Je reviens en classe!

«Wax barashaadu,
Waa inoo wanaagee (BIS),
Walaalayaaloow,
Wada ogaadaa»

Ninkaan wax baaran,
Waajibka saaran (BIS),
Wanaajin maayee,
Wada ogaadaay (1)

Pour ne pas vous noyer dans les détails, chers lecteurs, permettez-moi de commencer cet article par la fin. J’ai une déclaration solennelle à faire: je reviens en classe! Sérieux. Je reviens en classe! Où ça, en classe?

Euh… (recherche). Bip! Bib! Biiip… (écho). Bon. Voilà : je reviens en classe d’abord dans les colonnes de Djiboutii.net et par la suite, pourquoi pas, à Damerjog ou ailleurs au pays, comme bénévole, si cela s’avère faisable. Non, je ne suis pas piqué par une mouche noire (2) ces bébittes (3) des forêts de cette région du Canada, ni ai inhalé des champignons hallucinogènes. Ce n’est donc pas un délire. Allow!

Et pourquoi donc?

Pour commencer un bref historique. L’idée de créer Djiboutii.net m’a été donnée en 2009 par plusieurs compatriotes dont des amis et de parfaits inconnus interpellés par mes tous premiers articles mis en ligne dans mon blog personnel (adresse URL: http://kulanbaded.blogspot.ca/). Il est important de signaler que beaucoup de choses séparaient ces compatriotes :

  • origine ethnique et/ou appartenance clanique,
  • pays de résidence
  • bagages académiques,
  • profession,
  • âge,
  • sexe,
  • etc.

Malgré ces différences (importantes pour quiconque œuvrant dans le domaines des sciences humaines) une chose était claire. Ces djiboutiennes et djiboutiens partageaient un grand dénominateur commun: le fait d’être djiboutien! Chose rarissime pour être soulignée de nos jours (et encourageante) ces gens (femmes, hommes, jeunes) n’avaient pas relégué aux oubliettes ce grand dénominateur commun et se considéraient avant tout, djiboutiens.

Bien sûr, cela ne voulait pas dire que ces gens voyaient tout d’un même œil et il serait illusoire de croire  que de sacrées divergences (souvent tues) ne se manifestaient pas de temps en temps, au grand jour. C’est pourquoi, depuis le début, ces divergences et les contradictions qu’elles pouvaient générer apparaissaient avec plus ou moins d’acuité dans la ligne éditoriale de Djiboutii.net.

Heureusement, malgré des lectures différentes de notre histoire passée et des divergences des fois importantes quand à notre avenir en tant que peuple souverain, ces gens manifestaient et partageaient avec moi une conviction profonde: quelqu’un, quelque part devait tenter de faire quelque chose.

Djiboutii.net (lire Djibouti eye dot net) est donc né de cette idée (et dans ces conditions à priori difficiles) dans le but d’ajouter un organe de presse indépendant dans le paysage médiatique national dominé par les médias politiquement très partisans. Des médias rares et, trop pro quelqu’un donc, par voie de conséquence, trop contre tous les autres. Il suffit de lire les coupures de cette presse «nationale» politiquement extrêmement alignée pour constater cela. Que chaque personne-parti ait sa presse maison pour distiller sa propagande (souvent haineuse envers les autres personnes-partis) n’est pas étonnant, c’est même la règle en politique! Mais ce qui est étonnant et inacceptable, c’est qu’il n’y ait personne d’autre pour entrer dans le débat.

Depuis sa création, fort de cette conviction, Djiboutii.net a tenté, tant bien que mal, d’ajouter à l’espace médiatique djiboutien «une autre voix pour les sans-voix». Nous avons tenté d’apporter un peu plus de couleur dans ce grand désert médiatique et d’enrichir le débat avec… plus ou moins de fortune, il faut le reconnaître.

Depuis sa création, Djiboutii.net a connu des moments de gloire. Il a même pu publier quelques primeurs et exclusivités. Il a, entre autre, couvert de A à Z le passage au Canada de Mahdi Ibrahim God (vice-président de l’ARD) et de Cassim Ahmed Dini.

Depuis sa création, Djiboutii.net a aussi connu de nombreuses interruptions. Les multiples causes de ces interruptions sont grosso modo de deux natures :

a) Sabotage par «l’establishment politique ».
Nous dérangions non seulement le pouvoir à Beit-el-Wali/Haramousse mais également la majorité de formations  »politique » de l’opposition dont les inamovibles leaders ne représentent en fait souvent qu’eux-mêmes et quelques proches. Flooding, spoofing, spamming, (4) arrestation de nos pigistes bénévoles, chantage etc. Nous en avions vu de toutes les couleurs.

b) Instabilité de la rédaction.
À maintes reprises, j’ai confié les clés de la rédaction à des bonnes volontés qui promettaient mais qui, dans les faits, n’ont pas fait long feu. Certains ont cédé au chantage, d’autres ont décidé de choisir entre des responsabilités professionnelles et familiales qui demandent de plus plus de temps et le bénévolat dans Djiboutii.net. C’est la vie et cela doit se comprendre, bien sûr. Djiboutii.net a aussi connu le passage opportuniste de certains individus qui ne voulaient que faire voir certains dossiers avant de retourner chacun à sa tanière. Nous avons aussi connu le passage de ceux qui ont été mandatés de nous saboter de l’intérieur. Nous en avons vu de toutes les couleurs, vous disais-je!

Résultat, à maintes reprises Djiboutii.net est resté silencieux pendant des semaines voire des mois. Aujourd’hui, encore une fois, la rédaction de Djiboutii.net est tristement déserte. Ça ne peut plus durer. Il faut faire quelque chose.  Maintenant.

Je reviens en classeEn ma qualité de fondateur de cet organe de presse et, après avoir mûrement réfléchi, j’ai décidé de changer définitivement, l’orientation de Djiboutii.net. Désormais plus de politique politicienne! La politique, ça divise. Ce travail sera laissé à ceux, celles qui sont légion et qui en font leur métier, même s’ils se battent, pour la plupart, pour une place autour de la grande mangeoire. Bonne chance Djibouti chérie. Jabuutaay Ilaahay ha kula jiro (5). Tu mérites beaucoup mieux que ceux qui se battent seulement pour une place de casho (6).

C’est décidé. Djiboutii.net sera désormais un portail internet au service de l’Éducation, la vulgarisation et le partage des connaissances et du savoir. Toutefois, pour des raisons pratiques, il sera encore silencieux quelques mois, le temps de réunir une petite équipe de passionnés pour mener à bien le projet.

C’est décidé. Je reviens à mes premiers amours d’enseignant (ce missionnaire contre l’ignorance). C’est décidé. Djiboutii.net et mon blog seront mis désormais au service de cette noble cause universelle. Je reviens à cet amour que j’ai contracté en tenue courte (de couleur vert-olive) et un petit cartable d’écolier sous le bras, quand je foulais pour la première fois la cour de l’École primaire du Stade, le 1er octobre 1967.

Cet amour et le rêve de marcher un jour sur les pas des «maîtres» qui officiaient en ce lieu magique et mythique dans mon imaginaire et dans l’imaginaire de bien d’autres petits garçons et petites filles des quartiers «autochtones» de ma génération, m’a toujours habité et m’habite toujours. Enfant, j’ai fait le vœux de sortir ma personne et mon entourage du ghetto des «quartiers». Le travail scolaire était la seule issue dans ce rêve et tout de suite, j’en avais fait mon seul allié. J’ai même obtenu quelques trophées comme celui d’être classé «premier du TFAI (7)» au concours d’entrée en sixième, session de mai 1973. Battre tous les petits «métro» (français métropolitains) dont certains fils des plus hauts dignitaires de la colonie et les fils de la nomenclatura autochtone de l’époque (qui se reconnaîtront)? Un véritable exploit pour un petit anonyme de Burca-Kibir (8)!

En 1977, à la fin de l’adolescence, j’ai donc fait vœux de vivre au milieu des miens. J’ai fait le vœux d’être soldat contre l’analphabétisme, l’obscurantisme, l’isolation et l’exclusion qui isolaient les masses. Mon rêve pouvait enfin se réaliser. Que demander de plus que de commencer d’officier comme Maître dans ce lieu magique qu’était l’école, tout étant un soutien économique nécessaire à ses parents? Que demander de plus que de donner une plus grande chance à ses plus jeunes frères et sœurs et toute la jeunesse du pays? Ni une, ni deux, je me suis embarqué en commençant « centimaître » (élève-instituteur).

Après deux années de «Cours Normal», j’ai débarqué en septembre 1979 à Damerjog avec le titre d’instituteur principal stagiaire et le grand sentiment de vivre enfin dans la peau du missionnaire. Les premiers jours de travail (et de vie) m’ont fourni la confirmation: là-bas, plus qu’en la ville pourtant toute proche,  l’enseignant pouvait vraiment faire la différence. Ces petits visages qui arrivaient chaque jour, disciplinés et reconnaissants, devant mes collègues et moi et qui nous confiaient leur destinée? Difficile d’être insensible. Et aujourd’hui, les  rencontrer adultes, 30 ans plus tard? Rien de plus gratifiant!

Cela dit, en m’embarquant dans l’activisme politique de ces dernières années (je n’ai jamais voulu ni tenté d’être politicien) je croyais juste prendre un raccourci pour continuer ma mission plus rapidement et plus efficacement). Je voulais juste influencer, le plus positivement possible, les coureurs politiques. Hélas.

Quels choix nous sont offerts? USN ou UMP ou encore les deux ensembles? Pour moi, comme pour bien d’autres djiboutiens, cela ne mérite pas un débat et ça sent le «baasta duuga / duuga baasta» (9). Je suis donc personnellement «tanné» (10) de la politique. Ce n’est plus pour moi.

Dans mon dernier article l’Alpha et l’Omerta, je pointais du doigt toute la classe politique djiboutienne et, l’histoire qui s’écrit devant nous me donne encore raison. Regardez «les négociations» entre le pouvoir et l’opposition. Regardez le match Dawaleh / Guédi. La table du cynisme est mise et l’opportunisme dépasse le seuil du paroxysme. Accuser Ismaël Omar Guelleh de tous les maux quand on n’attend que la première occasion pour doubler tout le monde et mêmes ses alliés (exemple : ces pauvres oulémas et intellos du MODEL utilisés pour surchauffer les foules (dans le but de pouvoir faire monter les enchères)) puis tenter de se négocier une petite place dans la cour du même Guelleh? Fort. Très fort. Plus cynique, tu meurs.

En bref, côté pouvoir comme côté «opposition», voilà tout ce que l’on nous sert après tant d’années de combat pour l’avènement d’une véritable démocratie. Car seule une véritable démocratie (un homme une voix (pour une personne et non une liste)) peut être garante du salut de notre pays et de toutes les composantes de sa population. Seule une véritable démocratie peut nous garantir le progrès social, la prospérité économique et le vivre-ensemble auxquels nous aspirons et que, nous méritons. Jabuutaay Ilaahay ha kula jiro. Bonne chance Djibouti!

Chers compatriotes, par la présente je ne renonce nullement à mon activisme social originel. Bien au contraire! Hélas, l’énergie et donc le pouvoir d’une personne humaine sont limités. Il faut faire des choix déchirants quand on ne peut répondre à tous les besoins. Je trouve qu’il y a assez de politiciens et d’aspirants pour la politique. J’ai donc décidé de réorienter mon combat (ou disons plutôt mon militantisme citoyen). J’ai décidé de revenir à mes premiers amours : l’école, la classe… un terrain laissé tristement désert. J’ai décidé de revenir en classe, là où je serai le plus utile pour les générations non seulement présentes et mais aussi, et surtout, futures!

Et, thanks God, cela est possible. Même si je suis loin du pays, heureusement, les nouvelles technologies peuvent nous affranchir des barrières de la distance et du temps. Dans ce projet, le pixel sera la craie et l’écran, le tableau.

Ma décision est donc prise: adieu politique et partisanerie, bons retrouvailles merveilleux du monde de l’Éducation. Bien sûr, ce nouveau projet a aussi besoin de têtes et de bras. C’est pourquoi toute personne désireuse de contribuer d’une quelconque façon est, et restera toujours, la bienvenue. Enseignants (ohé les anciens!), artistes, écrivains, sociologues, médecins, juristes… Vous êtes les bienvenus.

Pendant la durée du montage de ce projet, la rédaction de Djiboutii.net restera officiellement suspendue jusqu’à nouvel ordre mais mon blog sera toujours actif pour préparer le terrain à ce projet de retour en classe.

Un dernier point réconfortant à souligner. Même s’ils restent cachés dans le brouhaha des grands-parleurs-petits-faiseurs, il existe encore des djiboutiens qui livrent un travail acharné sur différents terrains et qui sont capables d’impressionner et d’inspirer. J’en ai rencontré plusieurs à Ottawa/Gatineau et dans le net (je ne les nommerai pas tout de suite). Parmi eux, un ancien collègue qui œuvre sans limite pour la sensibilisation à la préservation et à la protection de notre environnement naturel exceptionnel fragilisé par différents facteurs. Je ferais un dossier un dossier sur le bénévolat et l’engagement communautaire dans mon blog personnel ou dans la future école où j’entend officier de nouveau : Djiboutii.net.

Et le mot de la fin? Mon prochain article sera la publication des extraits d’une longue lettre que j’ai envoyé à qui de droit quand j’étais chef de la Cellule informatique de l’éducation nationale car le présent, c’est déjà passé.

À bientôt.

HASSAN A. ADEN
Hassan.aden@ncf.ca

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**** NOTES
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(1) Un hymne djiboutien pour l’Éducation. La troupe Carrey ou Gacan-Macan? J’ai oublié qui a chanté ce chant qui enhardissait les jeunes et les moins à fréquenter en masse l’école.

(2) Jabuutaay Ilaahay ha kula jiro (en langue somalie) est la première prière qui m’est passée dans la tête quand je créais l’en-tête du site Djiboutii.net et veut dire en gros : Djibouti, que Allah te vienne en aide.

(3) Bébittes désigne un insecte quelconque au Québec
source : http://fr.wiktionary.org/wiki/bibitte

(4) Prière de vous reporter à l’explication au sens de chacun de ces néologismes en  anglais en cliquant dessus.

(5) Casho littéralement dîner était le seul vrai repas servi dans le temps chez les nomades dont sont issus la grandes majorité des djiboutiens est de nos jours utilisé pour illustrer tous les biens bien acquis (souvent mal) grâce au pouvoir.

(6) TFAI (ou Territoire Français des Afars et des Issas): nom de pays entre 1967 et 1977. Voici plus d’infos à ce sujet : http://fr.wikipedia.org/wiki/TFAI

(7) Burca-Kibir (Bura-kibir) Nom populaire donné au Quartier 7. Les premières constructions de ce quartier ont été érigées à la fin des années 50 sur les dunes (burco, en langue somalie) qui formaient la limite sud de la ville de Djibouti à l’époque. Le mot kibir (orgueil, en langue somalie) fait sans doute référence aux petits fonctionnaires et soldats de la colonie qui formaient les premiers propriétaires de premières constructions en planches de bois finies de toile de jute blanchie à la chaux le tout sous une toiture de tôle ondulée scintillante les premières semaines. Ces constructions «modernes» «regardaient d’en haut» (contrastaient avec) les huttes construites en branchages et autres matériaux de récupération par le plus pauvres.

(8) Être tanné: Outre ses significations d’usage, cet adjectif qualifie au Québec un état d’exaspération limite : en avoir marre (ex : être tanné c’est être exaspéré au possible).
Source : http://www.dictionnaire-quebecois.com/definitions-t.html

(9) «Baasta duuga / duuga baasta» littéralement spaghetti + sauce / sauce + spaghetti est un satire emprunté à Salem Zeid. Même les vidéos de son humour caustique circulent en grand nombre sur Youtube, bien peu de choses ont été écrites sur ce grand artiste djiboutien. Puisse Allah le loger à Janat-al-Firdaus. J’ai retrouvé ce message publié à sa mort dans les colonnes de La Nation (voix du gouvernement de Djibuti):

Djibouti – 30/07/2009 -
Le comédien Salem Zeid dit Hanjo bouf est décédé ce jeudi à l’hôpital Peltier, à l’âge de 61 ans, des suites d’une longue maladie.

Humoriste, parolier et interprète, Salem Zeid était l’une des figures marquantes de la vie culturelle djiboutienne.

Le regretté défunt, qui avait commencé très tôt sa carrière d’artiste, n’a cessé de s’illustrer dans ses nombreux rôles au théâtre national, toutes langues confondues.

Apprécié pour ses calembours et ses blagues parfois satiriques, Salem Zeid était un artiste hors-pair dont la disparition constitue une perte immense et irréparable pour le milieu culturel du pays. Il laisse derrière lui une épouse, huit enfants et de nombreux petits-enfants.

Aussitôt après l’annonce de sa mort, le ministre de la communication et de la culture, chargé des postes et des télécommunications, M. Ali Abdi Farah, a présenté ses condoléances les plus attristées à la famille de l’illustre disparu.

Source ADI

De plus, voici une vidéo mettant en vedette Salem Zeid et d’autres stars dont Gafaneh (AHUN)…

(10) La mouche noire est un insecte à la piqure très désagreable qui risque de désorienter certaines proies comme les chevreuils. Le lien suivant donne plus d’infos : http://sciencepourlepublic.ca/fr/feature/past-features.aspx?id=32

NEGOCIATEURS OU NEGOCIANTS?

cassim a dini1ère partie:
le naufrageur (de l’ARD) peut-il être le sauveteur (du pays)?

admol toome kabella ansarradal ma taysa (Sandale mal tannée ne s’améliore pas en glissant)

Quand une négociation s’engage, il y a tout d’abord le choix des négociateurs, puis ce qui peut être négocié. Ici, le régime délègue qui il veut et l’autre partie n’a aucun droit de regard. De plus, le régime est même en mesure de choisir les interlocuteurs qu’il veut: c’est déjà fait avec l’emprisonnement de ceux qu’il craint vraiment et l’acceptation que leur libération ne soit pas une condition préalable au dialogue. Tout est dans ce rapport de force. Donc, l’UMP va uniquement discuter avec ceux qu’elle estime remplir les conditions de «sa» légalité, même pas les dix députés auxquels elle reconnait une place au soleil. Comme ce n’est pas avec eux qu’il y a contentieux, les négociations auront lieu avec les trois partis légalisés au nom desquels le dépôt de candidature de la liste USN a eu lieu : ARD, PDD et UDJ. Selon son humeur, le chef de l’Etat, en définitive chef suprême de tous les partis politiques, peut accepter ou pas la présence du CDU. Dans toutes les configurations, c’est l’ARD qui jouera la locomotive : voyons donc ce que cette machine a dans le ventre. «La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas»: cette aphorisme de Paul Valéry vaut aussi pour la politique djiboutienne. Afin de mieux saisir ce qui peut sérieusement être attendu de ce dialogue, il serait peut-être temps d’évoquer quelques petits secrets qu’UMP et USN connaissent ensemble et cachent ensemble.

Au début de la campagne électorale, le président du MoDel avait avancé une proposition, évidente mais révolutionnaire : un brassage ethnique des délégués de l’opposition dans chaque bureau de vote ; chaque formation étant invitée à présenter son quota. A l’heure des derniers préparatifs, il s’est trouvé que l’ARD n’avait aucun délégué à présenter dans la circonscription électorale de Djibouti-ville. C’est ainsi que, par exemple, pratiquement aucun cadre ou militant ARD n’était présent dans les bureaux de vote d’Arhiba: «l’USN ne vous fait pas confiance», aurait-on même dit à certains. En fait, l’ARD ne pouvait proposer de délégué pour une raison simple : la Direction n’a consulté personne avant de s’engager dans ces élections et a même refusé de se présenter à quatre réunions spécialement organisées pour lui demander des explications. Imaginez alors l’humiliation ressentie par ses militants empêchés de participer au contrôle des bureaux de vote de leur propre quartier!

Par contre, l’ARD avait le monopole du choix des délégués pour les districts d’Obock et de Tadjourah mais, là encore, catastrophe. Ainsi, le jour J, aucun délégué dans les bureaux de vote de la ville d’Obock n’avait le document officiel l’autorisant à surveiller le déroulement du scrutin : ils furent tout simplement refoulés ! UMP et USN cachent bien ce premier secret : il ne peut y avoir aucun contentieux électoral sérieux à Obock puisque l’USN s’y est sabotée elle-même ; les délégués de l’opposition n’ayant aucun document officiel attestant de leur qualité. Et ne parlons même pas des bureaux de vote à l’intérieur des districts : aucun délégué n’y fut même envoyé ; et ce n’était pas un problème de logistique puisque de l’argent, il y en avait. Incompétence de représentants de l’ARD au sein de l’USN (président et vice-président)? Comme pour le régime, il ne serait pas étonnant que l’incompétence ne soit nullement sanctionnée, mais il s’agit véritablement de sabotage et de trahison. Ainsi, pour Tadjourah, il a pratiquement fallu une dispute sanglante pour que le vice-président de l’ARD accepte de remettre (au dernier moment) les documents officiels aux délégués de l’opposition dans ce district où le désastre n’a pu être évité que grâce à l’action décisive de M. Youssouf Ambassa et de son équipe. Donc, comme si les habitants de ces districts n’étaient que des citoyens de seconde catégorie, il n’a pas été jugé utile au sein de l’USN de dénoncer cette trahison et de remettre en cause la crédibilité de ses Afars de service.

Après le hold-up prévisible et la répression sauvage contre les premières manifestations, l’USN a tenu une réunion stratégique au cours de laquelle constat a été établi que la communauté afare et spécialement Arhiba, ne participaient pas au soulèvement. Les leaders afars (toutes formations confondues) de l’USN ont donc été invités à se rendre à Arhiba début mars pour mobiliser cette communauté, même pas pour comprendre les raisons de ses réticences. Le catéchisme révolutionnaire censé ramener l’éternelle victime dans le droit chemin fut prononcé dans une annexe de l’ARD pleine à craquer : « Vous les Afars, hier vous êtes restés à l’écart de l’Indépendance ; aujourd’hui vous êtes à l’écart de la Démocratie. Ne ratez pas l’Histoire par votre ignorance! Rejoignez la contestation avec l’USN ». Calmement, les orateurs désignés par les militants venus de toutes les annexes du pays leur répondirent ceci :

  1. «Les Afars ne sont pas restés à l’écart de l’Indépendance, mais ils n’ont pas pu en profiter (à cause de l’antisomalisme de l’UNI d’Ahmed Youssouf et du MPL d’Abbatté et d’Adan Batan)  ;
  2. Nous, militants de l’ARD, n’avons pas été consultés à propos de ces élections: candidats suppléants ont été choisis sur des bases claniques ou familiales ; c’est aujourd’hui seulement que l’USN daigne réellement prendre contact avec nous et nous témoigner du respect, que nous avons vainement attendu de nos dirigeants ;
  3. Nous, militants de l’ARD, estimons donc ne pas avoir de dirigeants dignes de ce nom et demandons la tenue d’urgence d’un Congrès pour choisir une nouvelle Direction. Le président de l’ARD que voici et son vice-président que voilà sont des irresponsables qui ont divisé le Parti par leurs mensonges et leur zizanie ». Il est vrai que les charges étaient particulièrement lourdes contre le vice-président de l’ARD, auquel est même reproché, preuves à l’appui, un juteux trafic de cartes de militant, vendues 10.000 Fd pièce à des candidats à l’exil, étrangers au parti!

Donc, deuxième secret jalousement gardé par l’UMP (puisque de toute évidence l’ARD est un parti infiltré au plus haut niveau) et l’USN : les dirigeants de l’ARD au sein de l’USN sont illégitimes et illégaux dans leur propre parti ; ils ne représentent qu’eux-mêmes, incapables de mobiliser à cause de leurs malversations.

De tout ce qui précède, deux constats s’imposent :

  1. Les responsables de l’ARD, qui vont négocier avec le régime, ont trahi leurs propres militants, affaibli le parti en divisant ses membres sur des bases claniques (prochaine grande maladie qui risque d’emporter ce parti immunodéficient) ou de proximité amicale ;
  2. Des négociateurs qui représentent si peu au sein de leur communauté, dotés de si peu de ressources politiques, ne peuvent être véritablement pris au sérieux par le régime. Lequel, trop heureux de trouver en face de lui des adeptes des coquilles vides, semble se dire « il faut sauver le soldat dankali … » ;

D’où la seule question qui vaille: celui qui a été le naufrageur de son propre parti peut-il être le sauveur de toute la Nation à travers des négociations avec ce régime? Autrement dit, ceux qui ont détruit l’ARD et sa crédibilité pour quelques sièges de députés peuvent-ils négocier sur les grands principes de moralité et les idéaux républicains qui ont donné ce souffle à l’USN?

A chacun de juger! Deuxième partie : les négociateurs côté régime, qui oscillent entre l’autisme et le hooliganisme.

Cassim A. Dini

Courrier des lecteurs.

CourrierÀ Djibouti, les jours se suivent et se ressemblent depuis les dernières élections. Le régime continue sa répression, une partie de l’opposition réunie sous la bannière USN (Union pour le Salut National) se fait du capital politique sur le dos des oulémas comme Béchir, God et Maidal, des leaders politiques comme Daher Ahmed Farah et des simples citoyens emprisonnés ou harcelés.

En tout cas, c’est la substance du courrier des lecteurs suivant que nous publions in-extenso. À souligner que l’auteur du courrier Hamdi Y. Warsama a une opinion très tranchée qui n’est pas forcément celle de la rédaction de Djiboutii.net. À lire avec les précautions d’usage.

Rien ne sera plus comme avant.

Il y a quelques jours un ami me demandait: «Toi qui étais toujours un opposant, pourquoi on ne te voit jamais aux manifestations? Pourquoi ne rejoins –tu pas l’USN? »
Je lui ai répondu par la fameuse citation somalienne: «Un ânon semble  plus beau que ses parents à sa naissance, mais deux après ce n’est qu’un âne.» A-t-il compris? Je n’en sais rien mais j’ai décidé de livrer le fond de ma pensée. L’USN est une coalition réunissant le Model, le PND, le MRD, l’ARD, Boreh et l’UDJ en gros.

Le Model

Rejoindre le MODEL m’aurait tenté même si je n’adhère pas aux idées des frères musulmans.  Avec eux, beaucoup de problèmes auraient été résolus et en premier lieu la peste tribale. Mais le simple fait qu’ils se sont mis avec l’USN m’a fait reculer. Faut s’associer au Diable pour arriver à ses fins? Je laisse les philosophes y répondre, pour ma part je vais vous livrer leurs colistiers.

Le PND

A tout seigneur, tout honneur, je vais commencer par Aden Robleh Awaleh (ARA) qui depuis 49 ans ne fait que trahir et pourtant il a toujours des clients. On ne le met pas en quarantaine. Ça ne fait c’est notre fils qui s’est trompé encore une fois. Quand  hier, Janaaleh (qu’Allah l’accueille dans son paradis) lui avait tiré dessus pour le tuer, s’il avait réussi il y aurait un crabe de moins et je n’ai pas parlé de son côté haineux et incitateur à la discorde.

BOREH

Ensuite vient Boreh. Vous êtes-vous demandé qui est Boreh? N’est-il pas l’associé du grand Parrain de la Cosa Nostra djiboutienne? N’est-il pas celui qui nous a détroussés. Celui qui, non content de dévaliser le pays, a ajouté l’insulte à l’injure en nous traitant des fainéants qui ne veulent pas travailler, nous privant ainsi des miettes. Oui, il est le frère, l’ami intime, l’égal  d’IOG.

Un proverbe somali dit : « Labada Adamaha u heshisey, dar Allah u colobaan.» (Ceux qui se liguent contre les pauvres gens finissent par s’entretuer.) Quand ils se sont disputés sur le partage et qu’IOG a eu le dessus, il se trouve une âme patriotique et veut chasser IOG pour venir au secours des pauvres djiboutiens. Y croyez-vous?

Où est-ce simplement pour prendre la place d’IOG et mieux nous extorquer ?
Mais ce qui m’étonne ne sont ni ARA, ni Boreh, mais c’est ceux qui les soutiennent, ceux qui les suivent. Est-ce simplement parce que c’est un membre de la tribu? Wow!

L’ARD

L’ARD de Ahmed Youssouf est un parti qui ne veut pas prendre le pouvoir mais être éternel second avec le principe d’un partage Issa-Afar. Le fameux 50/50 sur tout, de la femme de ménage au ministre. Je serai d’accord qu’il ait une certaine parité, une accommodation raisonnable entre Afar, Arabe et Somali, mais que ceci s’arrête au recrutement et que le meilleur soit placé pour le bien-être du pays.   L’ARD ne me dit RIEN n’étant ni Afar, ni Issa.

Le MRD. (ex PRD)

C’est le parti auquel j’ai adhéré il y a 20ans parce qu’il symbolisait le changement et l’avenir auquel j’aspirais. Malheureusement, le parti de feu Mohamed Djama Elabé (Que Le Tout Puissant l’accueille dans son paradis) a été dénaturé par son clan, les Fourlabas, en faisant de ce parti ouvert comme il l’a voulu, un parti fermé.

Hier, quand je militais au sein du PRD, je savais qu’Elabé était un Fourlaba, mais il s’était élevé au-dessus du lot en devenant DJIBOUTIEN. Quand son Seigneur l’a rappelé, normalement son vice-président devait lui succéder, mais manque de pot il est Afar. Ainsi depuis 20 ans, Haissama et Souleiman restent éternels  vice-présidents, acceptant maintenant pour la énième fois comme chef le jeune DAF (même si c’est quelqu’un que je respecte beaucoup) simplement parce qu’il est fourlaba.

L’UDJ

Enfin j’ai gardé le meilleur pour la fin, c’est-à-dire Ismaël Guedi Hared, mais pour vous parler ce grand homme, permettez-moi de remonter le temps. En 1976, Adolf H. Gouled qui a toujours été un anti-indépendantiste a reçu de la France l’ordre de changer son parti, la Ligue Populaire Africaine (LPA) en LPAI (pour l’indépendance). La France l’a choisi au détriment des autres indépendantistes pur et dur  parce qu’il était celui qui exécuterait le mieux leur dessein. Faire de Djibouti une république associée à la France.

Malgré son lourd passé et avide d’être indépendant, les Djiboutiens le proclamèrent Père de la Nation.

Au lendemain de l’indépendance, Adolf H. Gouled rejette ce titre Noble et choisit d’être le Père d’une tribu. Il décidât de proclamer la supériorité de la tribu Issa. Pour mener à bien son dessein, il choisit nul autre que Heinrich Himmler alias Ismaël Guedi Hared président de l’UDJ et président de l’assemblée. Farouche partisan de la solution finale pour nettoyer Djibouti des parasites,  (comprendre tout ce qui n’est pas Issa) Himmler disait: «Pas de génocide, le monde peut nous voir, simplement leur interdire l’accès au travail, d’eux-mêmes ils partiront.» Ainsi l’accès au travail devint difficile aux autres et ceux qui y étaient subissaient humiliation sur humiliation.

Un cas concret, Saïd Ahmed Awaleh (frère ainé de l’actuel ministre de l’Agriculture)  fut le premier inspecteur des douanes en 1975, sous l’occupation, et après l’indépendance devint sous-directeur. Les directeurs se succédèrent jusqu’au jour où le dernier ayant pris sa retraite, la rumeur courait que le futur directeur allait finir ses études en juin. Et effectivement, un jeune de l’âge de son fils, fraichement sorti d’une université française fut engagé. Mr Saïd, qui était par intérim, lui enseignât le b-a du métier pendant 6 mois et le jeune fut nommé Directeur.  Suivre cet homme pour qu’il finisse le travail commencé, non merci.

L’UMP

Tout le monde connait IOG et l’UMP, je vais juste ajouter mon point de vue. IOG et l’UMP, pour moi c’est un clan, le clan des SICILIENS,  avec le parrain à leur tête à qui ils doivent allégeance et soumission. Ils n’ont qu’un seul intérêt, celui de se remplir les poches et en premier lieu celles du parrain (IOG) et le jour où tout éclatera, ils ont assez d’argent pour pouvoir vivre hors du pays. Mais contrairement à Himmler, c’est un parti ouvert. Je ne pourrai jamais être Issa, par contre, on peut devenir Mafioso même si personnellement, j’aurai trop de scrupules, d’autres ont pu. Ainsi aujourd’hui, on voit des non Issas, faire la pluie et le beau temps dépendamment de leur place dans la hiérarchie mafieuse, un temps ensoleillé, partiellement nuageux ou orageux.

La SOLUTION

Je comprends que beaucoup d’Issas aimerait retrouver ce temps faste pour eux, mais ô  combien difficile pour nous autres. Il faut savoir qu’il ne peut y avoir une justice ou une démocratie inter Issa.

Ils doivent choisir entre la dictature d’IOG ou la Démocratie et la Justice pour tous.
S’ils choisissent de retrouver la suprématie des Issas, il faut garder la dictature et aussi admettre que les Mamasans soient la crème des Issas. S’ils optent pour la dernière, j’aimerais leur dire que, PLUS RIEN NE SERA COMME AVANT, car qui dit multipartisme dit accès aux urnes et nous saurons choisir celui qui remplira nos conditions. Justice, Démocratie.

Ou pourquoi pas un Président ni ISSA ni AFAR, mais simplement DJIBOUTIEN.

Hamdi Y. Warsama

ODDH: COMMUNIQUE DE PRESSE

ODDH logoCommuniqué de presse:
Les visites aux familles des détenus devenues une infraction …
Djibouti, le 6 juin 2013

Pour marquer le 100ème jour de détention arbitraire de 3 cheiks et leaders de l’USN, il a été décidé de rendre visite aux familles respectives de Barkat, Bachir et Guirreh, le mardi 4 juin 2013. Cet acte citoyen a été interprété comme une rébellion. Une fois encore la police est venue avec son armada de voitures antiémeute à proximité des domiciles des 3 cheiks et leaders, empêchée les citoyens de rendre visite aux familles. Rendre visite aux familles des 3 cheiks et leaders de l’USN est-il un délit puni par le code pénal?

Comme d’habitude il y a eu des arrestations encore et toujours. En effet, en marge de cette journée, la police a procédé un certain nombre d’arrestations des simples citoyens (étudiants, membres dune même famille, …), des militants voire des responsables de l’USN. La coalition de l’opposition, l’USN nous a transmis la liste des personnes arrêtées surtout dans la commune de Balballa ce mardi 4 juin dont certaines ont été victimes des violences policières. Il s’agit de Nasser Ibrahim Bouh, Zahra Ibrahim Bouh, Amin Ibrahim Bouh, Mariam Youssouf Rayaleh, Abdourahman Moussa Dabar, Sahal Moussa Dabar, Nasridine Ibrahim Ahmed, Abass Guedi Hared, Mohamed Ebo Omar, Anissa Goumaneh Guelleh, Abdoulaziz Abdillahi Goulal, Guelleh Omar Arreh, Abdallah Habib Bourhan ainsi que les frères Radwan, Djama et Kadir Ibrahim Rayaleh et leur mère Amina Djama Ibrahim arrêtés à la place de leur frère Abdourazak Ibrahim Rayaleh qui est activement recherché.

D’autre part, Souleiman Ibrahim Okieh arrêté le vendredi 31 mai 2013 par la police de Balbala, a été placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de Gabode, en même temps que le président du MoDeL et membre de la direction de l’USN, Sougueh Ahmed Robleh.

L’ODDH exprime son inquiétude face à la brutalité policière de ces derniers temps dont sont victimes les opposants et les simples citoyens.

L’ODDH dénonce et condamne la poursuite de la politique de la répression dont sont victimes les opposants.

L’ODDH appelle au pouvoir public à la libération de tous les prisonniers politiques, au rétablissement de la légalité constitutionnelle par une solution négociée et à l’ouverture d’un dialogue politique dans les meilleurs délais pour sortir de la crise actuelle.

Agir pour la démocratie, la dignité et la justice.

Le Président de l’ODDH
Farah Abdillahi Miguil

Me Aref: Caniche de la dictature ou bouffon écervelé?

CourrierCet  article nous a été envoyé par un lecteur du nom de Mohamed Qayaad. Son contenu n’engage aucunement la redaction de  Djiboutii.net.

L’ambition fait accepter à certains hommes ( ou qui pensent l’être ) les attitudes les plus lâches et les gestes les plus vils, c’est ainsi qu’ils espèrent gravir les marches de la vie de la même manière que l’on rampe, sans dignité aucune. La chambre de Me Aref frappe par son dépouillement. C’est là qu’il dort ou se repose.

A présent, il s’ennuie. Sa défense me paraît fade, insupportable somme toute. Un Aref démodé, décadent, qui n’étonne plus, poseur mondain, un apprenti sorcier ampoulé. Peut-être. Le style? Trop limpide pour faire date, bon pour les manuels scolaires. Il s’affiche avec force comme différent, par son comportement, sa manie. Il fut fréquemment ridiculisé, montré du doigt par son ex- bourreau IOG. Il est pour lui-même son principal centre d’intérêt et il ne s’aime pas. Lui qui dit ne pas s’aimer ne fuit jamais l’objectif, dans toutes les tenues, avec ou le regard au loin, badin ou sévère. Qu’est-ce qui le (Me Aref) fait le plus peur? Les chiffres ou la réalité d’actes jusqu’alors cachés car trop honteux à dévoiler ou à reconnaître? Depuis que le silence s’est levé sur l’horreur de ces agressions sur le porte parole de l’USN Daher Ahmed Farah “DAF”, le nombre de cas révélés par les écrits de la presse internationale ne cesse d’augmenter. Il a bien du mal à faire taire ce qui risque d’entacher son honorabilité et sa crédibilité. Avez-vous réfléchi au pourquoi un agresseur choisissait telle victime plutôt que telle autre? Avez-vous remarqué que souvent ces mercenaires (Elmi Jees, Abdillahi Abdi , Hassan Said et leur commanditaire IOG. ) rejouaient avec leur victime la même scène qu’eux-mêmes, enfants, ils avaient subie? Est-il acceptable de penser qu’un agresseur puisse attendre de sa victime le « NON » qu’il n’a jamais pu dire, dans le même contexte de violence? En tout cas, ce ne sera jamais à l’aide de chiffres et de statistiques que la problématique d ‘Aref se résoudra. C’est vraiment scandaleux. Me Aref est à blâmer pour sa négligence et son irresponsabilité est la cause principale de la recherche du mensonge.De même, on note une plus grande « agressivité » chez lui que chez ses détracteurs: et pour cause, il a besoin d’en montrer bien plus qu’eux, pour oser être un intellectuel terroriste – outre le fait qu’à comportement agressif égal, si l’on peut dire, un homme passe pour un furieux là où une femme est vue comme dynamique et entreprenante. Il y avait là de quoi choquer plus d’un bien-pensant.

Au contraire, il fut honoré, respecté, décoré, comme protégé par son pseudonyme magique.Au-delà des frasques mercantiles de Me Aref, la question est donc d’interroger, dans son combat d’arrière-garde, la part de l’authentique et de l’inexorable. Un vieux pitre délabré absent de lui-même et qu’on roule à son tour dans la farine comme il en a fourni lui-même la recette. Tous (les djiboutiens (nes)) ont leur part dans la farce macabre de ces derniers jours. On spécule sur ses nombreux revirements testamentaires.

D’après ses interventions sur la RTD, Me Aref n’est déjà qu’un fantoche bien avant de devenir malade, produit mécaniquement des autopastiches lucratifs, mais ne crée plus, n’invente plus, ne fait que se maintenir à peu près à la hauteur clownesque où il s’est hissé publiquement. Aussi bien qu’il répète sur RTD, avec cette diction caricaturale devenue un poncif pour ses imitateurs: « Je suis fou d’IOG !  » Pourquoi pas? Il a écrit de nombreux et fumeux ébats devant des auditoires épatés d’avance, venus voir le maniaque narcissique grisonnant faire son numéro sur le bizarre à la portée de tous, prestations pour lesquelles il prend soin de chausser des chaussures trop petites qui le meurtrissent (« Dans mon cas personnel, la souffrance physique [comme le mal de dents] accroît et fortifie la manie oratoire »). Et alors? A qui la faute, à Aref ou à l’époque? Une grande opération alchimique s’est réalisée, certes, mais dans quel sens? Car il y eut un temps de prodiges pour lui, sans quoi on n’en parlerait même plus. Je veux me prouver que je ne suis pas le Me Aref mort, mais le vivant. Comme dans le mythe de Castor et Pollux: en tuant mon ex-bourreau, j’ai gagné pour moi l’immortalité », écrit-il. Sa phobie de la vérité devient préoccupante, un motif de raillerie pour ses condisciples. C’est la période où il élabore sa théorie « paranoïaque-critique », qu’il définit comme une « méthode spontanée de connaissance irrationnelle, basée sur l’association interprétation-critique des phénomènes délirants ». Son combat d’arrière-garde découle de cette méthode, exprimant son architecture de fantasmes et de phobies sur le mode d’un rébus d’images librement associées, avec un soin du détail, une application dans le trompe-l’œil, qui rassurent les collectionneurs les moins aventureux. On peut détester Me Aref. Mais qu’on le veuille ou non, on ne peut plus imaginer le visage et les couleurs de Djibouti sans lui. Il abandonne la réalité pour la fiction, pour glisser vers le style de vie artificiel, il était prévisible que les esthétiques fusionnent. Au détriment de qui? De l’art, qui devient « la simple scène du spectacle ».

Faute de pouvoir être, le paraître fait bien l’affaire! Aref symbole et martyr d’une expérience étrange, unique, poursuivie avec une opiniâtreté folle ou géniale. D’une extravagance inspirant un mepris mêlé d’effroi. On connaît les abîmes qui succèdent à de tels envols : quand sa réplique paraît dans l’indifférence générale, il en fait une maladie nerveuse qu’on prend pour une rougeole. De cet éblouissement, il ne se relèvera pas, cherchant jusqu’à sa mort à la retrouver, en vain. Aref ne cessera plus de convaincre, sans jamais rencontrer le succès. La tentation du suicide le presse, à la mesure de la déception de sa vie virtuelle. Décidé à quitter la scène politique djiboutienne, il part pour une destination inconnue. Depuis des jours, il se drogue aux barbituriques, dont il avale des quantités excessives, dans l’espoir de retrouver, sa gloire perdue. Les djiboutiens feignent de ne pas s’en étonner. Ils sont habitués aux frasques d’Aref, en ont déjà vu d’autres. Sans doute lui sont-ils aussi reconnaissants d’aérer de ses caprices spectaculaires le conformisme de leurs propres vies. De quoi frapper les imaginations et laisser de longs souvenirs. Aref se trouve, dans le même état de perdition humaine, peut-être à peine plus désespéré, et ne trouve pour satisfaire son besoin de reconnaissance que le recours à la folie meurtrière. Une autre façon de faire parler de soi et de se retrouver à la une de la presse internationale. ll me paraît évident qu’il s’est volontairement précipité dans cette mascarade confondant l’estime de soi avec l’estimation de soi. Il y a donc méprise. Il ne s’agit plus de l’être humain et de sa dignité, mais d’une mise aux enchères de personnes en tant qu’objets exposés avant la vente. Ce chaos, personne ou presque jusqu’ici ne voulait le nommer, de peur peut-être, d’être accusé d’obsolescence. À présent, on peut le dire: « Le roi est nu ! ». (Et il faut une grande malhonnêteté intellectuelle pour prétendre le contraire). Liberté, que de crimes nous commettons en ton nom !Je pourrais poursuivre la litanie, elle est accablante.

Mais cela suffit. Doit-on, par tant, s’étonner si Aref, en particulier, comme les Djiboutiens en général, ont le sentiment que Mohamed Qayaad est fort mal placé pour arbitrer entre les deux parties? Qu’est-ce que c’est que ce pouvoir mortifère qui se complaît dans les assassinats des djiboutiens(nes) et, qui justifie l’inacceptable jour après jour avec une outrecuidance criminelle et qui a l’infâme arrogance de nous traiter de je sais quoi quand on ose timidement protester contre cette conduite indigne? Qu’est-ce que c’est que ce Aref hypocrite qui manie avec tant de virtuosité le bouclier de l’anti-Moi quand on veut juste lui rappeler que depuis quelques jours, il reproduit à dose homéopathique l’horrible injustice dont il a souffert? Je suis farouchement anti-Aref. Je ne suis en rien anti-Moi. Selon les dires de Me Aref, DAF sera assassiné par ses clients ripoux. Ainsi, de deux choses l’une : ou bien Aref veut diaboliser DAF, ou bien, d’une façon plus sinistre encore, Aref a-t-il eu une sorte de lapsus freudien, trahissant par là le fait qu’il est parfaitement au courant des circonstances de la mort probable de Daher Ahmed Farah. Chose inacceptable et condamnable!

Ces propos sont scandaleux! Car il est impensable aujourd’hui qu’un juriste puisse lancer un appel au meurtre.Question fondamentale, non pas pour pleurer sur nous-mêmes, mais pour trouver le moyen de sortir de ce monde absurde que nous avons engendré. Peut-être devrions-nous nous réjouir de voir Me Aref, somme toute relativement inoffensif, offrir une échappatoire ludique au sentiment d’insignifiance éprouvé par la jeunesse moderne. Car n’est-ce pas l’indécence suprême, à l’heure où se jouent tant de drames humains à travers la planète. Car tout ceci est ridiculement marginal, terriblement dérisoire, et sans la moindre importance humaine ou culturelle. Cette célébrité de pacotille où l’insignifiance intellectuelle le dispute à l’égotisme le plus débridé ne changera pas la face du monde, et ne laissera fort heureusement aucune trace dans l’histoire.

Mohamed Qayaad

Les djiboutiens d’Ottawa manifestent

acsaomanif27avr2013pic1_smallComme prévu, ce samedi 27 avril 2013, les djiboutiens d’Ottawa se sont rassemblés devant la flamme du centenaire de la colline du parlement du Canada. Ils se sont réunis manifester leur soutient aux dizaines de leaders politiques et aux centaines de simples citoyens emprisonnés depuis le hold-up électoral du 22 février 2013.

Ont participé à la manif (qui s’est déroulée dans l’ordre et la discipline, des jeunes, des moins jeunes, des hommes, des femmes, des enfants… Ils étaient là pour dénoncer le régime stalinien de Ismaël Omar Guelleh (IOG) et, pour rappeler leurs responsabilités aux leaders du monde libre car la situation.

À Djiboutii.net, une fois n’est pas coutume,  nous joignons à ces frères et soeurs. Nous disons non aux arrestations arbitraires, nous disons non au vol de la voix des urnes. Le combat de l’opposition (pluriel) au régime vieux de 36 ans qui saigne à blanc Djibouti, notre pays, est juste. IOG doit emprunter la même route que Moubarak, Ben Ali, etc.

Nous avons créé un album photo de cet événement que nous vous invitons à partager avec nous.

Faut arrêter les exactions à Djibouti.

GuellehCe samedi, les djiboutiens d’Ottawa se rassembleront devant la flamme du centenaire devant le parlement du Canada puis, devant l’ambassade des États-Unis d’Amérique de la rue Sussex pour soutenir les dizaines de leaders politiques et les centaines de simples citoyens emprisonnés depuis le hold-up électoral du 22 février 2013.  Les djiboutiens se rassembleront pour dénoncer le régime stalinien de Ismaël Omar Guelleh (IOG) et, pour rappeler leurs responsabilités aux leaders du monde libre car la situation qui prévaut à Djibouti ne doit laisser personne indifférent.

En effet, depuis le hold-up des dernières élections législatives, les manifestations populaires sont quasi-quotidiennes et le régime d’IOG, comme à l’accoutumée, règle le problème par la violence et la terreur.

Plusieurs exécutions extra judiciaires et des tirs à balles réelles sur des manifestants sans armes ont été signalées plusieurs fois et filmées. Les arrestations et les enlèvements touchant les leaders politiques et les tortures physiques ne se comptent plus. Tout cela a été dénoncé par les djiboutiens et par plusieurs média et organismes indépendants. Mais le régime en place depuis l’indépendance de 1977, lui, n’en fait qu’à sa tête.

J’écris ce court message parce que je ne serais pas de la manif. Je suis en déplacement dans la région de la ville de Québec.

Par ce court message je manifeste ma solidarité pleine et entière à toutes les victimes de l’arbitraire et toutes les personnes injustement détenues dans la sordide prison surpeuplée de Gabode. J’exprime ma solidarité à mon ami Daher Ahmed Farah. J’exprime ma solidarité à Abdourahman Barkat God, à Abourahman Bachir.

Par ce court message, j’exprime ma solidarité à tous les autres dignes djiboutiennes et djiboutiens qui croupissent sans procès dans les commissariats de police, les brigades de gendarmerie ou le sinistre «Centre de Transit» de Nagad pour avoir simplement exprimé leur opinion.

Par ce court message, je dénonce l’arrestation de Faissal Mohamed Hadi et l’intimidation de la famille du grand syndicaliste Farah Abdillahi Miguil (qui était à l’étranger au moment de la «descente»).

Quel homme saint d’esprit va terroriser une mère et ses enfants? C’est clair, IOG n’est plus saint d’esprit. Il vient de démontrer cela pour la énième fois. Quand le pays est endeuillé par de graves (et prévisibles et gérables) inondations et enterre ses morts, il vient de quitter le pays pour l’étranger pour vaquer à ses affaires personnelles, comme si de rien n’était. Est-il saint d’esprit?

Une chose est sûre. Contre lui, les djiboutiens sont déterminés à sauver leur pays du naufrage et le montrent chaque jour qui passe, au pays et à l’extérieur. Ils ont besoin du soutien de la communauté internationale pour éviter la somalisation de la situation.

Hassan A. Aden
hassan.aden@ncf.ca

MRD: Communiqué de presse

Mouvement pour le Renouveau démocratique et le Développement
(Ancien PRD)
Cité Poudrière Avenue Nasser /Www.mrd-djibouti.com
Djibouti, République de Djibouti
Djibouti, le 17 mars  2013

Communiqué de presse

L’arbitraire condamne DAF à deux mois de prison ferme pour un «délit imaginaire».

Ce jour, 17 mars 2013, la justice djiboutienne au service du régime dictatorial de Ismaêl Omar Guelleh vient de condamner le Président du MRD et porte parole de la coalition de l’opposition USN, Daher Ahmed Farah à deux mois de prison ferme.

A travers cette condamnation, le régime de Guelleh cherche à réduire en silence la volonté du peuple et des démocrates libres.

Nous disons que cette privatisation de liberté n’arrêtera pas l’Histoire d’un peuple en mouvement décidé à reconquérir sa liberté, sa dignité, son espoir, son avenir et son destin.

Nous condamnons fermement cette incarcération et demandons au régime actuel la libération immédiate et sans condition de notre Président.

Nous profitons pour alerter la communauté internationale sur la situation alarmante à Djibouti après les élections législatives du 22 février 2013.

La cellule Communication
Pour Daher Ahmed Farah
Président du MRD

Djibouti24: irrévérencieux ou insultant?

CourrierL’article suivant nous a été envoyé par lecteur du nom de Mohamed Bouh le 16 février 2013, suite à la diffusion, dans le réseau social Facebook, d’une série d’articles diffamatoires, attaquant la personne de M. Daher Ahmed Farah. À notre grand regret, l’article a été filtré à tord par notre système de messagerie électronique. Maintenant que nous l’avons retrouvé avant de purger le système, nous le publions in extenso. Que son auteur et tous nos lecteurs nous pardonnent.
Comme tous les courriers du lecteur, les propos de cet article n’engage que la responsabilité de son auteur. Bonne lecture.
La rédaction.

Djibouti24:
irrévérencieux ou insultant?

En lisant « DAF et ses déboires dans l’armée » paru dans Djibouti24 du 11/02/2013, je suis frappé par les jugements impitoyables portés sur le respectable opposant et écrivain Daher Ahmed Farah, qui subit des attaques implacables de la part de ce poltron plumitif digne de mépris et d’opprobre.

Curieux, l’écrit de Djibouti24! C’est en parcourant l’article que j’ai compris enfin la faillite de l’Education nationale car lorsque je lis pareil galimatias réunissant à la fois impéritie, mauvaise foi et mensonges éhontés j’ai du mal à croire que son auteur est journaliste! Mais bon avançons!

Aucun scrupule dans le choix des mots, aucune honnêteté dans l’articulation de ces propos, aucune retenue dans l’énonciation d’un argumentaire aussi lourd de sens. Etes-vous seulement conscient de la portée de vos propos? Qu’elle est effrayante et dangereuse, cette façon de verser dans l’excès et de passionner le débat avec  l’intention, au fond, de l’éviter!

Somme-nous alors dans l’impunité constructive, dans le danger absolu ou faudrait-il accomplir des gestes forts?

En effet, DAF se retrouve ici accusé de tous « les maux », sans que ce soient dits quels sont ces procédés et ces termes, ni où ils figurent dans sa propre argumentation. Chacun pourra constater que son argumentation se place sur un tout autre terrain que celui du mien. Mais peut-être les djiboutiens étaient-ils tous, ignorants de DAF que vous – Djibouti 24- avez su, vous l’infatigable enquêteur, révéler? On l’aura compris, aucun de ces termes n’est le fruit du hasard, mais le résultat d’un choix bien compris, il s’agit d’avoir recours à une rhétorique alarmiste pour occulter les failles d’une argumentation.

Aucune déclaration affirmative ne peut-être lue, nulle preuve ne vient appuyer ses thèses défendues, l’emploi du passé composé est omniprésent, sans jamais faire la preuve de la responsabilité de DAF.

Djibouti24 est l’exemple excellent de l’ignorance, du faux savoir et, pour aller au plus vite, de la stratégie imbécile. Est ce la volonté de tout savoir qui pousse toujours à vouloir expliquer tout.

Quant à votre pseudo analyse, comme à l’accoutumé, elle ne dénote que votre ignorance. Les raccourcis, les jugements à l’emporte pièce ne vous effraient pas. Votre morale dégoulinante et méprisante est dégueulasse.

Est ce un moyen de délivrer notre anxiété par des mots, ou le plaisir de se considérer «né à nouveau» à des mystères qui demeurent étrangers au commun des mortels ? Bien difficile de répondre et comment conseiller à tant de bavards inféconds de relire Les Propos aux somnambules d’Alain (1914) où il lance le fameux «savoir ignorer, voilà une belle devise!»

C’est l’imbécillité créative, celle qui n’a pas eu l’occasion d’être débusquée.

Tout est expliqué, tout est justifié et surtout ce qui, en apparence, semblerait le plus propre à détruire l’édifice. «Le propre du crétin est de ne jamais se laisser désarçonner, il se montre toujours prêt à bâtir une opinion sur ce qu’il ignore, à trancher souverainement de ce qui lui échappe…» (A. Glucksman, La Bêtise).

Nous sommes en plein dogmatisme de la stupidité, au cœur du  fondamentalisme du crétinisme.

Je constate comme preuve Djibouti24 ne cite que des rapports rédigés par des pseudo instructeurs, qui répandent le mensonge, des  allégations qui n’ont jamais été prouvées, des réflexions  subjectives, la manipulation pour propager la peur, la suspicion et l’exclusion des citoyens trop anti-ioguistes, toujours trop opposants. Donc, la terreur, dont l’origine reste floue, incertaine, la peur qu’elle provoque, sert à manipuler l’opinion. N’assiste-t-on pas aujourd’hui aux mêmes procédés?

Sa désinformation consiste à déformer suffisamment un fait pour lui faire signifier autre chose.

Le djiboutien remarquera l’absence totale de preuves, le dévoilement d’un raisonnement faible ou mal étayé, des références parfois incomplètes, ou résumées de façon tendancieuse, émaillant des propos déjà complexes?

Voudrait-il par hasard qu’un maximum de djiboutiens soient la proie de cette dictature et deviennent « faciles à duper ou à manipuler »? Peine perdue!

Ainsi pour Djibouti24, dire ou parler de la réalité djiboutienne signifie appauvrir, trahir, travestir la réalité. Dès lors, il est un peu facile d’adopter à son égard une posture purement critique qui méconnait les contraintes du langage et permet de se draper dans une sorte de supériorité intellectuelle à bon marché vis-à-vis de ses insultes, ses calomnies. à l’égard de l’opposant mentionné ci-dessus car Djibouti24 ne fait que colporter des rapports fictifs selon ses dires Question? Depuis quand des rapports fictifs s’avèrent-ils pour des faits?

N’ayant aucune preuve sous la main, difficile de porter crédit à une affirmation comme celle-ci. Dans la pitrerie et le grotesque, Djibouti24 vous avez eu la palme d’or!

Chaque fois qu’il s’agit d’identifier un opposant majeur qui fait preuve de courage, cela démontre le mépris de Djibouti24 à l’égard de celui-ci, d’étranges troubles de perception apparaissent chez le plumitif: la vue faiblit, l’audition s’étiole, le verbe dépérit et le sujet s’absorbe dans un état de stupidité manifeste.

Il est utile de vous rappeler, Djibouti24, que les exigences de compétence, de probité et de vérification ne sont pas nécessairement l’apanage de vos écrits. Il est tout à fait juste de dire que vos griffonnés abolissent les intermédiaires.

Pire, les faits – ou plutôt les propagandes umpistes que Djibouti24 nous (djiboutien/ne) apporte – sont virtuels mais ils se donnent pour une réalité biaisée.

Faut-il prendre la réthorique officielle au pied de la lettre? En pratique, elle manque de clarté et de logique. À titre d’exemple: aurait-on empêché un “fou” ou un “maniaque” d’être le porte parole de l’USN, la réponse est non… car IOG aurait tout à gagner s’il était vraiment un tatillon.

Qui surtout, s’est intéressé au sort de la famille de DAF, ses biens spoliés? aucune estimation avancée. Aucun mot n’a été prononcé pour rendre le moindre hommage, exprimer le moindre regret, ô combien symbolique! à sa famille, ses proches déçus dans tous leurs espoirs, plus que jamais écrasés, dominés, d’une impudente simplicité, du sabre et du goupillon.

Il ne s’agit pas de faire de l’angélisme, de nier ses défauts, mais de noter pourquoi un tel harcèlement contre un « scrupuleux »? Est-il dangereux pour le peuple djiboutien? J’en doute fort .La vérité est ailleurs. Enfin, que nous apprennent-elles, les grandes histoires religieuses et littéraires? Une vérité est la même vérité.

Les calomnies ont fait tant et si bien leur chemin dans l’esprit de certains Djiboutiens qu’il me paraît improbable de rétablir la vérité et de persuader que son attitude n’est pas celle d’un minutieux, encore moins celle d’un fou. Si DAF le parvenait «ce serait merveille».

Cet homme ô combien courageux! fait voir trop la vérité, démasque trop souvent les actes de ministres larbins et trop facilement.

Il est un fardeau assez lourd et assez haïssable, dont le président parrain cherche à se débarrasser. Par quels moyens? La réponse est évidemment connue d’avance et constitue la preuve manifeste que «l’affaire DAF» n’est qu’une vaste machination politique ourdie de toutes pièces.

Jamais IOG ne s’autodétruirait parce que l’un de ses sbires aurait transgressé les résolutions de son « veau d’or » – les injustices, le clientélisme, la corruption généralisée et le népotisme du clan militaro-technocratiques.

DAF poursuivi en justice par un de ses pantins n’est qu’un paravent grossier, les objectifs poursuivis ont été tout autres (maître Aref est bien placé pour le savoir): empêcher d’informer les djiboutiens(nes), entretenir le masque d’opacité sur la gestion de la chose publique etc., c’est la véritable vocation d’assourdir, d’abrutir.Le peuple djiboutien n’a-t-il pas le droit d’être informé? (je parle bien de l’information utile). De qui se moque-t-on?

L’information est exigence de sobriété et de dépouillement, le souci de vérité et d’objectivité dans les discours ont pour conséquence la liberté, dans le refus de toute censure.

DAF n’est pas dupe, il sait trop à quel point ceux qu’il a si bien sondés désirent le réduire au silence et que les pseudo-procès ne sont que prétextes pour mieux le faire condamner d’une simple  interdiction assortie de menaces pires de la manière la plus radicale qui soit: la mort.

Ce n’est pas une nécessité vitale qui le (Djibouti24) pousse, mais il est possible l’appât du gain ou plutôt le besoin de reconnaissance. La gloire: être reconnu par le plus grand nombre, aujourd’hui la réussite se mesure à la capacité de faire parler de soi. Quoi que l’on en dise, il me semble que c’est une infinie détresse qui pousse Djibouti24 dans l’œil de la société spectacle, dans le fol espoir d’enfin exister. Faute de pouvoir être, le paraître fait bien l’affaire!

Les totalitarismes ont pu bâtir des cohésions fortes autour d’idéologies et de sentiments nationaux; les intégrismes ont obtenu le même résultat sur la base de l’intolérance religieuse et du sentiment intransigeant de posséder la vérité. Eh bien, Djibouti24 fait la même chose avec un peu de zèle, un peu de gens crédules, et pas mal de stupidité. Il est frappant de constater de quelle manière son mensonge sert de support au régime liberticide djiboutien: tout d’abord, en abolissant le passé de telle sorte qu’occulté, déformé, travesti, il n’éveille pas la conscience des individus et ne permette ni nostalgie, ni révolte. Le contrôle du présent doit venir compléter la maîtrise du passé dans la logique des régimes totalitaires. Ainsi, Djibouti24, au service du système, n’hésite pas à tromper ses semblables afin de garantir la stabilité politique et sociale nécessaire à une domination totale.

Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire, constitue la règle d’or en la matière. Mais n’est-ce pas aussi la devise de ces magots complices? Nier, toujours nier; la réalité est que le pays ne remplit même plus le service minimum dans sa lutte contre les malfrats.

Le régime dictatorial djiboutien se sert donc bien du torchon Djibouti24 comme un outil falsificateur, afin de démasquer les citoyens insoumis et séditieux: à ce titre, il devient un organe fantomatique et négatif, simple jouet du gouvernement.

Notre négationniste (oh pardon Djibouti24) est simpliste dans ses analyses, pitoyable dans ses jugements, immature dans ses raisonnements, maladroit dans ses styles, digne d’un véritable ivrogne en état d’ivresse belliqueuse et superficiel dans sa quête de la vérité sur ce qu’a connu Djibouti.

Il essaie non seulement d’édulcorer l’arrière réalité djiboutienne, mais aussi, se livre à une stupide comédie de mauvais goût! Comment peut-il continuer à occulter la délicate question, relative à la véracité de la réalité qu’il livre au lectorat? Comment peut-il prétendre moraliser, la génération montante, à travers internet, s’il semble manifestement dépourvu, d’une part, d’une minimale exemplarité, de toute évidence sans fondement aucun, même si vous l’attribuer à ce «Nous» usurpateur, et d’autre part, d’éthique la plus élémentaire est en fait le vôtre et est inacceptable par la conscience humaine.

Ces discours, ces menaces assénés sur l’opposition, dont les mercenaires des idées réduisent plus ou moins subrepticement les capacités critiques et la lucidité, rencontrent sinon l’assentiment, du moins, sous forme de mutisme, le consentement des djiboutiens tétanisés. Mais «Je» suis sourd à ce silence, lequel devient le meilleur complice de l’expansion des affaires qui sature Djibouti au détriment des vies: la priorité de leurs bilans tient lieu de loi universelle, de dogme, de postulat sacré, et c’est cette logique des justes, l’impassible bienveillante des belles âmes et des grands vertueux, le sérieux des théoriciens, qu’est provoqué le dénuement d’un nombre toujours croissant d’êtres djiboutiens et que sont perpétrés la soustraction des droits, la spoliation des vies, le massacre de santé, l’exposition des corps à la sécheresse, à la faim, aux heures vides, à la vie horrifiée.

Faut-il « mériter » de vivre pour en avoir le droit, sourd la crainte insidieuse, l’effroi diffus, mais justifié, de voir des êtres djiboutiens en grand nombre, ou même de voir le plus grand nombre tenus pour superflus. Non pas subalternes ni même réprouvés: superflus. Et par là nocifs.

Quel crédit accorder aux dires de Djibouti24-le-menteur?

Comment se défendre contre les pieux menteurs, les fabulateurs, les mystificateurs, les mythomanes, ceux qui mentent parce qu’ils ont menti, ceux que Jean-Michel Rabaté appelle les «menteurs en série»?

O combien prétentieux serait celui qui affirmerait qu’il ne ment jamais ou, du moins, qu’il n’a jamais menti.

N’est-il pas préoccupant de constater que rares sont les djiboutiens qui dénoncent cette dérive flagrante, digne des régimes paléo-staliniens ou d’Augusto Pinocchio, pardon: pinochet ?!

Amicalement Mohamed

Pour une «deuxième indépendance» à Djibouti.

KadamyFRONT POUR LA RESTAURATION DE L’UNITE ET LA DEMOCRATIE
(FRUD) frud_djibouti@hotmail.com
Bruxelles, le 28 février 2013

«Qu’est-ce que l’indépendance sinon la liberté» disait Kateb Yacine.

Cette« indépendance du drapeau » n’a accouché que de la misère, de la répression, des tortures de la famine et de la soif. Les hôpitaux sont des mouroirs, les écoles sont des poubelles, la famine frappe à la porte.

C’est pourquoi le peuple de Djibouti dans son ensemble, activement aiguillonné par sa jeunesse réclame une «deuxième indépendance», «une deuxième autodétermination à l’égard des bourreaux blottis au sommet de l’Etat».

Refusant la mise à l’écart de la fabrique de l’histoire, le peuple djiboutien debout a exprimé son rejet du régime de Guelleh, de son système mafieux, de ses sbires, incapable d’enrayer la spirale de la déliquescence de l’Etat et de ses institutions.

Cette fois encore, Ismael Omar Guelleh veut se maintenir par la force des baïonnettes, refusant l’expression sans équivoque sortie des urnes dans les districts où les élections ont eu lieu, en faveur de l’Union pour le Salut national (USN) coalition de l’opposition créée en janvier 2013.

A Djibouti ville et dans ses environs, l’opposition les a emportées largement, le ministre de l’intérieur a proclamé des résultats fictifs en faveur de la coalition de l’Union pour la Majorité Présidentielle (UMP) du pouvoir. A Arta et à AliSabieh, les suffrages favorables aux opposants ont été purement et simplement détournés. Les habitants des districts d’Obock, de Tadjourah et de Dikhil, à qui on dénie jusqu’à la citoyenneté n’ont même pas eu le droit de voter, les militaires s’en sont chargés en bourrant les urnes.

Depuis le 24 février, la police, la gendarmerie, la garde présidentielle épaulées par 500 soldats du camp militaire de Mariama, mènent une répression brutale et sanglante : 4 morts et des blessés par balles, laissés sans soin et 400 arrestations. Trois dirigeants du Mouvement pour la Liberté et la Démocratie (MODEL : membre de la coalition de l’USN) sont sous mandat de dépôt à Gabode pour instigation à troubler l’ordre public. Les quartiers de Djibouti ville et de Balbala sont quadrillés par les forces de l’ordre. N’oublions pas que le chef de l’Etat a inauguré cette campagne électorale en faisant assassiner un jeune de 14 ans à Obock le 30 décembre 2012.

Le FRUD

  • condamne énergiquement la répression violente et sanglante à l’encontre des hommes, des femmes et des jeunes qui n’ont exercé que leurs droits fondamentaux d’expression.
  • demande l’arrêt de ces vagues d’arrestations et la libération de toutes les personnes arrêtées et des dirigeants du MODEL

Le FRUD est solidaire du mouvement de protestation contre le holdup électoral et de la jeunesse djiboutienne qui n’a cessé de manifester depuis 2 ans contre ce régime corrompu.

Mohamed Kadamy
Président du FRUD