Courrier des lecteurs.

CourrierÀ Djibouti, les jours se suivent et se ressemblent depuis les dernières élections. Le régime continue sa répression, une partie de l’opposition réunie sous la bannière USN (Union pour le Salut National) se fait du capital politique sur le dos des oulémas comme Béchir, God et Maidal, des leaders politiques comme Daher Ahmed Farah et des simples citoyens emprisonnés ou harcelés.

En tout cas, c’est la substance du courrier des lecteurs suivant que nous publions in-extenso. À souligner que l’auteur du courrier Hamdi Y. Warsama a une opinion très tranchée qui n’est pas forcément celle de la rédaction de Djiboutii.net. À lire avec les précautions d’usage.

Rien ne sera plus comme avant.

Il y a quelques jours un ami me demandait: «Toi qui étais toujours un opposant, pourquoi on ne te voit jamais aux manifestations? Pourquoi ne rejoins –tu pas l’USN? »
Je lui ai répondu par la fameuse citation somalienne: «Un ânon semble  plus beau que ses parents à sa naissance, mais deux après ce n’est qu’un âne.» A-t-il compris? Je n’en sais rien mais j’ai décidé de livrer le fond de ma pensée. L’USN est une coalition réunissant le Model, le PND, le MRD, l’ARD, Boreh et l’UDJ en gros.

Le Model

Rejoindre le MODEL m’aurait tenté même si je n’adhère pas aux idées des frères musulmans.  Avec eux, beaucoup de problèmes auraient été résolus et en premier lieu la peste tribale. Mais le simple fait qu’ils se sont mis avec l’USN m’a fait reculer. Faut s’associer au Diable pour arriver à ses fins? Je laisse les philosophes y répondre, pour ma part je vais vous livrer leurs colistiers.

Le PND

A tout seigneur, tout honneur, je vais commencer par Aden Robleh Awaleh (ARA) qui depuis 49 ans ne fait que trahir et pourtant il a toujours des clients. On ne le met pas en quarantaine. Ça ne fait c’est notre fils qui s’est trompé encore une fois. Quand  hier, Janaaleh (qu’Allah l’accueille dans son paradis) lui avait tiré dessus pour le tuer, s’il avait réussi il y aurait un crabe de moins et je n’ai pas parlé de son côté haineux et incitateur à la discorde.

BOREH

Ensuite vient Boreh. Vous êtes-vous demandé qui est Boreh? N’est-il pas l’associé du grand Parrain de la Cosa Nostra djiboutienne? N’est-il pas celui qui nous a détroussés. Celui qui, non content de dévaliser le pays, a ajouté l’insulte à l’injure en nous traitant des fainéants qui ne veulent pas travailler, nous privant ainsi des miettes. Oui, il est le frère, l’ami intime, l’égal  d’IOG.

Un proverbe somali dit : « Labada Adamaha u heshisey, dar Allah u colobaan.» (Ceux qui se liguent contre les pauvres gens finissent par s’entretuer.) Quand ils se sont disputés sur le partage et qu’IOG a eu le dessus, il se trouve une âme patriotique et veut chasser IOG pour venir au secours des pauvres djiboutiens. Y croyez-vous?

Où est-ce simplement pour prendre la place d’IOG et mieux nous extorquer ?
Mais ce qui m’étonne ne sont ni ARA, ni Boreh, mais c’est ceux qui les soutiennent, ceux qui les suivent. Est-ce simplement parce que c’est un membre de la tribu? Wow!

L’ARD

L’ARD de Ahmed Youssouf est un parti qui ne veut pas prendre le pouvoir mais être éternel second avec le principe d’un partage Issa-Afar. Le fameux 50/50 sur tout, de la femme de ménage au ministre. Je serai d’accord qu’il ait une certaine parité, une accommodation raisonnable entre Afar, Arabe et Somali, mais que ceci s’arrête au recrutement et que le meilleur soit placé pour le bien-être du pays.   L’ARD ne me dit RIEN n’étant ni Afar, ni Issa.

Le MRD. (ex PRD)

C’est le parti auquel j’ai adhéré il y a 20ans parce qu’il symbolisait le changement et l’avenir auquel j’aspirais. Malheureusement, le parti de feu Mohamed Djama Elabé (Que Le Tout Puissant l’accueille dans son paradis) a été dénaturé par son clan, les Fourlabas, en faisant de ce parti ouvert comme il l’a voulu, un parti fermé.

Hier, quand je militais au sein du PRD, je savais qu’Elabé était un Fourlaba, mais il s’était élevé au-dessus du lot en devenant DJIBOUTIEN. Quand son Seigneur l’a rappelé, normalement son vice-président devait lui succéder, mais manque de pot il est Afar. Ainsi depuis 20 ans, Haissama et Souleiman restent éternels  vice-présidents, acceptant maintenant pour la énième fois comme chef le jeune DAF (même si c’est quelqu’un que je respecte beaucoup) simplement parce qu’il est fourlaba.

L’UDJ

Enfin j’ai gardé le meilleur pour la fin, c’est-à-dire Ismaël Guedi Hared, mais pour vous parler ce grand homme, permettez-moi de remonter le temps. En 1976, Adolf H. Gouled qui a toujours été un anti-indépendantiste a reçu de la France l’ordre de changer son parti, la Ligue Populaire Africaine (LPA) en LPAI (pour l’indépendance). La France l’a choisi au détriment des autres indépendantistes pur et dur  parce qu’il était celui qui exécuterait le mieux leur dessein. Faire de Djibouti une république associée à la France.

Malgré son lourd passé et avide d’être indépendant, les Djiboutiens le proclamèrent Père de la Nation.

Au lendemain de l’indépendance, Adolf H. Gouled rejette ce titre Noble et choisit d’être le Père d’une tribu. Il décidât de proclamer la supériorité de la tribu Issa. Pour mener à bien son dessein, il choisit nul autre que Heinrich Himmler alias Ismaël Guedi Hared président de l’UDJ et président de l’assemblée. Farouche partisan de la solution finale pour nettoyer Djibouti des parasites,  (comprendre tout ce qui n’est pas Issa) Himmler disait: «Pas de génocide, le monde peut nous voir, simplement leur interdire l’accès au travail, d’eux-mêmes ils partiront.» Ainsi l’accès au travail devint difficile aux autres et ceux qui y étaient subissaient humiliation sur humiliation.

Un cas concret, Saïd Ahmed Awaleh (frère ainé de l’actuel ministre de l’Agriculture)  fut le premier inspecteur des douanes en 1975, sous l’occupation, et après l’indépendance devint sous-directeur. Les directeurs se succédèrent jusqu’au jour où le dernier ayant pris sa retraite, la rumeur courait que le futur directeur allait finir ses études en juin. Et effectivement, un jeune de l’âge de son fils, fraichement sorti d’une université française fut engagé. Mr Saïd, qui était par intérim, lui enseignât le b-a du métier pendant 6 mois et le jeune fut nommé Directeur.  Suivre cet homme pour qu’il finisse le travail commencé, non merci.

L’UMP

Tout le monde connait IOG et l’UMP, je vais juste ajouter mon point de vue. IOG et l’UMP, pour moi c’est un clan, le clan des SICILIENS,  avec le parrain à leur tête à qui ils doivent allégeance et soumission. Ils n’ont qu’un seul intérêt, celui de se remplir les poches et en premier lieu celles du parrain (IOG) et le jour où tout éclatera, ils ont assez d’argent pour pouvoir vivre hors du pays. Mais contrairement à Himmler, c’est un parti ouvert. Je ne pourrai jamais être Issa, par contre, on peut devenir Mafioso même si personnellement, j’aurai trop de scrupules, d’autres ont pu. Ainsi aujourd’hui, on voit des non Issas, faire la pluie et le beau temps dépendamment de leur place dans la hiérarchie mafieuse, un temps ensoleillé, partiellement nuageux ou orageux.

La SOLUTION

Je comprends que beaucoup d’Issas aimerait retrouver ce temps faste pour eux, mais ô  combien difficile pour nous autres. Il faut savoir qu’il ne peut y avoir une justice ou une démocratie inter Issa.

Ils doivent choisir entre la dictature d’IOG ou la Démocratie et la Justice pour tous.
S’ils choisissent de retrouver la suprématie des Issas, il faut garder la dictature et aussi admettre que les Mamasans soient la crème des Issas. S’ils optent pour la dernière, j’aimerais leur dire que, PLUS RIEN NE SERA COMME AVANT, car qui dit multipartisme dit accès aux urnes et nous saurons choisir celui qui remplira nos conditions. Justice, Démocratie.

Ou pourquoi pas un Président ni ISSA ni AFAR, mais simplement DJIBOUTIEN.

Hamdi Y. Warsama

Djibouti24: Outil falsificateur ou jouet fantomatique de la dictature?

CourrierDjibouti24 se présente comme la victime d’un vaste complot .Pour mieux démontrer à son auditoire qu’il est victime d’un ostracisme, il s’en est ensuite pris aux sympathisants de l’USN. Pour conclure, il avance que sa liberté d’expression est en danger en raison d’un certain nombre de pressions de la part de l’oppostion djiboutienne.Là encore, sa prise de parole ne semble pas vraiment correspondre aux faits. Je lance un défi aux administrateurs de Djibouti24 de prouver le contraire.

De quelle démocratie parlez-vous? De celle qui refuse le débat d’idées, dont on sait qui sont les vrais responsables? Pourquoi avez-vous supprimé le post (Me Aref: Caniche de la dictature ou bouffon écervelé?)? Vous allez probablement être capable de m’expliquer, vous qui êtes intelligent, comment voulez-vous avoir un discours cohérent, quand censurer « un article » est passible du déni de liberté d’expression au regard des facebookois?

Bienvenue dans le monde de Djibouti24: où le mensonge est la norme, où le dogme est le crétinisme.Eh oui ! Votre seule stratégie est de vivre dans l’instant, et d’ériger le mensonge social comme idéologie dominante devant imprégner tous les niveaux du corps social, pour fétichiser des valeurs dépourvues de contenu comme la « transparence », l’«éthique», le «contrôle citoyen» ou la «vérité».

Pire, vous êtes l’as-sa-sin de la liberté, de la démocratie et de la conscience.De quoi vous avisez-vous, de dire que tous les préposés opposants (sans faire la moindre exception) sont des sangsues du peuple, des fripons, qui semblent n’avoir en dépôt la puissance du dictateur que pour la rendre détestable? Quoi! L’écrivain Abdourahman A Waberi, Mohamed Kadamy, Mahdi Ibrahim Ahmed God , Kassim Ahmed Dini , Ali Coubba et Daher Ahmed Farah pour ne citer qu’eux sont des coquins suivant vous?

Belle vision!Djibouti24, soyez le favori du dictateur ; servez-le, j´y consens, quoique votre talent et vos posts pussent être plus dignement employés; mais ne soyez son apologiste ni de bouche, ni d´esprit, ni de cœur. Comment lui faire comprendre l’obstination, le refus de compréhension des lyncheurs d’hier, aujourd’hui sous le coup des lapidations des autres, d’assumer les principes dont Djibouti24 se targue être le dépositaire?

Pourquoi semble t-il si difficile aux uns de comprendre qu’au nom de la chère liberté, le peuple djiboutien a le droit aussi de défendre ses valeurs lorsqu’elles sont bafouées par le dictateur? Pardon son guide providentiel devrais-je dire !

Descartes disait «le bon sens est la chose du monde la mieux partagée». Et au nom de ses valeurs, IOG n’a-t- il pas violenté son peuple sous prétexte qu’il veut faire partager son «bon sens» ? Népotisme, déprédations multiples, exterminations, génocide, sont-ce pas là des exemples des conséquences de cette défense des valeurs de liberté si chères à Djibouti24?

Quelle hypocrisie ! Djibouti24, ce faisant le chantre de la dictature, vient encore de donner une preuve de son manque de maturité qu’il cache sous des grands principes de liberté d’expression et autres concepts pompeux pour sa bonne conscience, mais qu’il est incapable d’assumer. Oui ! cette incapacité à respecter sur son propre sol, les valeurs qu’il prétend incarner et qu’il va imposer de force à d’autres.

Si la liberté d’expression n’est pas donc un vain mot dans cette société dont l’hypocrisie et les contradictions sont les caractéristiques essentielles, pourquoi toute cette bronca orchestrée par Djibouti24 sur Daher Ahmed Farah. Le versatile –Djibouti24 – comme tous les adeptes du flou, de la mauvaise foi et du mensonge nous en donne une explication fort intéressante et révélatrice; ce n’est pas pareil, ce que DAF a fait est odieux, abominable bref inqualifiable, d’ailleurs nul comparable à ce qui se passe.

On croirait entendre Jacob Neusner lorsqu’il affirmait « L’holocauste mal unique n’a pas seulement pour conséquence de donner aux juifs un statut à part, il leur donne un droit sur les autres”. Je n’en pouvais plus de supporter l’attitude de Djibouti24 et ses acolytes à l’égard de leurs contradicteurs : dénigrement systématique, évaluations injustes, calomnies, amalgames et j’en passe.Ces « accusations » étant susceptibles de paraître complètement ridicules aux communs des mortels et aux facebookois, Djibouti24 ne reculant devant rien n’hésite pas à avancer un argument assez savoureux pour expliquer l’acharnement par cette secte dangereuse de la destruction de l’Etat despotique djiboutien.

Quelle arrogance! Moquerie, sermon sur l’art d’être fort, froideur agressive, condescendance autant d’armes qu’ils peuvent utiliser et qui ne manqueront pas d’atteindre leur victime. La moquerie dans ce cas n’est qu’une tactique employée pour dévaloriser l’adversaire, le ridiculiser aux yeux des facebookois de bonne foi et qui seraient tentés par l’aventure.La contestation externe peut exister. La contestation externe peut être éliminée préventivement (par exemple le manipulateur – Djibouti24 – peut dresser une liste des personnes qu’il ne faut pas que le commun des intervenants fréquente).

La meilleure façon , pour Djibouti24, d’imposer une idée, c’est de la répéter sans l’expliquer (cf le trucage des photos d’ Amin arts / les émeutes post electorales du Kenya), si possible avec le sens de la formule, de façon à ce qu’elle devienne un stéréotype.Les ragots rapportés sans contrôle sont retranscrits scrupuleusement par Djibouti24 avec comme objectif évident de dédramatiser la situation.La propagande de Djibouti24 , est une de ses armes de guerre les plus efficaces (ça se fait là-bas et en plus, on est payé pour ça !). C’est triste d’être monnayable ; la dignité est beaucoup plus chère qu’une bouchée de pain, mais dans la façon de voir, se projette la façon d’être.Et l’on pense, à ce sujet, aux vers fameux d’Aragon : « Les yeux bleus de la Révolution (nazie, dans ce cas) brillent d’une cruauté nécessaire. »

Djibouti24 s’empêtre jour après jour dans ses mensonges , il a le culot de nier la nature génocidaire de son régime.Mercenaire des idées, il n’a cessé, contre vents et marées, de défendre un régime enfoncé dans la boue jusqu’au cou. Maître dans l’art de transformer en fiction des réalités ou le contraire, dont l’empire n’a de limites que celles de l’imaginaire, ne comptez pas sur lui pour vous révéler  » les secrets  » du régime despotique.

Mohamed Qayaad

Les djiboutiens d’Ottawa manifestent

acsaomanif27avr2013pic1_smallComme prévu, ce samedi 27 avril 2013, les djiboutiens d’Ottawa se sont rassemblés devant la flamme du centenaire de la colline du parlement du Canada. Ils se sont réunis manifester leur soutient aux dizaines de leaders politiques et aux centaines de simples citoyens emprisonnés depuis le hold-up électoral du 22 février 2013.

Ont participé à la manif (qui s’est déroulée dans l’ordre et la discipline, des jeunes, des moins jeunes, des hommes, des femmes, des enfants… Ils étaient là pour dénoncer le régime stalinien de Ismaël Omar Guelleh (IOG) et, pour rappeler leurs responsabilités aux leaders du monde libre car la situation.

À Djiboutii.net, une fois n’est pas coutume,  nous joignons à ces frères et soeurs. Nous disons non aux arrestations arbitraires, nous disons non au vol de la voix des urnes. Le combat de l’opposition (pluriel) au régime vieux de 36 ans qui saigne à blanc Djibouti, notre pays, est juste. IOG doit emprunter la même route que Moubarak, Ben Ali, etc.

Nous avons créé un album photo de cet événement que nous vous invitons à partager avec nous.

Faut arrêter les exactions à Djibouti.

GuellehCe samedi, les djiboutiens d’Ottawa se rassembleront devant la flamme du centenaire devant le parlement du Canada puis, devant l’ambassade des États-Unis d’Amérique de la rue Sussex pour soutenir les dizaines de leaders politiques et les centaines de simples citoyens emprisonnés depuis le hold-up électoral du 22 février 2013.  Les djiboutiens se rassembleront pour dénoncer le régime stalinien de Ismaël Omar Guelleh (IOG) et, pour rappeler leurs responsabilités aux leaders du monde libre car la situation qui prévaut à Djibouti ne doit laisser personne indifférent.

En effet, depuis le hold-up des dernières élections législatives, les manifestations populaires sont quasi-quotidiennes et le régime d’IOG, comme à l’accoutumée, règle le problème par la violence et la terreur.

Plusieurs exécutions extra judiciaires et des tirs à balles réelles sur des manifestants sans armes ont été signalées plusieurs fois et filmées. Les arrestations et les enlèvements touchant les leaders politiques et les tortures physiques ne se comptent plus. Tout cela a été dénoncé par les djiboutiens et par plusieurs média et organismes indépendants. Mais le régime en place depuis l’indépendance de 1977, lui, n’en fait qu’à sa tête.

J’écris ce court message parce que je ne serais pas de la manif. Je suis en déplacement dans la région de la ville de Québec.

Par ce court message je manifeste ma solidarité pleine et entière à toutes les victimes de l’arbitraire et toutes les personnes injustement détenues dans la sordide prison surpeuplée de Gabode. J’exprime ma solidarité à mon ami Daher Ahmed Farah. J’exprime ma solidarité à Abdourahman Barkat God, à Abourahman Bachir.

Par ce court message, j’exprime ma solidarité à tous les autres dignes djiboutiennes et djiboutiens qui croupissent sans procès dans les commissariats de police, les brigades de gendarmerie ou le sinistre «Centre de Transit» de Nagad pour avoir simplement exprimé leur opinion.

Par ce court message, je dénonce l’arrestation de Faissal Mohamed Hadi et l’intimidation de la famille du grand syndicaliste Farah Abdillahi Miguil (qui était à l’étranger au moment de la «descente»).

Quel homme saint d’esprit va terroriser une mère et ses enfants? C’est clair, IOG n’est plus saint d’esprit. Il vient de démontrer cela pour la énième fois. Quand le pays est endeuillé par de graves (et prévisibles et gérables) inondations et enterre ses morts, il vient de quitter le pays pour l’étranger pour vaquer à ses affaires personnelles, comme si de rien n’était. Est-il saint d’esprit?

Une chose est sûre. Contre lui, les djiboutiens sont déterminés à sauver leur pays du naufrage et le montrent chaque jour qui passe, au pays et à l’extérieur. Ils ont besoin du soutien de la communauté internationale pour éviter la somalisation de la situation.

Hassan A. Aden
hassan.aden@ncf.ca

Répression à Djibouti

 

Le principal opposant au président Guelleh a écopé de deux mois de prison.

Un véritable vent de ­répression s’est abattu sur Djibouti, micro-État d’Afrique de l’Est, depuis les élections législatives contestées du 22 février, largement remportées par le parti du président Ismail Omar Guelleh. « Depuis les manifestations du 25 février 2013, un grand nombre de militants et de sympathisants politiques sont toujours détenus à la prison centrale de Gabode. D’après les informations recueillies, 90 personnes y seraient à ce jour incarcérées », dénoncent les défenseurs des droits de l’homme de la Fidh et de la LDDH.

Daher Ahmed Farah, principal opposant au ­régime, a été condamné le 17 mars à deux mois de prison ferme pour « trouble à l’ordre public et participation à un mouvement insurrectionnel ». Le président du Mouvement pour le renouveau démocratique et le développement, et porte-parole de l’Union pour le salut national, qui regroupe l’ensemble de l’opposition, a décidé de faire appel.

Damien Roustel

L’Humanité.fr

MRD: Communiqué de presse

Mouvement pour le Renouveau démocratique et le Développement
(Ancien PRD)
Cité Poudrière Avenue Nasser /Www.mrd-djibouti.com
Djibouti, République de Djibouti
Djibouti, le 17 mars  2013

Communiqué de presse

L’arbitraire condamne DAF à deux mois de prison ferme pour un «délit imaginaire».

Ce jour, 17 mars 2013, la justice djiboutienne au service du régime dictatorial de Ismaêl Omar Guelleh vient de condamner le Président du MRD et porte parole de la coalition de l’opposition USN, Daher Ahmed Farah à deux mois de prison ferme.

A travers cette condamnation, le régime de Guelleh cherche à réduire en silence la volonté du peuple et des démocrates libres.

Nous disons que cette privatisation de liberté n’arrêtera pas l’Histoire d’un peuple en mouvement décidé à reconquérir sa liberté, sa dignité, son espoir, son avenir et son destin.

Nous condamnons fermement cette incarcération et demandons au régime actuel la libération immédiate et sans condition de notre Président.

Nous profitons pour alerter la communauté internationale sur la situation alarmante à Djibouti après les élections législatives du 22 février 2013.

La cellule Communication
Pour Daher Ahmed Farah
Président du MRD

Deux mois de prison ferme pour l’opposant djiboutien Daher Ahmed Farah

dafDaher Ahmed Farah, porte-parole de la coalition de l’opposition djiboutienne, l’Union pour le salut national (USN), arrêté le 4 mars 2013. Facebook/DR Par RFI La justice djiboutienne a condamné le porte-parole de l’opposition Dareh Ahmed Farah à deux mois de prison ferme au lieu des douze mois requis par le parquet. Arrêté le 4 mars sur la base d’écoutes téléphoniques estimées illégales par la défense, il a été jugé coupable d’appel à la rébellion à la suite des législatives contestées de février 2013. Deux autres personnes étaient poursuivies dans ce même dossier. L’un d’eux a été condamné à de la prison avec sursis, l’autre a été relaxé. Pour les avocats de Dareh Ahmed Farah, cette condamnation est inacceptable. Ceux-ci ont ainsi décidé de faire appel. A la Ligue djiboutienne des droits humains, personne n’est surpris par la condamnation, étant donné le contexte politique trés crispé à Djibouti. C’est le sentiment d’Oussein Ahmed Farah, membre de l’organisation qui s’exprime au micro de Christine Muratet.

Djibouti24: irrévérencieux ou insultant?

CourrierL’article suivant nous a été envoyé par lecteur du nom de Mohamed Bouh le 16 février 2013, suite à la diffusion, dans le réseau social Facebook, d’une série d’articles diffamatoires, attaquant la personne de M. Daher Ahmed Farah. À notre grand regret, l’article a été filtré à tord par notre système de messagerie électronique. Maintenant que nous l’avons retrouvé avant de purger le système, nous le publions in extenso. Que son auteur et tous nos lecteurs nous pardonnent.
Comme tous les courriers du lecteur, les propos de cet article n’engage que la responsabilité de son auteur. Bonne lecture.
La rédaction.

Djibouti24:
irrévérencieux ou insultant?

En lisant « DAF et ses déboires dans l’armée » paru dans Djibouti24 du 11/02/2013, je suis frappé par les jugements impitoyables portés sur le respectable opposant et écrivain Daher Ahmed Farah, qui subit des attaques implacables de la part de ce poltron plumitif digne de mépris et d’opprobre.

Curieux, l’écrit de Djibouti24! C’est en parcourant l’article que j’ai compris enfin la faillite de l’Education nationale car lorsque je lis pareil galimatias réunissant à la fois impéritie, mauvaise foi et mensonges éhontés j’ai du mal à croire que son auteur est journaliste! Mais bon avançons!

Aucun scrupule dans le choix des mots, aucune honnêteté dans l’articulation de ces propos, aucune retenue dans l’énonciation d’un argumentaire aussi lourd de sens. Etes-vous seulement conscient de la portée de vos propos? Qu’elle est effrayante et dangereuse, cette façon de verser dans l’excès et de passionner le débat avec  l’intention, au fond, de l’éviter!

Somme-nous alors dans l’impunité constructive, dans le danger absolu ou faudrait-il accomplir des gestes forts?

En effet, DAF se retrouve ici accusé de tous « les maux », sans que ce soient dits quels sont ces procédés et ces termes, ni où ils figurent dans sa propre argumentation. Chacun pourra constater que son argumentation se place sur un tout autre terrain que celui du mien. Mais peut-être les djiboutiens étaient-ils tous, ignorants de DAF que vous – Djibouti 24- avez su, vous l’infatigable enquêteur, révéler? On l’aura compris, aucun de ces termes n’est le fruit du hasard, mais le résultat d’un choix bien compris, il s’agit d’avoir recours à une rhétorique alarmiste pour occulter les failles d’une argumentation.

Aucune déclaration affirmative ne peut-être lue, nulle preuve ne vient appuyer ses thèses défendues, l’emploi du passé composé est omniprésent, sans jamais faire la preuve de la responsabilité de DAF.

Djibouti24 est l’exemple excellent de l’ignorance, du faux savoir et, pour aller au plus vite, de la stratégie imbécile. Est ce la volonté de tout savoir qui pousse toujours à vouloir expliquer tout.

Quant à votre pseudo analyse, comme à l’accoutumé, elle ne dénote que votre ignorance. Les raccourcis, les jugements à l’emporte pièce ne vous effraient pas. Votre morale dégoulinante et méprisante est dégueulasse.

Est ce un moyen de délivrer notre anxiété par des mots, ou le plaisir de se considérer «né à nouveau» à des mystères qui demeurent étrangers au commun des mortels ? Bien difficile de répondre et comment conseiller à tant de bavards inféconds de relire Les Propos aux somnambules d’Alain (1914) où il lance le fameux «savoir ignorer, voilà une belle devise!»

C’est l’imbécillité créative, celle qui n’a pas eu l’occasion d’être débusquée.

Tout est expliqué, tout est justifié et surtout ce qui, en apparence, semblerait le plus propre à détruire l’édifice. «Le propre du crétin est de ne jamais se laisser désarçonner, il se montre toujours prêt à bâtir une opinion sur ce qu’il ignore, à trancher souverainement de ce qui lui échappe…» (A. Glucksman, La Bêtise).

Nous sommes en plein dogmatisme de la stupidité, au cœur du  fondamentalisme du crétinisme.

Je constate comme preuve Djibouti24 ne cite que des rapports rédigés par des pseudo instructeurs, qui répandent le mensonge, des  allégations qui n’ont jamais été prouvées, des réflexions  subjectives, la manipulation pour propager la peur, la suspicion et l’exclusion des citoyens trop anti-ioguistes, toujours trop opposants. Donc, la terreur, dont l’origine reste floue, incertaine, la peur qu’elle provoque, sert à manipuler l’opinion. N’assiste-t-on pas aujourd’hui aux mêmes procédés?

Sa désinformation consiste à déformer suffisamment un fait pour lui faire signifier autre chose.

Le djiboutien remarquera l’absence totale de preuves, le dévoilement d’un raisonnement faible ou mal étayé, des références parfois incomplètes, ou résumées de façon tendancieuse, émaillant des propos déjà complexes?

Voudrait-il par hasard qu’un maximum de djiboutiens soient la proie de cette dictature et deviennent « faciles à duper ou à manipuler »? Peine perdue!

Ainsi pour Djibouti24, dire ou parler de la réalité djiboutienne signifie appauvrir, trahir, travestir la réalité. Dès lors, il est un peu facile d’adopter à son égard une posture purement critique qui méconnait les contraintes du langage et permet de se draper dans une sorte de supériorité intellectuelle à bon marché vis-à-vis de ses insultes, ses calomnies. à l’égard de l’opposant mentionné ci-dessus car Djibouti24 ne fait que colporter des rapports fictifs selon ses dires Question? Depuis quand des rapports fictifs s’avèrent-ils pour des faits?

N’ayant aucune preuve sous la main, difficile de porter crédit à une affirmation comme celle-ci. Dans la pitrerie et le grotesque, Djibouti24 vous avez eu la palme d’or!

Chaque fois qu’il s’agit d’identifier un opposant majeur qui fait preuve de courage, cela démontre le mépris de Djibouti24 à l’égard de celui-ci, d’étranges troubles de perception apparaissent chez le plumitif: la vue faiblit, l’audition s’étiole, le verbe dépérit et le sujet s’absorbe dans un état de stupidité manifeste.

Il est utile de vous rappeler, Djibouti24, que les exigences de compétence, de probité et de vérification ne sont pas nécessairement l’apanage de vos écrits. Il est tout à fait juste de dire que vos griffonnés abolissent les intermédiaires.

Pire, les faits – ou plutôt les propagandes umpistes que Djibouti24 nous (djiboutien/ne) apporte – sont virtuels mais ils se donnent pour une réalité biaisée.

Faut-il prendre la réthorique officielle au pied de la lettre? En pratique, elle manque de clarté et de logique. À titre d’exemple: aurait-on empêché un “fou” ou un “maniaque” d’être le porte parole de l’USN, la réponse est non… car IOG aurait tout à gagner s’il était vraiment un tatillon.

Qui surtout, s’est intéressé au sort de la famille de DAF, ses biens spoliés? aucune estimation avancée. Aucun mot n’a été prononcé pour rendre le moindre hommage, exprimer le moindre regret, ô combien symbolique! à sa famille, ses proches déçus dans tous leurs espoirs, plus que jamais écrasés, dominés, d’une impudente simplicité, du sabre et du goupillon.

Il ne s’agit pas de faire de l’angélisme, de nier ses défauts, mais de noter pourquoi un tel harcèlement contre un « scrupuleux »? Est-il dangereux pour le peuple djiboutien? J’en doute fort .La vérité est ailleurs. Enfin, que nous apprennent-elles, les grandes histoires religieuses et littéraires? Une vérité est la même vérité.

Les calomnies ont fait tant et si bien leur chemin dans l’esprit de certains Djiboutiens qu’il me paraît improbable de rétablir la vérité et de persuader que son attitude n’est pas celle d’un minutieux, encore moins celle d’un fou. Si DAF le parvenait «ce serait merveille».

Cet homme ô combien courageux! fait voir trop la vérité, démasque trop souvent les actes de ministres larbins et trop facilement.

Il est un fardeau assez lourd et assez haïssable, dont le président parrain cherche à se débarrasser. Par quels moyens? La réponse est évidemment connue d’avance et constitue la preuve manifeste que «l’affaire DAF» n’est qu’une vaste machination politique ourdie de toutes pièces.

Jamais IOG ne s’autodétruirait parce que l’un de ses sbires aurait transgressé les résolutions de son « veau d’or » – les injustices, le clientélisme, la corruption généralisée et le népotisme du clan militaro-technocratiques.

DAF poursuivi en justice par un de ses pantins n’est qu’un paravent grossier, les objectifs poursuivis ont été tout autres (maître Aref est bien placé pour le savoir): empêcher d’informer les djiboutiens(nes), entretenir le masque d’opacité sur la gestion de la chose publique etc., c’est la véritable vocation d’assourdir, d’abrutir.Le peuple djiboutien n’a-t-il pas le droit d’être informé? (je parle bien de l’information utile). De qui se moque-t-on?

L’information est exigence de sobriété et de dépouillement, le souci de vérité et d’objectivité dans les discours ont pour conséquence la liberté, dans le refus de toute censure.

DAF n’est pas dupe, il sait trop à quel point ceux qu’il a si bien sondés désirent le réduire au silence et que les pseudo-procès ne sont que prétextes pour mieux le faire condamner d’une simple  interdiction assortie de menaces pires de la manière la plus radicale qui soit: la mort.

Ce n’est pas une nécessité vitale qui le (Djibouti24) pousse, mais il est possible l’appât du gain ou plutôt le besoin de reconnaissance. La gloire: être reconnu par le plus grand nombre, aujourd’hui la réussite se mesure à la capacité de faire parler de soi. Quoi que l’on en dise, il me semble que c’est une infinie détresse qui pousse Djibouti24 dans l’œil de la société spectacle, dans le fol espoir d’enfin exister. Faute de pouvoir être, le paraître fait bien l’affaire!

Les totalitarismes ont pu bâtir des cohésions fortes autour d’idéologies et de sentiments nationaux; les intégrismes ont obtenu le même résultat sur la base de l’intolérance religieuse et du sentiment intransigeant de posséder la vérité. Eh bien, Djibouti24 fait la même chose avec un peu de zèle, un peu de gens crédules, et pas mal de stupidité. Il est frappant de constater de quelle manière son mensonge sert de support au régime liberticide djiboutien: tout d’abord, en abolissant le passé de telle sorte qu’occulté, déformé, travesti, il n’éveille pas la conscience des individus et ne permette ni nostalgie, ni révolte. Le contrôle du présent doit venir compléter la maîtrise du passé dans la logique des régimes totalitaires. Ainsi, Djibouti24, au service du système, n’hésite pas à tromper ses semblables afin de garantir la stabilité politique et sociale nécessaire à une domination totale.

Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire, constitue la règle d’or en la matière. Mais n’est-ce pas aussi la devise de ces magots complices? Nier, toujours nier; la réalité est que le pays ne remplit même plus le service minimum dans sa lutte contre les malfrats.

Le régime dictatorial djiboutien se sert donc bien du torchon Djibouti24 comme un outil falsificateur, afin de démasquer les citoyens insoumis et séditieux: à ce titre, il devient un organe fantomatique et négatif, simple jouet du gouvernement.

Notre négationniste (oh pardon Djibouti24) est simpliste dans ses analyses, pitoyable dans ses jugements, immature dans ses raisonnements, maladroit dans ses styles, digne d’un véritable ivrogne en état d’ivresse belliqueuse et superficiel dans sa quête de la vérité sur ce qu’a connu Djibouti.

Il essaie non seulement d’édulcorer l’arrière réalité djiboutienne, mais aussi, se livre à une stupide comédie de mauvais goût! Comment peut-il continuer à occulter la délicate question, relative à la véracité de la réalité qu’il livre au lectorat? Comment peut-il prétendre moraliser, la génération montante, à travers internet, s’il semble manifestement dépourvu, d’une part, d’une minimale exemplarité, de toute évidence sans fondement aucun, même si vous l’attribuer à ce «Nous» usurpateur, et d’autre part, d’éthique la plus élémentaire est en fait le vôtre et est inacceptable par la conscience humaine.

Ces discours, ces menaces assénés sur l’opposition, dont les mercenaires des idées réduisent plus ou moins subrepticement les capacités critiques et la lucidité, rencontrent sinon l’assentiment, du moins, sous forme de mutisme, le consentement des djiboutiens tétanisés. Mais «Je» suis sourd à ce silence, lequel devient le meilleur complice de l’expansion des affaires qui sature Djibouti au détriment des vies: la priorité de leurs bilans tient lieu de loi universelle, de dogme, de postulat sacré, et c’est cette logique des justes, l’impassible bienveillante des belles âmes et des grands vertueux, le sérieux des théoriciens, qu’est provoqué le dénuement d’un nombre toujours croissant d’êtres djiboutiens et que sont perpétrés la soustraction des droits, la spoliation des vies, le massacre de santé, l’exposition des corps à la sécheresse, à la faim, aux heures vides, à la vie horrifiée.

Faut-il « mériter » de vivre pour en avoir le droit, sourd la crainte insidieuse, l’effroi diffus, mais justifié, de voir des êtres djiboutiens en grand nombre, ou même de voir le plus grand nombre tenus pour superflus. Non pas subalternes ni même réprouvés: superflus. Et par là nocifs.

Quel crédit accorder aux dires de Djibouti24-le-menteur?

Comment se défendre contre les pieux menteurs, les fabulateurs, les mystificateurs, les mythomanes, ceux qui mentent parce qu’ils ont menti, ceux que Jean-Michel Rabaté appelle les «menteurs en série»?

O combien prétentieux serait celui qui affirmerait qu’il ne ment jamais ou, du moins, qu’il n’a jamais menti.

N’est-il pas préoccupant de constater que rares sont les djiboutiens qui dénoncent cette dérive flagrante, digne des régimes paléo-staliniens ou d’Augusto Pinocchio, pardon: pinochet ?!

Amicalement Mohamed

USN: Communiqué de presse.

USNUnion pour le Salut National
Communiqué de presse

Après plus de quarante huit heures de garde à vue à la brigade criminelle, notre porte-parole Daher Ahmed Farah a été transferé pour la seconde fois à la prison civile de Gabode.

L’acharnement judiciaire et la répression quotidienne à l’encontre de nos militants et dirigeants démontre clairement l’obstination du pouvoir Djiboutien à vouloir  détourner le verdict des urnes.

Plus que jamais,  nous exigeons le respect du verdict des urnes et la liberté pour notre porte-parole Daher Ahmed Farah et tous les prisonniers politiques.

Ahmed Youssouf Houmed
Président de l’USN,
Djibouti, le 06 mars 2013

Les Djiboutiens élisent leurs députés, fraudes massives selon l’opposition

Les Djiboutiens élisent leurs députés, fraudes massives selon l’opposition

NAIROBI (© 2013 AFP) – L’opposition a dénoncé en soirée des fraudes massives lors des législatives de vendredi à Djibouti, lors desquelles elle présentait un rare front uni face à la coalition soutenant le président Ismaël Omar Guelleh, au pouvoir depuis 1999.

© AFP/Archives Simon Maina. Une liste électorale à Djibouti La fermeture des bureaux de vote, prévue à 18H00 locales (15H00 GMT), a été retardée d’une heure « par instructions données aux présidents des bureaux de vote », a dénoncé Daher Ahmed Farah, porte-parole de l’Union pour le Salut national (USN), coalition regroupant les principaux partis de l’opposition djiboutienne qui avait boycotté le scrutin précédent.

« En ce moment, à la faveur de la prolongation, les bourrages d’urnes s’accélèrent », a-t-il ajouté, joint depuis Nairobi à Djibouti-Ville, soulignant que les délégués de l’USN avaient été expulsés de plusieurs bureaux, notamment dans la capitale, où vivent les trois-quarts des habitants de Djibouti.

Il a également dénoncé plusieurs bourrages d’urnes à travers le pays.

Selon M. Farah, des membres de la Garde républicaine, unité de l’armée chargée notamment de la sécurité présidentielle, ont voté à plusieurs reprises dans divers bureaux de la ville, munis de fausses « ordonnances » (délivrées aux jeunes devenus majeurs après la clôture des listes électorales) ou des « ordres de mission » les autorisant à voter dans n’importe quel bureau.

« En ce moment, ils continuent de tourner », a-t-il affirmé peu avant la clôture du scrutin, marqué selon lui par une « forte participation et une forte mobilisation ».

Deux membres de l’USN, dont un candidat, ont également été arrêtés et retenus une heure par la police avant d’être relâchés, a-t-il ajouté.

Ces accusations n’ont pu être vérifiées de source indépendante et aucun responsable gouvernemental djiboutien n’était joignable à Djibouti.

Toute la journée, les communications ont été très difficiles, voire impossibles avec Djibouti, tant sur les téléphones portables que les lignes fixes, a constaté l’AFP depuis Nairobi.

« Ils ont coupé les réseaux téléphoniques », a affirmé depuis Paris à l’AFP Ahmed Hachin-Loita, porte-parole en Europe de l’Union pour la démocratie et la Justice (UDJ, opposition), membre de l’USN, qui n’a pu contacter des interlocuteurs à Djibouti-Ville qu’en fin d’après-midi.

Le vote s’est déroulé dans le calme, à l’exception d’un léger et bref incident, au cours duquel des pierres ont été lancées, a indiqué sur twitter l’Union pour la majorité présidentielle (UMP), coalition soutenant le président Guelleh.

Djibouti, petit pays d’environ 800.000 habitants, jouit d’une position très stratégique à l’entrée de la mer Rouge et abrite la plus importante base militaire française d’Afrique (environ 2.000 hommes) et la seule base militaire américaine du continent.

L’USN représente la plus sérieuse menace depuis dix ans pour l’UMP et le gouvernement du président Guelleh. L’UMP détient la totalité des 65 sièges du Parlement monocaméral depuis les législatives de 2008, boycottées par l’opposition qui avait dénoncé l’inéquité du mode de scrutin de liste à un tour.

L’élection de vendredi introduit pour la première fois une dose de 20% de proportionnelle.

Le président Guelleh – le deuxième seulement de l’histoire du pays depuis son indépendance en 1977 – a mis tout son poids dans la campagne, faisant valoir « qu’un président, pour exécuter son programme, avait besoin d’une majorité significative » au Parlement.

M. Guelleh, 65 ans, réélu pour cinq ans en avril 2011 pour un troisième mandat, lors d’une présidentielle aussi boycottée par l’opposition, a promis que ce mandat, obtenu après une révision de la Constitution, serait son dernier.