Courrier des lecteurs.

CourrierÀ Djibouti, les jours se suivent et se ressemblent depuis les dernières élections. Le régime continue sa répression, une partie de l’opposition réunie sous la bannière USN (Union pour le Salut National) se fait du capital politique sur le dos des oulémas comme Béchir, God et Maidal, des leaders politiques comme Daher Ahmed Farah et des simples citoyens emprisonnés ou harcelés.

En tout cas, c’est la substance du courrier des lecteurs suivant que nous publions in-extenso. À souligner que l’auteur du courrier Hamdi Y. Warsama a une opinion très tranchée qui n’est pas forcément celle de la rédaction de Djiboutii.net. À lire avec les précautions d’usage.

Rien ne sera plus comme avant.

Il y a quelques jours un ami me demandait: «Toi qui étais toujours un opposant, pourquoi on ne te voit jamais aux manifestations? Pourquoi ne rejoins –tu pas l’USN? »
Je lui ai répondu par la fameuse citation somalienne: «Un ânon semble  plus beau que ses parents à sa naissance, mais deux après ce n’est qu’un âne.» A-t-il compris? Je n’en sais rien mais j’ai décidé de livrer le fond de ma pensée. L’USN est une coalition réunissant le Model, le PND, le MRD, l’ARD, Boreh et l’UDJ en gros.

Le Model

Rejoindre le MODEL m’aurait tenté même si je n’adhère pas aux idées des frères musulmans.  Avec eux, beaucoup de problèmes auraient été résolus et en premier lieu la peste tribale. Mais le simple fait qu’ils se sont mis avec l’USN m’a fait reculer. Faut s’associer au Diable pour arriver à ses fins? Je laisse les philosophes y répondre, pour ma part je vais vous livrer leurs colistiers.

Le PND

A tout seigneur, tout honneur, je vais commencer par Aden Robleh Awaleh (ARA) qui depuis 49 ans ne fait que trahir et pourtant il a toujours des clients. On ne le met pas en quarantaine. Ça ne fait c’est notre fils qui s’est trompé encore une fois. Quand  hier, Janaaleh (qu’Allah l’accueille dans son paradis) lui avait tiré dessus pour le tuer, s’il avait réussi il y aurait un crabe de moins et je n’ai pas parlé de son côté haineux et incitateur à la discorde.

BOREH

Ensuite vient Boreh. Vous êtes-vous demandé qui est Boreh? N’est-il pas l’associé du grand Parrain de la Cosa Nostra djiboutienne? N’est-il pas celui qui nous a détroussés. Celui qui, non content de dévaliser le pays, a ajouté l’insulte à l’injure en nous traitant des fainéants qui ne veulent pas travailler, nous privant ainsi des miettes. Oui, il est le frère, l’ami intime, l’égal  d’IOG.

Un proverbe somali dit : « Labada Adamaha u heshisey, dar Allah u colobaan.» (Ceux qui se liguent contre les pauvres gens finissent par s’entretuer.) Quand ils se sont disputés sur le partage et qu’IOG a eu le dessus, il se trouve une âme patriotique et veut chasser IOG pour venir au secours des pauvres djiboutiens. Y croyez-vous?

Où est-ce simplement pour prendre la place d’IOG et mieux nous extorquer ?
Mais ce qui m’étonne ne sont ni ARA, ni Boreh, mais c’est ceux qui les soutiennent, ceux qui les suivent. Est-ce simplement parce que c’est un membre de la tribu? Wow!

L’ARD

L’ARD de Ahmed Youssouf est un parti qui ne veut pas prendre le pouvoir mais être éternel second avec le principe d’un partage Issa-Afar. Le fameux 50/50 sur tout, de la femme de ménage au ministre. Je serai d’accord qu’il ait une certaine parité, une accommodation raisonnable entre Afar, Arabe et Somali, mais que ceci s’arrête au recrutement et que le meilleur soit placé pour le bien-être du pays.   L’ARD ne me dit RIEN n’étant ni Afar, ni Issa.

Le MRD. (ex PRD)

C’est le parti auquel j’ai adhéré il y a 20ans parce qu’il symbolisait le changement et l’avenir auquel j’aspirais. Malheureusement, le parti de feu Mohamed Djama Elabé (Que Le Tout Puissant l’accueille dans son paradis) a été dénaturé par son clan, les Fourlabas, en faisant de ce parti ouvert comme il l’a voulu, un parti fermé.

Hier, quand je militais au sein du PRD, je savais qu’Elabé était un Fourlaba, mais il s’était élevé au-dessus du lot en devenant DJIBOUTIEN. Quand son Seigneur l’a rappelé, normalement son vice-président devait lui succéder, mais manque de pot il est Afar. Ainsi depuis 20 ans, Haissama et Souleiman restent éternels  vice-présidents, acceptant maintenant pour la énième fois comme chef le jeune DAF (même si c’est quelqu’un que je respecte beaucoup) simplement parce qu’il est fourlaba.

L’UDJ

Enfin j’ai gardé le meilleur pour la fin, c’est-à-dire Ismaël Guedi Hared, mais pour vous parler ce grand homme, permettez-moi de remonter le temps. En 1976, Adolf H. Gouled qui a toujours été un anti-indépendantiste a reçu de la France l’ordre de changer son parti, la Ligue Populaire Africaine (LPA) en LPAI (pour l’indépendance). La France l’a choisi au détriment des autres indépendantistes pur et dur  parce qu’il était celui qui exécuterait le mieux leur dessein. Faire de Djibouti une république associée à la France.

Malgré son lourd passé et avide d’être indépendant, les Djiboutiens le proclamèrent Père de la Nation.

Au lendemain de l’indépendance, Adolf H. Gouled rejette ce titre Noble et choisit d’être le Père d’une tribu. Il décidât de proclamer la supériorité de la tribu Issa. Pour mener à bien son dessein, il choisit nul autre que Heinrich Himmler alias Ismaël Guedi Hared président de l’UDJ et président de l’assemblée. Farouche partisan de la solution finale pour nettoyer Djibouti des parasites,  (comprendre tout ce qui n’est pas Issa) Himmler disait: «Pas de génocide, le monde peut nous voir, simplement leur interdire l’accès au travail, d’eux-mêmes ils partiront.» Ainsi l’accès au travail devint difficile aux autres et ceux qui y étaient subissaient humiliation sur humiliation.

Un cas concret, Saïd Ahmed Awaleh (frère ainé de l’actuel ministre de l’Agriculture)  fut le premier inspecteur des douanes en 1975, sous l’occupation, et après l’indépendance devint sous-directeur. Les directeurs se succédèrent jusqu’au jour où le dernier ayant pris sa retraite, la rumeur courait que le futur directeur allait finir ses études en juin. Et effectivement, un jeune de l’âge de son fils, fraichement sorti d’une université française fut engagé. Mr Saïd, qui était par intérim, lui enseignât le b-a du métier pendant 6 mois et le jeune fut nommé Directeur.  Suivre cet homme pour qu’il finisse le travail commencé, non merci.

L’UMP

Tout le monde connait IOG et l’UMP, je vais juste ajouter mon point de vue. IOG et l’UMP, pour moi c’est un clan, le clan des SICILIENS,  avec le parrain à leur tête à qui ils doivent allégeance et soumission. Ils n’ont qu’un seul intérêt, celui de se remplir les poches et en premier lieu celles du parrain (IOG) et le jour où tout éclatera, ils ont assez d’argent pour pouvoir vivre hors du pays. Mais contrairement à Himmler, c’est un parti ouvert. Je ne pourrai jamais être Issa, par contre, on peut devenir Mafioso même si personnellement, j’aurai trop de scrupules, d’autres ont pu. Ainsi aujourd’hui, on voit des non Issas, faire la pluie et le beau temps dépendamment de leur place dans la hiérarchie mafieuse, un temps ensoleillé, partiellement nuageux ou orageux.

La SOLUTION

Je comprends que beaucoup d’Issas aimerait retrouver ce temps faste pour eux, mais ô  combien difficile pour nous autres. Il faut savoir qu’il ne peut y avoir une justice ou une démocratie inter Issa.

Ils doivent choisir entre la dictature d’IOG ou la Démocratie et la Justice pour tous.
S’ils choisissent de retrouver la suprématie des Issas, il faut garder la dictature et aussi admettre que les Mamasans soient la crème des Issas. S’ils optent pour la dernière, j’aimerais leur dire que, PLUS RIEN NE SERA COMME AVANT, car qui dit multipartisme dit accès aux urnes et nous saurons choisir celui qui remplira nos conditions. Justice, Démocratie.

Ou pourquoi pas un Président ni ISSA ni AFAR, mais simplement DJIBOUTIEN.

Hamdi Y. Warsama

Un article de Cassim Ahmed Dini

cassim a diniCALIFE RECRUTE VIZIR (fin)
Afar-Issa: «Je t’aime, moi non plus»

La critique, même constructive, n’est pas la bienvenue ces temps-ci, même dans l’opposition, preuve que s’y installe la stérilité intolérante et intolérable de la pensée unique. Argument imparable asséné par ses coursiers: «et vous, que faites-vous, que proposez-vous?». Dédouanons-nous donc au préalable, comme les ablutions précédant la prière. Un jour début mars, un vieux sage (tous les vieux ne sont pas sages) a eu la mauvaise idée de me suggérer de travailler avec l’USN, ce que j’avais accepté. Lorsqu’il présenta cette proposition en réunion de l’USN, «hors de question, surtout pas lui!» rugirent les ‘dirigeants’ ARD, l’un d’eux se vantant même plus tard de ce sabotage, entre deux bouffées de chicha. Les autres généraux présents optèrent pour un silence complice, trouvant peut-être leur compte dans ce règlement de comptes: qui refuserait les services d’un Afar de service?

Ce qui montre deux choses et conduit à une résolution. Déjà sans discipline ni solidarité, il est désormais prouvé que ce parti a également renié son idéal fondateur (Hadaf) et rompu le contrat de confiance, au moins pour avoir trahi le devoir de vérité et le respect des militants. En second lieu, j’ai au moins la conscience tranquille d’avoir essayé, malgré tout, d’apporter ma modeste contribution à l’USN. Préférer prendre le risque de perdre (en refusant les bonnes volontés, nombreuses, comme Houssein Andoleh au Canada ou d’autres à Djibouti) plutôt que de mettre toutes les chances de son côté, trahit des agendas de moins en moins cachés: cette coalition est avant tout un vivier de candidats à la future présidentielle, pas moins de sept, en excluant l’ARD condamnée à se contenter du second rôle de supplétifs. D’où la résolution: je prie mes amis réunis au sein du CODED de bien vouloir me considérer des leurs et les invite à une large concertation. Il y a urgence : il faut sauver l’esprit de l’USN en dépit du corps de l’USN. C’est pourquoi il nous faut nous organiser de façon indépendante pour proposer et agir, d’abord à l’extérieur ensuite à l’intérieur.

Après avoir remercié le Très-Haut pour sa miséricorde, pardonnons ces errements et cherchons à les comprendre : au-delà des dimensions strictement personnelles, quelle est la part d’héritage collectif qui détermine aujourd’hui la vie politique djiboutienne et explique ces comportements, indignes par définition et plus encore dans le contexte actuel?

On aurait pu partir des 23.000km2 qui définissent notre espace commun, ses origines et surtout ses transformations avec les portions généreusement données à l’empire abyssin, réduisant d’autant le nombre des bureaux de vote.

On aurait pu partir de la population que nous formons et évoquer les centaines d’autochtones tués par la puissance coloniale et les dizaines de milliers expulsés de la Capitale et du Sud-Ouest: leurs descendances sont autant de citoyens et d’électeurs en moins.

On aurait pu évoquer les différents districts et aborder les raisons pour lesquelles ils ont été créés et établir la dépossession de l’autochtone dans la transformation de Hayyu en Obock: le district, c’est aussi une circonscription électorale.

On aurait enfin pu survoler la Capitale et assister aux différentes vagues de son peuplement, selon une logique d’immigration qui se retrouve dans l’homogénéité communautaire, excepté le quartier 4: cela aurait permis d’établir une ethnographie, une cartographie ethnique ou tribale des bureaux de vote et même de comprendre pourquoi aujourd’hui tel ou tel quartier refuse de «bouger».

Et surtout saisir la lutte pour la maitrise de ce bien sans maitre qu’était la rade de Djibouti: à côté du boutre qui arrive «Ja Bouti» ou de la chute de l’ogresse «Jab Boutti», le toponyme viendrait pour certains de GABOD, désignant les plateaux madréporiques du Héron, du Serpent et du Marabout. Sans oublier Haramous, secteur tristement célèbre de nos jours. Vaste écriture de notre patrimoine dont il appartiendra aux historiens de dresser l’inventaire en toute rigueur.

Résumons : la dénomination CFS (Côte Française des Somalis) n’a pas laissé un grand traumatisme dans les esprits. Juste quelques grincheux relèvent que, selon le dictionnaire, le mot «ouabaïne» est d’origine somalie: et alors? Non seulement c’est vrai mais il se trouve qu’à l’époque ni la langue afar ni ses locuteurs n’existaient officiellement pour parler de l’arbre «wayboyta» ou du «waybu» dans son usage pharmacologique.

Par contre, la structuration de notre univers politique ainsi que la hiérarchisation correspondante de la citoyenneté découlent directement des bouleversements survenus en 1967: à cette date, la colonie est devenue le TFAI (Territoire Français des Afars et des Issas). Ainsi, la colonisation a dit aux Afars: «vous êtes les premiers» et aux Issas: «vous êtes les seconds» et aux deux «le territoire n’appartient qu’à vous», oubliant au passage les barbelés de Balbala et l’Histoire. Dix ans durant, les premiers ont vécu dans l’illusion d’être les dominants, au moins politiquement car ils n’avaient plus besoin de laissez-passer pour circuler; mais sans aucune amélioration au niveau économique. Surtout, les autres composantes ont été précipitées dans les anciennes catégories coloniales de «Somalis allogènes» ou de «Yéménites».

A l’Indépendance, l’on assiste à un double mouvement. D’un côté, le renversement des rapports de domination, le sentiment de revanche étant nourri par de multiples facteurs locaux et régionaux, condamne les anciens «premiers» à une subordination durable, aux seconds rôles et au poste de Premier ministre de pacotille, sans chef de gouvernement. De l’autre, la sous-représentation politique des «allogéneïsé», réduits à quelques sièges au Parlement et une présence symbolique au gouvernement, consolide le face-à-face Afar-Issa. Pour couronner le tout, le premier président de la République s’est trouvé investi d’un rôle gigantesque, incompatible avec la construction d’une identité nationale : guide suprême de la nation Issa! Les premiers temps de la radio-télévision djiboutienne ont même connu un «journal en langue issa». Quelques intellectuels organiques se mirent à la disposition de ce recul historique: la suprématie du droit tribal sur l’Etat de droit. A sa décharge, il faut relever la double contrainte dont Gouled était l’otage: les sollicitations collectives de sa communauté d’origine, déterminées par le temps somali et l’espace sous-régional d’une part, les ambitions personnelles des membres influents de son entourage d’autre part.

Cette répartition des rôles politiques sur la base d’une hiérarchie définitive entre les citoyens, a nui à l’efficacité de l’opposition depuis 1992, et y nuit encore aujourd’hui. Ainsi, dès ses origines, le FRUD (Front pour la Restauration de l’Unité et de la Démocratie) n’ambitionnait qu’un simple remplacement numérique : substituer ses cadres et leaders aux ministres et députés en place; c’est-à-dire que des gens ont été sacrifiés, des deux côtés, juste pour instaurer une nouvelle vague de cooptation. Ce qui n’est pas étranger non plus à la scission du FUOD (Front Uni de l’Opposition Djiboutienne, créé à Paris en juin 1992) suite à la Constitution de septembre de la même année. Sur les quatre partis prévus, deux furent accordés à des dissidents du FUOD et devinrent PND et PRD; le dernier restant jusqu’en 1994 réservé aux dissidents du FRUD. Et, jusqu’à aujourd’hui, la sélection du personnel politique respecte cette hiérarchie, avec ce duopole déséquilibré afar-issa.

La véritable rupture, sorte de parenthèse en forme de transgression, arrive en 2003 avec l’UAD (Union pour une Alternance Démocratique) et rappelle une évidence oubliée depuis 1981: à condition d’avoir une stature nationale, n’importe quel Djiboutien peut prétendre au leadership et postuler à la charge de chef de l’Etat. En effet, il est clair pour tout un chacun, que Dini et Sheiko avaient cette assise populaire et pouvaient rassembler toutes les composantes du pays. Depuis eux, aucun ne peut, pour le moment, nourrir une telle ambition et si, par miracle, il s’en dégageait un, il ferait à coup sûr l’unanimité de la classe politique contre lui: ceux qui s’estiment éternels premiers et ceux qui ne valent pas mieux qu’éternels seconds se ligueraient pour se protéger d’une telle subversion. D’où la stratégie de vizir  à laquelle les hommes politiques afars sont condamnés: à défaut d’avoir la présidence de la République, tous se battent pour pouvoir un jour devenir Premier ministre. Ainsi, les «dirigeants» de l’ARD se cramponnent à l’USN uniquement dans cette perspective, au mépris de la base du parti qui demande un véritable programme politique, au moins deux d’entre eux attendent fébrilement la primature, au hasard d’une hypothétique négociation généreusement concédée par le chef de l’Etat. Cette posture d’éternel Iznogood, ne cherchant même pas à devenir calife à la place du calife, produit deux effets négatifs. D’une part elle structure tous les partis politiques selon cette définition du politiquement pensable et possible, avec le recrutement de simples faire-valoir que sont les coopérants ethniques et, d’autre part, la soumission de ceux qui se contentent des seconds rôles constitue une interdiction faite aux leaders des autres communautés d’espérer grimper dans la hiérarchie.

Donc, disons-le clairement: l’Afar en tant qu’éternel second, Premier ministre pour toujours, est un frein à l’avènement de la Démocratie et à l’égalité entre les citoyens. Avant le déclenchement de la guerre civile en 1992, la dictature avait deux projets pour affaiblir la représentation politique de cette communauté (après les manipulations de la démographie et le refus de délivrance des cartes d’identité nationale et d’inscription sur les listes d’état civil): réduire le nombre de ses députés et lui confisquer le poste de Premier ministre. Les législatives du 22 février 2013 ont concrétisé le premier point puisqu’elle a perdu un siège dans la circonscription électorale d’Arta; dommage que la primature lui soit encore concédée, car ce serait une réelle avancée démocratique. (Que les lecteurs me pardonnent de n’avoir pas publié la deuxième partie de l’article intitulé «De la kalachnikov au pistolet à eau»: l’effondrement des résistances et des utopies entre 1992 et 2012 donne matière à un livre; tandis que le naufrage collectif de 2013 lors des dernières législatives, en mérite un autre).

Le summum du mépris dans ce rapport de domination est le fait de discourir, au fin fond de la brousse et sans traduction aucune, dans une langue que l’auditoire ne pratique pas, ou alors sous la contrainte. Tourner le dos à un tel malotru? C’en serait fini de la distribution des aides alimentaires occidentales. Mais, exiger des applaudissements dans ces circonstances, n’est pas un peu comme le singe dans les zoos qui implore des cacahuètes pour récompenser sa prestation?

Enfin, pour en revenir à l’USN, au-delà des abstractions idéelles et abstraction faite de ses erreurs conjoncturelles, comment lui trouver des raisons valables d’être durablement soutenue par toutes les composantes de la communauté nationale lorsque:

  • La composition de l’Assemblée Nationale reflète une profonde inégalité entre les citoyens que seule une forte de dose de proportionnelle (40%) peut corriger en même temps qu’une réduction des sièges, le tout devant mettre fin aux quotas;
  • Bien que se profile déjà la présidentielle de 2016, nul n’évoque la configuration de l’Exécutif: à quoi servent un Premier ministre et des ministres sans pouvoir? Que proposer: une dyarchie au sommet, aux résultats mitigés même en France ou un système à l’américaine?
  • Sur la base de quel projet de société l’adhésion populaire peut-elle être la plus large, loin de la manipulation des rancœurs ou l’instrumentalisation des frustrations?

Il y a un vaste chantier qui attend la diaspora: proposer une alternance crédible, non pas en termes d’individus, mais de vision du monde. A considérer par exemple le surinvestissement de certains compatriotes dans les affaires des pays voisins, l’on se rend compte de la déperdition de nos énergies: il n’y a pas pire forme de démission que l’exil mental, l’émigration identitaire. Soyons fiers d’être Djiboutiens!

Signé : C.A.D

ODDH: COMMUNIQUE DE PRESSE

ODDH logoCommuniqué de presse:
Les visites aux familles des détenus devenues une infraction …
Djibouti, le 6 juin 2013

Pour marquer le 100ème jour de détention arbitraire de 3 cheiks et leaders de l’USN, il a été décidé de rendre visite aux familles respectives de Barkat, Bachir et Guirreh, le mardi 4 juin 2013. Cet acte citoyen a été interprété comme une rébellion. Une fois encore la police est venue avec son armada de voitures antiémeute à proximité des domiciles des 3 cheiks et leaders, empêchée les citoyens de rendre visite aux familles. Rendre visite aux familles des 3 cheiks et leaders de l’USN est-il un délit puni par le code pénal?

Comme d’habitude il y a eu des arrestations encore et toujours. En effet, en marge de cette journée, la police a procédé un certain nombre d’arrestations des simples citoyens (étudiants, membres dune même famille, …), des militants voire des responsables de l’USN. La coalition de l’opposition, l’USN nous a transmis la liste des personnes arrêtées surtout dans la commune de Balballa ce mardi 4 juin dont certaines ont été victimes des violences policières. Il s’agit de Nasser Ibrahim Bouh, Zahra Ibrahim Bouh, Amin Ibrahim Bouh, Mariam Youssouf Rayaleh, Abdourahman Moussa Dabar, Sahal Moussa Dabar, Nasridine Ibrahim Ahmed, Abass Guedi Hared, Mohamed Ebo Omar, Anissa Goumaneh Guelleh, Abdoulaziz Abdillahi Goulal, Guelleh Omar Arreh, Abdallah Habib Bourhan ainsi que les frères Radwan, Djama et Kadir Ibrahim Rayaleh et leur mère Amina Djama Ibrahim arrêtés à la place de leur frère Abdourazak Ibrahim Rayaleh qui est activement recherché.

D’autre part, Souleiman Ibrahim Okieh arrêté le vendredi 31 mai 2013 par la police de Balbala, a été placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de Gabode, en même temps que le président du MoDeL et membre de la direction de l’USN, Sougueh Ahmed Robleh.

L’ODDH exprime son inquiétude face à la brutalité policière de ces derniers temps dont sont victimes les opposants et les simples citoyens.

L’ODDH dénonce et condamne la poursuite de la politique de la répression dont sont victimes les opposants.

L’ODDH appelle au pouvoir public à la libération de tous les prisonniers politiques, au rétablissement de la légalité constitutionnelle par une solution négociée et à l’ouverture d’un dialogue politique dans les meilleurs délais pour sortir de la crise actuelle.

Agir pour la démocratie, la dignité et la justice.

Le Président de l’ODDH
Farah Abdillahi Miguil

Un article de Aïnaché

mousse ainacheLiberté de la
presse à Djibouti…
Liberté tout simplement

par AÏNACHÉ

Les défenseurs des Droits de l’Homme le savent bien : une des premières actions pour agir  consiste à inventorier sans relâche les manquements aux libertés. Dans ce domaine, il ne faut pas craindre de se répéter! Lors d’une conférence en avril dernier à Paris à la Maison d’Afrique, j’avais  évoqué le paysage médiatique de Djibouti  … Ancien Directeur-Général de la RTD, (Radio et Télévision de Djibouti), c’était en professionnel mais aussi en citoyen que j’avais décrit la situation des medias dans mon pays.
Permettez que je vous en dresse ici  le panorama.

Ce ne sera pas long et pour cause:

  • Un journal unique,
  • Une radio et une télévision étatique.
  • Point final.

A Djibouti, on n’aime pas les journalistes, aucun n’obtient de visa pour entrer. Plusieurs journalistes se sont vu refuser leurs demandes de visa, d’autres se sont vu refoulés à l’aéroport. Ce fut la mésaventure du correspondant de la chaîne Qatari  »AL JAZIRA » dans la région qui avait essayé sur plusieurs frontières de rentrer à Djibouti lors des manifestions unitaires de l’opposition de février 2011.

C’est simple, dans nos représentations et notamment à Paris, la première question que les agents d’accueil posent aux demandeurs de visa est celle-ci  »êtes-vous journaliste ? ». Ce qui désarçonne les simples touristes et finalement en décourage certains.

Il y a quand même une exception à ces refus, les journalistes du Magazine Jeune-Afrique. Ces derniers n’ont pas besoin de faire de démarches pour obtenir des visas. Ils ne risquent aucun refus comme leurs collègues car ils sont régulièrement invités par le pouvoir à chaque fois que celui-ci a besoin de faire passer un message.

Quant à l’opposition, interdiction lui est faite de créer un media indépendant. Le pouvoir s’est fait violence durant la campagne électorale en couvrant partiellement les réunions de l’opposition. La couverture obligatoire se transformait régulièrement en un sabotage.

En effet,  les trois minutes octroyées généreusement à l’opposition, dans  »l’Édition Spéciale élection » se résumait à un plan large de la réunion et quelques phrases hachées des différents orateurs donc forcément dénaturées. Cela frisait le ridicule.

La plupart du temps, pour ne pas dire quotidiennement, le journal télévisé se limite intégralement à l’activité présidentielle. Il n’est pas surprenant pour ceux qui subissent le déroulement du journal télévisé, de voir de longues minutes sans commentaires, comme au temps des films muets…

En effet, les journalistes de différentes rédactions, journal écrit, agence de presse,  radio et télévision ne produisent rien sur les informations locales : ils reçoivent  du cabinet présidentiel les textes à lire et à imprimer.

Il n’est pas étonnant que les Djiboutiens suivent les radios et télévisions étrangères.  Cela agace prodigieusement le pouvoir. Il fait régulièrement des tentatives auprès des médias étrangers et particulièrement des chaînes qui diffusent des informations en langue somalie : BBC de Londres et VOA de Washington. Il se murmure que les  journalistes de ces différentes radios seraient approchés régulièrement par des émissaires  gouvernementaux afin de  monnayer un contenu bienveillant pour le pouvoir en place… Quant à RFI, (Radio France International) … Le pouvoir ne s’est pas gêné pour fermer purement et simplement son relais pour la région de la corne d’Afrique.

Jusqu’à présent, le gouvernement ne montre pas la moindre ouverture dans le domaine des médias, bien au contraire, il refuse toute demande de création d’un journal ou d’une radio indépendants. Il n’est donc pas étonnant que notre pays se loge au 167ème rang  du classement mondial de « Reporters Sans Frontière ».

Pourtant le gouvernement de Djibouti a légiféré dans ce domaine en créant il y a 20 ans une Commission Nationale de la Communication.

Je vous lis le texte de la Constitution à ce sujet :

 » La Commission Nationale de la Communication est une autorité indépendante prévue par la loi n°2/AN/92 2ème L du 15 septembre 1992 relative à la liberté de la communication. La liberté de communication est garantie par la Constitution et, est définie par l’article 3 de la loi susvisée: « La liberté de communication est le droit, pour chacun de créer et d’utiliser librement le média de son choix pour exprimer sa pensée en la communiquant à autrui, ou pour accéder à l’expression de la pensée d’autrui. Le citoyen a le droit à une information complète et objective, et le droit de participer à l’information par l’exercice des libertés fondamentales de pensée, d’opinion et d’expressions proclamées par la Constitution. La Commission Nationale de la Communication est chargée de veiller au respect du pluralisme de l’information ».

Impressionnant, n’est-ce pas? Cette commission n’a jamais été constituée.

Dans ces domaines concernant les Libertés, le gouvernement rédige des lois qui ne seront jamais appliquées. Autant de belles paroles, de beaux textes inspirés … pour maquiller les offenses quotidiennes à la démocratie. Comme nous sommes nombreux à le constater, la situation empire depuis l’élection détournée du 22 février dernier. Au-delà des atteintes à la Liberté de la presse, ce sont les Droits de l’Homme qui sont gravement bafoués.

Sur place, il est difficile et dangereux pour les Djiboutiens de lutter directement. Les mesures d’intimidations sont fréquentes et les portes de la prison de Gabode s’ouvrent facilement pour ces hommes qui se lèvent pour s’opposer, protesté … Voire seulement pour s’exprimer. Voire seulement pour démontrer leur amitié et apporter leur soutien.  Oui, il existe un délit d’amitié à Djibouti …

Les détentions arbitraires sont monnaie courante et comme le dénonce l’ODDH dans son communiqué de presse du 19 mai dernier, certains prisonniers ont été  « soumis à un traitement inhumain et dégradant dans des conditions extrêmes. » Un certain nombre de personnes ont été refoulées à l’aéroport de Djibouti. Il leur a été interdit de quitter le pays. Une liste d’une centaine de personnes ainsi privées de sortie de territoire aurait été établie par le pouvoir. Voilà l’état des lieux.

La situation se détériore, il convient de nous mobiliser davantage et nous en sommes conscients. Conscients et déterminés. Quelles sont nos forces et quels sont nos outils pour combattre cette situation sur place et à l’extérieur de Djibouti?

Sur place, rendons hommage à l’ODDH, l’Organisation Djiboutienne des Droits de l’Homme qui œuvre depuis de nombreuses années. (1999) A Jean-Paul Abdi Noël en particulier, hélas décédé,  et aujourd’hui à son successeur, Farah Abdillahi Miguil.

Depuis déjà quelques années, des sites internet favorisent l’échange et la circulation de l’information. Le développement des réseaux sociaux comme twister et Facebook facilite cette démarche. Malheureusement, l’accès à Internet n’est pas encore à la portée de tous les Djiboutiens soit par éloignement géographique, soit pour des raisons culturelles et économiques.  Sans compter que la censure intervient également à ce niveau en privant sporadiquement Djibouti de connexions.

Nous constatons que, malgré la censure, malgré l’information manipulée, malgré les arrestations, les Djiboutiens expriment leur frustration et n’ont plus peur de réclamer le changement. A Djibouti, le vendredi* est devenu un jour dédié à la revendication. Les hommes et des femmes se retrouvent à la mosquée que personne ne peut encore leur interdire.

Ce phénomène inquiète à tel point le pouvoir en place que la présidence a convoqué les imams pour une réunion au cours de laquelle le contenu de leur prêche leur est suggéré… Il nous appartient d’envoyer à ces hommes et à ces femmes des manifestations de soutien. La diaspora d’Europe et d’Amérique du Nord, elle, se rassemble et s’organise, comme aujourd’hui à Nantes.

Nous allons constituer des groupes de travail thématiques, multiplier les réunions matérielles et immatérielles, participer à des Forums, tel que celui-ci pour contribuer à porter haut et fort la parole bâillonnée de nos concitoyens.

Communiqué USN

USNCANADA: Comite de soutien USN

Dans le cadre de ses activités le comité de soutien USN du CANADA organise une rencontre de concertation et de sensibilisation avec la base, les militants ainsi que les autres démocrates ce samedi 01 juin 2013. Lors de cette rencontre nous ferons le point sur la situation actuelle que le pays traverse aujourd’hui, un rappel des activités faites du comite jusqu’à’ présent ainsi celles qui auront lieu sous peu.

LIEU ET HEURE :

CENTRE HERON
1480 HERON ROAD
Samedi 01 juin de 18H A’ 21H

CONTACTS :

MOHAMED HOUSSEIN – TEL:613 700 83 71
ZEINAB ISMAEL – TEL:613 614 84 12

UDDS: Communiqué de presse

Logo de l'Union des Djiboutiens pour la Démocratie SocialeL’UDDS compte participer
aux élections présidentielles de 2016.

La vocation de l’Union des Djiboutiens pour la Démocratie Sociale est de prôner l’exercice effectif du pouvoir par les citoyens, dans la perspective d’améliorer leurs conditions de vie.
La vision  du Mouvement djiboutien pour la Démocratie sociale s’articule autour de 4 axes majeurs:

  1. La bonne gouvernance et la gestion transparente et efficiente des affaires de l’état,
  2. L’indépendance du judiciaire par rapport à l’exécutif,
  3. La réforme du système éducatif,
  4. Le développement du secteur privé

Réuni ce dimanche 20 mai 2013 lors d’une rencontre physique et par audioconférence, le Comité exécutif de l’Union des Djiboutiens pour la démocratie sociale (UDDS) a procédé à un survol de la situation de la Nation.

Indépendant depuis 1977, le pays n’a nullement progressé, rien ne fonctionne, l’improvisation et le système D permettent à la population de survivre.

L’économie est exsangue, l’éducation nationale sinistré et le système judiciaire dysfonctionnel  pour n’en citer que ceux-là.

Malgré un multipartisme proclamé, le parlement arbore une seule couleur, celle du parti au pouvoir.

L’Union des Djiboutiens pour la Démocratie Sociale appelle les djiboutiennes et les djiboutiens à rompre cet état de fait et à s’engager pour la démocratie sociale et prendre leur place. Nous invitons nos compatriotes à soutenir massivement l’Union des Djiboutiens pour la démocratie sociale (qui se fera bien connaître d’ici, là) lors des prochaines élections présidentielles de 2016.

Il est essentiel que chaque citoyen s’engage activement dans le processus démocratique, dans l’orientation des politiques et dans la prise de décision.

L’UDDS demande au chef de l’état de devenir l’artisan de la transition en ouvrant un vrai dialogue avec l’opposition  et en mettant en place rapidement une commission électorale indépendante dans l’optique des élections présidentielles.

L’UDDS condamne le hold-up électoral de février 2013 et demande la publication des résultats détaillés (bureau par bureau).

Engageons-nous pour la démocratie sociale car croire que c’est possible,
c’est déjà avoir fait un changement.

Farhan Hassan
Pour le Comité exécutif de l’UDDS
Ottawa, le 23 mai 2013.

UDDS: Communiqué de presse

Nous venons de recevoir en primeur un communiqué de presse d’une organisation nommée «Union des Djiboutiens pour la Démocratie Sociale». Ce communiqué sera suivi d’autres articles qui seront publiées dans les jours et les semaines à venir. Nous vous tiendrons de tous les développements de cette affaire. La rédaction.

UDDS: Communiqué de presse

UDDSLa vocation de l’Union des Djiboutiens pour la Démocratie Sociale est de prôner l’exercice effectif du pouvoir par les citoyens, dans la perspective d’améliorer leurs conditions de vie.
La vision  du Mouvement djiboutien pour la Démocratie sociale s’articule autour de 4 axes majeurs:

  1. La bonne gouvernance et la gestion transparente et efficiente des affaires de l’état,
  2. L’indépendance du judiciaire par rapport à l’exécutif,
  3. La réforme du système éducatif,
  4. Le développement du secteur privé.

QUI SOMMES-NOUS?

Nous sommes des djiboutiens qui ont pour objectif l’instauration d’une véritable démocratie sociale et la participation active de toutes les djiboutiennes et de tous les djiboutiens, sans execption aucune, à la vie publique. Nous demandons:

  • la libération immédiate des prisonniers d’opinion
  • l’ouverture d’un dialogue avec tous les opposants et les représentants   et représentantes de la société civile la garantie des libertés les plus élémentaires (opinion, presse, association…)
  • l’égalité de tous les djiboutiennes et djiboutiens quelque soient leur race, leur origine ethnique, leur religion face aux institutions républicaines.

Engageons-nous pour la démocratie sociale car croire que c’est possible, c’est déjà avoir fait un changement.

Les membres fondateurs (*)

(*) Celles et ceux qui nous ont envoyé le présent courrier nous ont promis de nous donner les noms de certaines personnalités qui font partie des membres fondateurs de cette nouvelles organisation. Toutefois, pour des raisons évidentes de sécurité, les noms de certaines personnes résidant à la mère patrie ne seront cependant pas publié.

Me Aref: Caniche de la dictature ou bouffon écervelé?

CourrierCet  article nous a été envoyé par un lecteur du nom de Mohamed Qayaad. Son contenu n’engage aucunement la redaction de  Djiboutii.net.

L’ambition fait accepter à certains hommes ( ou qui pensent l’être ) les attitudes les plus lâches et les gestes les plus vils, c’est ainsi qu’ils espèrent gravir les marches de la vie de la même manière que l’on rampe, sans dignité aucune. La chambre de Me Aref frappe par son dépouillement. C’est là qu’il dort ou se repose.

A présent, il s’ennuie. Sa défense me paraît fade, insupportable somme toute. Un Aref démodé, décadent, qui n’étonne plus, poseur mondain, un apprenti sorcier ampoulé. Peut-être. Le style? Trop limpide pour faire date, bon pour les manuels scolaires. Il s’affiche avec force comme différent, par son comportement, sa manie. Il fut fréquemment ridiculisé, montré du doigt par son ex- bourreau IOG. Il est pour lui-même son principal centre d’intérêt et il ne s’aime pas. Lui qui dit ne pas s’aimer ne fuit jamais l’objectif, dans toutes les tenues, avec ou le regard au loin, badin ou sévère. Qu’est-ce qui le (Me Aref) fait le plus peur? Les chiffres ou la réalité d’actes jusqu’alors cachés car trop honteux à dévoiler ou à reconnaître? Depuis que le silence s’est levé sur l’horreur de ces agressions sur le porte parole de l’USN Daher Ahmed Farah “DAF”, le nombre de cas révélés par les écrits de la presse internationale ne cesse d’augmenter. Il a bien du mal à faire taire ce qui risque d’entacher son honorabilité et sa crédibilité. Avez-vous réfléchi au pourquoi un agresseur choisissait telle victime plutôt que telle autre? Avez-vous remarqué que souvent ces mercenaires (Elmi Jees, Abdillahi Abdi , Hassan Said et leur commanditaire IOG. ) rejouaient avec leur victime la même scène qu’eux-mêmes, enfants, ils avaient subie? Est-il acceptable de penser qu’un agresseur puisse attendre de sa victime le « NON » qu’il n’a jamais pu dire, dans le même contexte de violence? En tout cas, ce ne sera jamais à l’aide de chiffres et de statistiques que la problématique d ‘Aref se résoudra. C’est vraiment scandaleux. Me Aref est à blâmer pour sa négligence et son irresponsabilité est la cause principale de la recherche du mensonge.De même, on note une plus grande « agressivité » chez lui que chez ses détracteurs: et pour cause, il a besoin d’en montrer bien plus qu’eux, pour oser être un intellectuel terroriste – outre le fait qu’à comportement agressif égal, si l’on peut dire, un homme passe pour un furieux là où une femme est vue comme dynamique et entreprenante. Il y avait là de quoi choquer plus d’un bien-pensant.

Au contraire, il fut honoré, respecté, décoré, comme protégé par son pseudonyme magique.Au-delà des frasques mercantiles de Me Aref, la question est donc d’interroger, dans son combat d’arrière-garde, la part de l’authentique et de l’inexorable. Un vieux pitre délabré absent de lui-même et qu’on roule à son tour dans la farine comme il en a fourni lui-même la recette. Tous (les djiboutiens (nes)) ont leur part dans la farce macabre de ces derniers jours. On spécule sur ses nombreux revirements testamentaires.

D’après ses interventions sur la RTD, Me Aref n’est déjà qu’un fantoche bien avant de devenir malade, produit mécaniquement des autopastiches lucratifs, mais ne crée plus, n’invente plus, ne fait que se maintenir à peu près à la hauteur clownesque où il s’est hissé publiquement. Aussi bien qu’il répète sur RTD, avec cette diction caricaturale devenue un poncif pour ses imitateurs: « Je suis fou d’IOG !  » Pourquoi pas? Il a écrit de nombreux et fumeux ébats devant des auditoires épatés d’avance, venus voir le maniaque narcissique grisonnant faire son numéro sur le bizarre à la portée de tous, prestations pour lesquelles il prend soin de chausser des chaussures trop petites qui le meurtrissent (« Dans mon cas personnel, la souffrance physique [comme le mal de dents] accroît et fortifie la manie oratoire »). Et alors? A qui la faute, à Aref ou à l’époque? Une grande opération alchimique s’est réalisée, certes, mais dans quel sens? Car il y eut un temps de prodiges pour lui, sans quoi on n’en parlerait même plus. Je veux me prouver que je ne suis pas le Me Aref mort, mais le vivant. Comme dans le mythe de Castor et Pollux: en tuant mon ex-bourreau, j’ai gagné pour moi l’immortalité », écrit-il. Sa phobie de la vérité devient préoccupante, un motif de raillerie pour ses condisciples. C’est la période où il élabore sa théorie « paranoïaque-critique », qu’il définit comme une « méthode spontanée de connaissance irrationnelle, basée sur l’association interprétation-critique des phénomènes délirants ». Son combat d’arrière-garde découle de cette méthode, exprimant son architecture de fantasmes et de phobies sur le mode d’un rébus d’images librement associées, avec un soin du détail, une application dans le trompe-l’œil, qui rassurent les collectionneurs les moins aventureux. On peut détester Me Aref. Mais qu’on le veuille ou non, on ne peut plus imaginer le visage et les couleurs de Djibouti sans lui. Il abandonne la réalité pour la fiction, pour glisser vers le style de vie artificiel, il était prévisible que les esthétiques fusionnent. Au détriment de qui? De l’art, qui devient « la simple scène du spectacle ».

Faute de pouvoir être, le paraître fait bien l’affaire! Aref symbole et martyr d’une expérience étrange, unique, poursuivie avec une opiniâtreté folle ou géniale. D’une extravagance inspirant un mepris mêlé d’effroi. On connaît les abîmes qui succèdent à de tels envols : quand sa réplique paraît dans l’indifférence générale, il en fait une maladie nerveuse qu’on prend pour une rougeole. De cet éblouissement, il ne se relèvera pas, cherchant jusqu’à sa mort à la retrouver, en vain. Aref ne cessera plus de convaincre, sans jamais rencontrer le succès. La tentation du suicide le presse, à la mesure de la déception de sa vie virtuelle. Décidé à quitter la scène politique djiboutienne, il part pour une destination inconnue. Depuis des jours, il se drogue aux barbituriques, dont il avale des quantités excessives, dans l’espoir de retrouver, sa gloire perdue. Les djiboutiens feignent de ne pas s’en étonner. Ils sont habitués aux frasques d’Aref, en ont déjà vu d’autres. Sans doute lui sont-ils aussi reconnaissants d’aérer de ses caprices spectaculaires le conformisme de leurs propres vies. De quoi frapper les imaginations et laisser de longs souvenirs. Aref se trouve, dans le même état de perdition humaine, peut-être à peine plus désespéré, et ne trouve pour satisfaire son besoin de reconnaissance que le recours à la folie meurtrière. Une autre façon de faire parler de soi et de se retrouver à la une de la presse internationale. ll me paraît évident qu’il s’est volontairement précipité dans cette mascarade confondant l’estime de soi avec l’estimation de soi. Il y a donc méprise. Il ne s’agit plus de l’être humain et de sa dignité, mais d’une mise aux enchères de personnes en tant qu’objets exposés avant la vente. Ce chaos, personne ou presque jusqu’ici ne voulait le nommer, de peur peut-être, d’être accusé d’obsolescence. À présent, on peut le dire: « Le roi est nu ! ». (Et il faut une grande malhonnêteté intellectuelle pour prétendre le contraire). Liberté, que de crimes nous commettons en ton nom !Je pourrais poursuivre la litanie, elle est accablante.

Mais cela suffit. Doit-on, par tant, s’étonner si Aref, en particulier, comme les Djiboutiens en général, ont le sentiment que Mohamed Qayaad est fort mal placé pour arbitrer entre les deux parties? Qu’est-ce que c’est que ce pouvoir mortifère qui se complaît dans les assassinats des djiboutiens(nes) et, qui justifie l’inacceptable jour après jour avec une outrecuidance criminelle et qui a l’infâme arrogance de nous traiter de je sais quoi quand on ose timidement protester contre cette conduite indigne? Qu’est-ce que c’est que ce Aref hypocrite qui manie avec tant de virtuosité le bouclier de l’anti-Moi quand on veut juste lui rappeler que depuis quelques jours, il reproduit à dose homéopathique l’horrible injustice dont il a souffert? Je suis farouchement anti-Aref. Je ne suis en rien anti-Moi. Selon les dires de Me Aref, DAF sera assassiné par ses clients ripoux. Ainsi, de deux choses l’une : ou bien Aref veut diaboliser DAF, ou bien, d’une façon plus sinistre encore, Aref a-t-il eu une sorte de lapsus freudien, trahissant par là le fait qu’il est parfaitement au courant des circonstances de la mort probable de Daher Ahmed Farah. Chose inacceptable et condamnable!

Ces propos sont scandaleux! Car il est impensable aujourd’hui qu’un juriste puisse lancer un appel au meurtre.Question fondamentale, non pas pour pleurer sur nous-mêmes, mais pour trouver le moyen de sortir de ce monde absurde que nous avons engendré. Peut-être devrions-nous nous réjouir de voir Me Aref, somme toute relativement inoffensif, offrir une échappatoire ludique au sentiment d’insignifiance éprouvé par la jeunesse moderne. Car n’est-ce pas l’indécence suprême, à l’heure où se jouent tant de drames humains à travers la planète. Car tout ceci est ridiculement marginal, terriblement dérisoire, et sans la moindre importance humaine ou culturelle. Cette célébrité de pacotille où l’insignifiance intellectuelle le dispute à l’égotisme le plus débridé ne changera pas la face du monde, et ne laissera fort heureusement aucune trace dans l’histoire.

Mohamed Qayaad

Djibouti, les années de la guerre civile, Gadaboursis et Issas

Dr Ali Coubba nous livre un compte rendu fascinant de cette tragédie.

Dès 1949, les revendications ethniques et tribales

Le Conseil Représentatif destiné, d’après la métropole, à favoriser l’émancipation, l’africanisation des cadres et le développement économique du territoire, allait ouvrir la « boîte de Pandore » à Djibouti. Au lieu de faire dessiller les yeux, les nouvelles institutions politiques ont livré le pays à des pratiques politiques dangereuses. 60 ANS PLUS TARD, nous souffrons encore de ce mal.

Une lecture faussée de notre histoire

Si l’on en croit la presse française et les écrits hérités de l’époque coloniale, à l’origine de la première guerre civile survenue à Djibouti, il y a les Issas. Mécontents de la primauté prise par les Gadaboursis, en matière électorale, économique et démographique à Djibouti, ils auraient provoqué les heurts du 23 août 1949 à Djibouti-ville. Autrement dit, les Somalis se seraient massacrés pour des querelles absurdes.

Or la vérité est quelque peu différente.

En 1949, les Djiboutiens n’ont pas encore conscience de ce que signifie la « colonisation ». Ils ne se sont pas appropriés le territoire comme étant leur pays, ni le chef-lieu comme étant leur ville. « Djibouti-ville » est une ville française pour les autochtones (Afars et les Somali-Issa de la CFS). Cela est encore plus vrai pour les populations issues de la diaspora (Arabes, Issaq, Gadaboursi et Issa étrangers). Les deux communautés nationales, plus éveillées, sont alors des Arabes et des Somali-Gadaboursi. Leur statut de population immigrée n’est pas facile. Ils sont conscients d’être aussi « étrangers » aux yeux de la France qu’aux yeux des « autochtones »

Comment peut-on expliquer le clash de 1949 entre Issa et Gadaboursi ?

Pourquoi la guerre civile de 1949 ? Est-ce parce que les Issas n’avaient obtenu, pendant les premières élections du Conseil Représentatif, en mars 1946, qu’un siège sur trois, au sein du collège somali qui en comprenait 3 ?

Est-ce parce que, en décembre 1946, Djama Ali Zeyla’i, un Djiboutien d’origine gadaboursi, a été nommé représentant de la CFS au Conseil de la République ? Est-ce parce qu’en novembre 1947, Saïd Ali Coubèche avait été élu représentant du territoire à l’Assemblée de l’Union française à la place de Mohamed Doulé ? Est-ce la réélection de celui-ci en Conseil de la république en 1948, qui met le feu aux poudres ? Non.

La guerre civile issa-gadaboursi a été favorisée par les jeux politiques instaurés par l’administration française. Les autochtones étaient priés de ne pas se laisser en imposer par les Somalis allogènes. Un tel discours avait un poids psychologique très important auprès des Issas, lesquels estimaient que les autres Somalis profitaient de leurs faiblesses et retards économiques.

De plus il rencontrait un écho favorable dans les milieux autochtones les plus nationalistes. Le « Club de la jeunesse somalie et dankalie » était encouragé lorsque celui-ci stigmatisait les Somalis allogènes. Dans d’autres occasions, l’unité affichée par les Afars et Issas n’était pas de bon augure pour l’administration locale. Tôt ou tard, il fallait détruire ce club. Cela fut fait dès 1950.

La guerre civile de 1949 fut un prétexte pour la France de briser l’influence de la diaspora somalienne et arabe à Djibouti. Et on d’assurer la promotion des l’ « ethnie » issa. Il suffit d’en voir les conséquences : les victimes furent les Arabes et le Gadabouris. Les Issaq furent épargnés. Pour des raisons historiques, les Gadaboursis suscitaient auprès des Issas, plus d’animosité. Mais tout laisse à croire que les différends traditionnels n’ont pas pesé aussi lourd que les dissensions modernes alimentées par la France coloniale. Toujours est-il qu’il y a eu « une centaine de morts et trois cents blessés » d’après Ph. Oberlé. Ce fut tragique pour un pays de 60.000 habitants.

Les conséquences de cette guerre civile

Le grand gagnant de cette guerre civile fut la France et non la communauté issa. Bien sûr, à court terme, celle-ci a eu l’impression d’être sortie victorieuse de l’affrontement contre les Gadaboursis. Ainsi obtint-elle 4 représentants au Conseil représentatif.

La majorité revint aux Somalis ; majorité qu’ils perdront quelques années plus tard au profit des Afars ! La guerre civile, quant à elle, allait déchirée profondément la communauté somalie. Les morts étaient tous des Djiboutiens d’origine somalie.

Depuis 1949, la suspicion a creusé un immense fossé entre Issa et Gadaboursi.

Même l’indépendance de la République de Djibouti n’a pas pansé les plaies du côté des Gadaboursis. Et pour cause. Les présidents djiboutiens (Hassan gouled et IOG, d’origine issa) ont pris un malin plaisir à tourmenter cette communauté pacifique et travailleuse. Comme ils le font avec la communauté arabe.

Avec le recul, la lecture de cette période de notre histoire est claire pour nous. En affaiblissant les Gadaboursis et les Arabes en 1949, l’administration territoriale s’est attaquée à la fraction la plus évoluée de la société djiboutienne. Un coup très dur a été donné à notre pays.

 

Uguta (Toosa) – Mars 2006

 

Aux origines de la république de Djibouti

 Dr Ali Coubba nous livre ici une brève histoire de Djibouti depuis les origines. L’historien raconte d’une manière objective et claire notre passé.

La CFS (1945– 1957)

La vie politique moderne débute à Djibouti en 1945, lorsque la CFS est dotée du Conseil représentatif. A partir de cette date, les Djiboutiens vont voter. Ils ont des représentants élus – des autochtones – qui administrent le territoire. Dans la pratique, le gouverneur conserve encore le pouvoir absolu. Quelles que soient les institutions dites « modernes » : une colonie reste une colonie.

Les représentants djiboutiens

En 1945, à la sortie de la Seconde guerre mondiale, deux vérités s’imposent. Premièrement, la France a perdu son rang sur le plan international. Elle compte si peu auprès des Etats-Unis et de l’URSS ! Deuxièmement, les Africains sont conscients de cette situation d’autant qu’ils ont – à l’image du Bataillon Somali – participé à la libération de la France.

Maintenant que les Français ont regagné leur liberté, il était légitime qu’on attendît d’eux qu’ils fassent tout pour assurer l’émancipation des colonies qui s’étaient battues si vaillamment à leurs côtés. Mais, les dirigeants français, à commencer par de Gaulle, n’entendaient pas de cette oreille. La décolonisation sonnait la fin de l’influence de la France, son affaiblissement certain sur l’échiquier international. C’est dans un tel climat que le Conseil Représentatif (CR) est voté à Djibouti, le 9 novembre 1945. Il se veut une sorte de compensation, un cadeau offert aux colonisés. Cela calmerait leurs impatiences pendant quelques temps. Puis, une « Loi d’autonomie », à peine plus progressiste que la première fera l’affaire.

Le Conseil Représentatif (1945-1957)

Le CR ne propose pas ni le progrès du statut du territoire ni celui des colonisés. Djibouti reste en 1945 une colonie à part entière. Le nouveau texte, il est vrai, semblait plus évolué que celui qui avait présidé à la destinée de notre pays avant 1945. Puisque avant, la CFS ne possédait pas d’institution politique. Avec le CR, le gouverneur continuait, sur la base d’un texte-ci, à faire la pluie et le beau temps dans le territoire. Dans ces conditions, parler de « l’apprentissage de la démocratie » au sujet du CR, comme le fait Philippe Oberlé, paraît trop exagéré.

Elu pour un mandat de 4 ans, le CR prévoit 12 élus (Délégués). Ces derniers ne jouissent pas d’immunité parlementaire. Le Conseil élu est divisé en deux sections différentes : une qui réunit les Européens et une autre les indigènes (Djiboutiens). En vertu du pacte colonial, la séparation était absolue entre colons et colonisés. Le corps électoral est constitué des Européens et une infime fraction de Djiboutiens qui participe à l’activité économique de la colonie.

Uguta (Toosa) – Mars 2006