été annoncés par le ministère de l’Intérieur et donnant une majorité écrasante de 80% sur les 65 sièges du parlement à l’alliance au pouvoir, l’Union pour la majorité présidentielle (UMP).

« Nous rejetons vigoureusement ce hold-up électoral caractérisé », avait déclaré le président de l’opposition, Ahmed Youssouf Houmed, quelques heures seulement après la publication des ces résultats provisoires.

En effet, l’opposition djiboutiennne qui a mis fin à une décennie de boycotte dénonce des fraudes massives et des bourrages des urnes lors du déroulement de ce scrutin.

Dimanche dernier, la déclaration commune des observateurs internationaux qui ont « salué le caractère démocratique et la transparence des élections » n’ont pas changé la position des leaders de l’opposition, rejoints dans la contestation des résultats par les centristes du Centre des Démocrates Unifiés (CDU) .

Depuis lundi, la capitale djiboutienne est en proie à des foyers de protestations dans plusieurs quartiers de la capitale qui ont conduit à des affrontements entre les forces de l’ordre et les sympathisants de la plateforme de l’opposition, l’Union pour le Salut National, faisant plusieurs blessés civils.

Avec une introduction historique d’une dose de 20% de proportionnelle, les élections législatives de vendredi dernier ont permis pour la première fois à l’opposition djiboutienne d’ entrer dans le parlement de ce pays.

Petit Etat de la Corne d’Afrique indépendant depuis 1977, qui compte moins d’un million d’habitants, Djibouti bénéficie d’une position stratégique qui lui vaut d’accueillir les plus importantes bases militaires françaises et américaine en Afrique.

Agence de presse Xinhua

Quand les médias internationaux parlent du hold-up électoral

Heurts entre policiers et manifestants à Djibouti

Des affrontements ont opposé ce mardi pour la deuxième journée consécutive les forces de sécurité djiboutiennes à des manifestants de l’opposition qui contestaient les résultats des élections législatives de vendredi dernier. Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser des centaines de manifestants qui réclamaient devant le ministère de la Justice la libération de cheikh Bachir Abdourahim, un dirigeant d’opposition qui aurait été arrêté lundi.

«Non seulement le pouvoir nous vole notre victoire mais il jette aussi en prison les gens pour qui nous avons voté», a déclaré à Reuters l’un des manifestants, Ali Saleh, un étudiant. Les manifestants se sont engagés à poursuivre leur mouvement jusqu’à la chute du gouvernement du président Ismaël Omar Guelleh.

Selon le ministre de l’Intérieur, Hassan Darar Houffaneh, l’Union pour la majorité présidentielle (UMP) a remporté 49 des 65 sièges du Parlement. L’Union du salut national (USN), coalition de l’opposition, conteste ces résultats en dénonçant des bourrages d’urnes et des votes multiples. Ismaël Omar Guelleh est au pouvoir depuis 1999 dans ce petit pays où les Etats-Unis disposent de leur unique base militaire en Afrique.

 

 Reuters

Djibouti: manifestations et heurts contre les résultats des législatives

NAIROBI – Des heurts sporadiques opposaient dans les rues de Djibouti-Ville la police à des partisans de l’opposition, depuis l’annulation lundi d’un rassemblement de la coalition de l’opposition qui conteste les résultats des législatives du 22 février, a annoncé mardi son porte-parole.

Depuis hier, les gens sont très mobilisés. On nous a interdit hier de tenir un meeting d’information dans le centre de Djibouti-Ville, a déclaré à l’AFP Daher Ahmed Farah, porte-parole de l’Union pour le Salut national (USN), coalition sous laquelle s’est présentée l’opposition aux législatives.

La police et la gendarmerie ont chargé nos partisans, à coups de matraque et gaz lacrymogène, pour les disperser, les gens ont résisté, il y a eu des heurts avec la police, surtout dans les quartiers populaires de la capitale djiboutienne, a ajouté le porte-parole, joint mardi après-midi depuis Nairobi.

Ca a repris ce (mardi) matin (…) A l’heure actuelle, les forces de police se déploient à Balbala, banlieue populaire la plus peuplée de la capitale, située au sud-ouest du centre-ville auquel elle est reliée par un pont, a rapporté Daher Ahmed Farah. La situation est tendue, a-t-il ajouté.

Il y a eu quelques heurts ce matin à Balbala, une manifestation dans le centre-ville et à l’Université. Les étudiants sont sortis de l’Université et ont marché (…) les lycéens leur ont emboîté le pas, a-t-il poursuivi.

Il n’était pas possible dans l’immédiat de confirmer de façon indépendante l’état de la situation dans la capitale djiboutienne.

Environ 300 partisans de l’USN ont été arrêtés lundi lors de la dispersion du rassemblement et des heurts qui ont suivi, a également indiqué Daher Ahmed Farah, affirmant que la police l’avait empêché toute la journée de sortir de chez lui.

L’opposition a gagné les élections et la victoire lui a été déniée. Les gens comptent bien résister, a réaffirmé le porte-parole. L’USN dénonçe depuis vendredi des fraudes massives au profit de l’Union pour la majorité présidentielle (UMP), coalition soutenant le président Ismaël Omar Guelleh, à la tête de l’Etat depuis 1999.

Selon les résultats officiels, annoncés dans la nuit de vendredi à samedi, l’UMP est arrivée en tête dans les six circonscriptions du pays, notamment à Djibouti-Ville où vivent environ 600.000 des 800.000 habitants de Djibouti.

Les chiffres ont été manipulés après la fermeture des bureaux de vote. Nous avons des documents signés des présidents de bureaux prouvant que nous avons gagné, a assuré à l’AFP le porte-parole de l’USN. L’opposition djiboutienne se présentait unie pour la première fois depuis dix ans à des élections.

Les résultats ont été proclamés à 04H00 du matin, d’ailleurs ils n’ont toujours pas été transmis au Conseil constitutionnel ce qui est illégal, a poursuivi Daher Ahmed Farah.

Djibouti jouit d’une position très stratégique à l’entrée de la mer Rouge et abrite la plus importante base militaire française d’Afrique (environ 2.000 hommes) et la seule base militaire américaine du continent.

(©AFP / 26 février 2013 15h31)   Romandie.com