Courrier des lecteurs.

CourrierÀ Djibouti, les jours se suivent et se ressemblent depuis les dernières élections. Le régime continue sa répression, une partie de l’opposition réunie sous la bannière USN (Union pour le Salut National) se fait du capital politique sur le dos des oulémas comme Béchir, God et Maidal, des leaders politiques comme Daher Ahmed Farah et des simples citoyens emprisonnés ou harcelés.

En tout cas, c’est la substance du courrier des lecteurs suivant que nous publions in-extenso. À souligner que l’auteur du courrier Hamdi Y. Warsama a une opinion très tranchée qui n’est pas forcément celle de la rédaction de Djiboutii.net. À lire avec les précautions d’usage.

Rien ne sera plus comme avant.

Il y a quelques jours un ami me demandait: «Toi qui étais toujours un opposant, pourquoi on ne te voit jamais aux manifestations? Pourquoi ne rejoins –tu pas l’USN? »
Je lui ai répondu par la fameuse citation somalienne: «Un ânon semble  plus beau que ses parents à sa naissance, mais deux après ce n’est qu’un âne.» A-t-il compris? Je n’en sais rien mais j’ai décidé de livrer le fond de ma pensée. L’USN est une coalition réunissant le Model, le PND, le MRD, l’ARD, Boreh et l’UDJ en gros.

Le Model

Rejoindre le MODEL m’aurait tenté même si je n’adhère pas aux idées des frères musulmans.  Avec eux, beaucoup de problèmes auraient été résolus et en premier lieu la peste tribale. Mais le simple fait qu’ils se sont mis avec l’USN m’a fait reculer. Faut s’associer au Diable pour arriver à ses fins? Je laisse les philosophes y répondre, pour ma part je vais vous livrer leurs colistiers.

Le PND

A tout seigneur, tout honneur, je vais commencer par Aden Robleh Awaleh (ARA) qui depuis 49 ans ne fait que trahir et pourtant il a toujours des clients. On ne le met pas en quarantaine. Ça ne fait c’est notre fils qui s’est trompé encore une fois. Quand  hier, Janaaleh (qu’Allah l’accueille dans son paradis) lui avait tiré dessus pour le tuer, s’il avait réussi il y aurait un crabe de moins et je n’ai pas parlé de son côté haineux et incitateur à la discorde.

BOREH

Ensuite vient Boreh. Vous êtes-vous demandé qui est Boreh? N’est-il pas l’associé du grand Parrain de la Cosa Nostra djiboutienne? N’est-il pas celui qui nous a détroussés. Celui qui, non content de dévaliser le pays, a ajouté l’insulte à l’injure en nous traitant des fainéants qui ne veulent pas travailler, nous privant ainsi des miettes. Oui, il est le frère, l’ami intime, l’égal  d’IOG.

Un proverbe somali dit : « Labada Adamaha u heshisey, dar Allah u colobaan.» (Ceux qui se liguent contre les pauvres gens finissent par s’entretuer.) Quand ils se sont disputés sur le partage et qu’IOG a eu le dessus, il se trouve une âme patriotique et veut chasser IOG pour venir au secours des pauvres djiboutiens. Y croyez-vous?

Où est-ce simplement pour prendre la place d’IOG et mieux nous extorquer ?
Mais ce qui m’étonne ne sont ni ARA, ni Boreh, mais c’est ceux qui les soutiennent, ceux qui les suivent. Est-ce simplement parce que c’est un membre de la tribu? Wow!

L’ARD

L’ARD de Ahmed Youssouf est un parti qui ne veut pas prendre le pouvoir mais être éternel second avec le principe d’un partage Issa-Afar. Le fameux 50/50 sur tout, de la femme de ménage au ministre. Je serai d’accord qu’il ait une certaine parité, une accommodation raisonnable entre Afar, Arabe et Somali, mais que ceci s’arrête au recrutement et que le meilleur soit placé pour le bien-être du pays.   L’ARD ne me dit RIEN n’étant ni Afar, ni Issa.

Le MRD. (ex PRD)

C’est le parti auquel j’ai adhéré il y a 20ans parce qu’il symbolisait le changement et l’avenir auquel j’aspirais. Malheureusement, le parti de feu Mohamed Djama Elabé (Que Le Tout Puissant l’accueille dans son paradis) a été dénaturé par son clan, les Fourlabas, en faisant de ce parti ouvert comme il l’a voulu, un parti fermé.

Hier, quand je militais au sein du PRD, je savais qu’Elabé était un Fourlaba, mais il s’était élevé au-dessus du lot en devenant DJIBOUTIEN. Quand son Seigneur l’a rappelé, normalement son vice-président devait lui succéder, mais manque de pot il est Afar. Ainsi depuis 20 ans, Haissama et Souleiman restent éternels  vice-présidents, acceptant maintenant pour la énième fois comme chef le jeune DAF (même si c’est quelqu’un que je respecte beaucoup) simplement parce qu’il est fourlaba.

L’UDJ

Enfin j’ai gardé le meilleur pour la fin, c’est-à-dire Ismaël Guedi Hared, mais pour vous parler ce grand homme, permettez-moi de remonter le temps. En 1976, Adolf H. Gouled qui a toujours été un anti-indépendantiste a reçu de la France l’ordre de changer son parti, la Ligue Populaire Africaine (LPA) en LPAI (pour l’indépendance). La France l’a choisi au détriment des autres indépendantistes pur et dur  parce qu’il était celui qui exécuterait le mieux leur dessein. Faire de Djibouti une république associée à la France.

Malgré son lourd passé et avide d’être indépendant, les Djiboutiens le proclamèrent Père de la Nation.

Au lendemain de l’indépendance, Adolf H. Gouled rejette ce titre Noble et choisit d’être le Père d’une tribu. Il décidât de proclamer la supériorité de la tribu Issa. Pour mener à bien son dessein, il choisit nul autre que Heinrich Himmler alias Ismaël Guedi Hared président de l’UDJ et président de l’assemblée. Farouche partisan de la solution finale pour nettoyer Djibouti des parasites,  (comprendre tout ce qui n’est pas Issa) Himmler disait: «Pas de génocide, le monde peut nous voir, simplement leur interdire l’accès au travail, d’eux-mêmes ils partiront.» Ainsi l’accès au travail devint difficile aux autres et ceux qui y étaient subissaient humiliation sur humiliation.

Un cas concret, Saïd Ahmed Awaleh (frère ainé de l’actuel ministre de l’Agriculture)  fut le premier inspecteur des douanes en 1975, sous l’occupation, et après l’indépendance devint sous-directeur. Les directeurs se succédèrent jusqu’au jour où le dernier ayant pris sa retraite, la rumeur courait que le futur directeur allait finir ses études en juin. Et effectivement, un jeune de l’âge de son fils, fraichement sorti d’une université française fut engagé. Mr Saïd, qui était par intérim, lui enseignât le b-a du métier pendant 6 mois et le jeune fut nommé Directeur.  Suivre cet homme pour qu’il finisse le travail commencé, non merci.

L’UMP

Tout le monde connait IOG et l’UMP, je vais juste ajouter mon point de vue. IOG et l’UMP, pour moi c’est un clan, le clan des SICILIENS,  avec le parrain à leur tête à qui ils doivent allégeance et soumission. Ils n’ont qu’un seul intérêt, celui de se remplir les poches et en premier lieu celles du parrain (IOG) et le jour où tout éclatera, ils ont assez d’argent pour pouvoir vivre hors du pays. Mais contrairement à Himmler, c’est un parti ouvert. Je ne pourrai jamais être Issa, par contre, on peut devenir Mafioso même si personnellement, j’aurai trop de scrupules, d’autres ont pu. Ainsi aujourd’hui, on voit des non Issas, faire la pluie et le beau temps dépendamment de leur place dans la hiérarchie mafieuse, un temps ensoleillé, partiellement nuageux ou orageux.

La SOLUTION

Je comprends que beaucoup d’Issas aimerait retrouver ce temps faste pour eux, mais ô  combien difficile pour nous autres. Il faut savoir qu’il ne peut y avoir une justice ou une démocratie inter Issa.

Ils doivent choisir entre la dictature d’IOG ou la Démocratie et la Justice pour tous.
S’ils choisissent de retrouver la suprématie des Issas, il faut garder la dictature et aussi admettre que les Mamasans soient la crème des Issas. S’ils optent pour la dernière, j’aimerais leur dire que, PLUS RIEN NE SERA COMME AVANT, car qui dit multipartisme dit accès aux urnes et nous saurons choisir celui qui remplira nos conditions. Justice, Démocratie.

Ou pourquoi pas un Président ni ISSA ni AFAR, mais simplement DJIBOUTIEN.

Hamdi Y. Warsama

Djibouti24: Outil falsificateur ou jouet fantomatique de la dictature?

CourrierDjibouti24 se présente comme la victime d’un vaste complot .Pour mieux démontrer à son auditoire qu’il est victime d’un ostracisme, il s’en est ensuite pris aux sympathisants de l’USN. Pour conclure, il avance que sa liberté d’expression est en danger en raison d’un certain nombre de pressions de la part de l’oppostion djiboutienne.Là encore, sa prise de parole ne semble pas vraiment correspondre aux faits. Je lance un défi aux administrateurs de Djibouti24 de prouver le contraire.

De quelle démocratie parlez-vous? De celle qui refuse le débat d’idées, dont on sait qui sont les vrais responsables? Pourquoi avez-vous supprimé le post (Me Aref: Caniche de la dictature ou bouffon écervelé?)? Vous allez probablement être capable de m’expliquer, vous qui êtes intelligent, comment voulez-vous avoir un discours cohérent, quand censurer « un article » est passible du déni de liberté d’expression au regard des facebookois?

Bienvenue dans le monde de Djibouti24: où le mensonge est la norme, où le dogme est le crétinisme.Eh oui ! Votre seule stratégie est de vivre dans l’instant, et d’ériger le mensonge social comme idéologie dominante devant imprégner tous les niveaux du corps social, pour fétichiser des valeurs dépourvues de contenu comme la « transparence », l’«éthique», le «contrôle citoyen» ou la «vérité».

Pire, vous êtes l’as-sa-sin de la liberté, de la démocratie et de la conscience.De quoi vous avisez-vous, de dire que tous les préposés opposants (sans faire la moindre exception) sont des sangsues du peuple, des fripons, qui semblent n’avoir en dépôt la puissance du dictateur que pour la rendre détestable? Quoi! L’écrivain Abdourahman A Waberi, Mohamed Kadamy, Mahdi Ibrahim Ahmed God , Kassim Ahmed Dini , Ali Coubba et Daher Ahmed Farah pour ne citer qu’eux sont des coquins suivant vous?

Belle vision!Djibouti24, soyez le favori du dictateur ; servez-le, j´y consens, quoique votre talent et vos posts pussent être plus dignement employés; mais ne soyez son apologiste ni de bouche, ni d´esprit, ni de cœur. Comment lui faire comprendre l’obstination, le refus de compréhension des lyncheurs d’hier, aujourd’hui sous le coup des lapidations des autres, d’assumer les principes dont Djibouti24 se targue être le dépositaire?

Pourquoi semble t-il si difficile aux uns de comprendre qu’au nom de la chère liberté, le peuple djiboutien a le droit aussi de défendre ses valeurs lorsqu’elles sont bafouées par le dictateur? Pardon son guide providentiel devrais-je dire !

Descartes disait «le bon sens est la chose du monde la mieux partagée». Et au nom de ses valeurs, IOG n’a-t- il pas violenté son peuple sous prétexte qu’il veut faire partager son «bon sens» ? Népotisme, déprédations multiples, exterminations, génocide, sont-ce pas là des exemples des conséquences de cette défense des valeurs de liberté si chères à Djibouti24?

Quelle hypocrisie ! Djibouti24, ce faisant le chantre de la dictature, vient encore de donner une preuve de son manque de maturité qu’il cache sous des grands principes de liberté d’expression et autres concepts pompeux pour sa bonne conscience, mais qu’il est incapable d’assumer. Oui ! cette incapacité à respecter sur son propre sol, les valeurs qu’il prétend incarner et qu’il va imposer de force à d’autres.

Si la liberté d’expression n’est pas donc un vain mot dans cette société dont l’hypocrisie et les contradictions sont les caractéristiques essentielles, pourquoi toute cette bronca orchestrée par Djibouti24 sur Daher Ahmed Farah. Le versatile –Djibouti24 – comme tous les adeptes du flou, de la mauvaise foi et du mensonge nous en donne une explication fort intéressante et révélatrice; ce n’est pas pareil, ce que DAF a fait est odieux, abominable bref inqualifiable, d’ailleurs nul comparable à ce qui se passe.

On croirait entendre Jacob Neusner lorsqu’il affirmait « L’holocauste mal unique n’a pas seulement pour conséquence de donner aux juifs un statut à part, il leur donne un droit sur les autres”. Je n’en pouvais plus de supporter l’attitude de Djibouti24 et ses acolytes à l’égard de leurs contradicteurs : dénigrement systématique, évaluations injustes, calomnies, amalgames et j’en passe.Ces « accusations » étant susceptibles de paraître complètement ridicules aux communs des mortels et aux facebookois, Djibouti24 ne reculant devant rien n’hésite pas à avancer un argument assez savoureux pour expliquer l’acharnement par cette secte dangereuse de la destruction de l’Etat despotique djiboutien.

Quelle arrogance! Moquerie, sermon sur l’art d’être fort, froideur agressive, condescendance autant d’armes qu’ils peuvent utiliser et qui ne manqueront pas d’atteindre leur victime. La moquerie dans ce cas n’est qu’une tactique employée pour dévaloriser l’adversaire, le ridiculiser aux yeux des facebookois de bonne foi et qui seraient tentés par l’aventure.La contestation externe peut exister. La contestation externe peut être éliminée préventivement (par exemple le manipulateur – Djibouti24 – peut dresser une liste des personnes qu’il ne faut pas que le commun des intervenants fréquente).

La meilleure façon , pour Djibouti24, d’imposer une idée, c’est de la répéter sans l’expliquer (cf le trucage des photos d’ Amin arts / les émeutes post electorales du Kenya), si possible avec le sens de la formule, de façon à ce qu’elle devienne un stéréotype.Les ragots rapportés sans contrôle sont retranscrits scrupuleusement par Djibouti24 avec comme objectif évident de dédramatiser la situation.La propagande de Djibouti24 , est une de ses armes de guerre les plus efficaces (ça se fait là-bas et en plus, on est payé pour ça !). C’est triste d’être monnayable ; la dignité est beaucoup plus chère qu’une bouchée de pain, mais dans la façon de voir, se projette la façon d’être.Et l’on pense, à ce sujet, aux vers fameux d’Aragon : « Les yeux bleus de la Révolution (nazie, dans ce cas) brillent d’une cruauté nécessaire. »

Djibouti24 s’empêtre jour après jour dans ses mensonges , il a le culot de nier la nature génocidaire de son régime.Mercenaire des idées, il n’a cessé, contre vents et marées, de défendre un régime enfoncé dans la boue jusqu’au cou. Maître dans l’art de transformer en fiction des réalités ou le contraire, dont l’empire n’a de limites que celles de l’imaginaire, ne comptez pas sur lui pour vous révéler  » les secrets  » du régime despotique.

Mohamed Qayaad

Les djiboutiens d’Ottawa manifestent

acsaomanif27avr2013pic1_smallComme prévu, ce samedi 27 avril 2013, les djiboutiens d’Ottawa se sont rassemblés devant la flamme du centenaire de la colline du parlement du Canada. Ils se sont réunis manifester leur soutient aux dizaines de leaders politiques et aux centaines de simples citoyens emprisonnés depuis le hold-up électoral du 22 février 2013.

Ont participé à la manif (qui s’est déroulée dans l’ordre et la discipline, des jeunes, des moins jeunes, des hommes, des femmes, des enfants… Ils étaient là pour dénoncer le régime stalinien de Ismaël Omar Guelleh (IOG) et, pour rappeler leurs responsabilités aux leaders du monde libre car la situation.

À Djiboutii.net, une fois n’est pas coutume,  nous joignons à ces frères et soeurs. Nous disons non aux arrestations arbitraires, nous disons non au vol de la voix des urnes. Le combat de l’opposition (pluriel) au régime vieux de 36 ans qui saigne à blanc Djibouti, notre pays, est juste. IOG doit emprunter la même route que Moubarak, Ben Ali, etc.

Nous avons créé un album photo de cet événement que nous vous invitons à partager avec nous.

Faut arrêter les exactions à Djibouti.

GuellehCe samedi, les djiboutiens d’Ottawa se rassembleront devant la flamme du centenaire devant le parlement du Canada puis, devant l’ambassade des États-Unis d’Amérique de la rue Sussex pour soutenir les dizaines de leaders politiques et les centaines de simples citoyens emprisonnés depuis le hold-up électoral du 22 février 2013.  Les djiboutiens se rassembleront pour dénoncer le régime stalinien de Ismaël Omar Guelleh (IOG) et, pour rappeler leurs responsabilités aux leaders du monde libre car la situation qui prévaut à Djibouti ne doit laisser personne indifférent.

En effet, depuis le hold-up des dernières élections législatives, les manifestations populaires sont quasi-quotidiennes et le régime d’IOG, comme à l’accoutumée, règle le problème par la violence et la terreur.

Plusieurs exécutions extra judiciaires et des tirs à balles réelles sur des manifestants sans armes ont été signalées plusieurs fois et filmées. Les arrestations et les enlèvements touchant les leaders politiques et les tortures physiques ne se comptent plus. Tout cela a été dénoncé par les djiboutiens et par plusieurs média et organismes indépendants. Mais le régime en place depuis l’indépendance de 1977, lui, n’en fait qu’à sa tête.

J’écris ce court message parce que je ne serais pas de la manif. Je suis en déplacement dans la région de la ville de Québec.

Par ce court message je manifeste ma solidarité pleine et entière à toutes les victimes de l’arbitraire et toutes les personnes injustement détenues dans la sordide prison surpeuplée de Gabode. J’exprime ma solidarité à mon ami Daher Ahmed Farah. J’exprime ma solidarité à Abdourahman Barkat God, à Abourahman Bachir.

Par ce court message, j’exprime ma solidarité à tous les autres dignes djiboutiennes et djiboutiens qui croupissent sans procès dans les commissariats de police, les brigades de gendarmerie ou le sinistre «Centre de Transit» de Nagad pour avoir simplement exprimé leur opinion.

Par ce court message, je dénonce l’arrestation de Faissal Mohamed Hadi et l’intimidation de la famille du grand syndicaliste Farah Abdillahi Miguil (qui était à l’étranger au moment de la «descente»).

Quel homme saint d’esprit va terroriser une mère et ses enfants? C’est clair, IOG n’est plus saint d’esprit. Il vient de démontrer cela pour la énième fois. Quand le pays est endeuillé par de graves (et prévisibles et gérables) inondations et enterre ses morts, il vient de quitter le pays pour l’étranger pour vaquer à ses affaires personnelles, comme si de rien n’était. Est-il saint d’esprit?

Une chose est sûre. Contre lui, les djiboutiens sont déterminés à sauver leur pays du naufrage et le montrent chaque jour qui passe, au pays et à l’extérieur. Ils ont besoin du soutien de la communauté internationale pour éviter la somalisation de la situation.

Hassan A. Aden
hassan.aden@ncf.ca

Les manifs se poursuivent.

Vendredi dernier (8 mars 2013) dans un court article intitulé « Contre le vol des urnes, les manifs se poursuivent à Djibouti », nous vous avions présenté une vidéo format timbre-poste et incomplète sur les manifs qui se poursuivent à Djibouti. Nous avons pu retrouver cette vidéo en plus grand format et vous la présentons ci-dessous.

USN: Communiqué de presse.

USNUnion pour le Salut National
Communiqué de presse

Après plus de quarante huit heures de garde à vue à la brigade criminelle, notre porte-parole Daher Ahmed Farah a été transferé pour la seconde fois à la prison civile de Gabode.

L’acharnement judiciaire et la répression quotidienne à l’encontre de nos militants et dirigeants démontre clairement l’obstination du pouvoir Djiboutien à vouloir  détourner le verdict des urnes.

Plus que jamais,  nous exigeons le respect du verdict des urnes et la liberté pour notre porte-parole Daher Ahmed Farah et tous les prisonniers politiques.

Ahmed Youssouf Houmed
Président de l’USN,
Djibouti, le 06 mars 2013

Djibouti Le régime de Guelleh, néocolonie et dictature féroce

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Djibouti Le régime de Guelleh, néocolonie et dictature féroce

Mots clés : djibouti, dictature, ismaïl omar guelleh,
Source : http://www.humanite.fr/tribunes/516720

Sur ce confetti de l’ex-empire, devenu une sorte de porte-avions français stratégique à l’entrée de la mer Rouge, le dictateur Ismaïl Omar Guelleh réprime l’opposition, qui revendique la victoire aux législatives du 22 février.

À Djibouti, une implacable chasse aux sorcières est engagée. Sont visés, les responsables et les militants de l’Union pour le salut national (USN), la coalition de l’opposition qui revendique la victoire aux élections législatives du 22 février. Vendredi, dans les rues de la capitale, de violents heurts ont opposé les protestataires aux policiers, qui n’ont pas hésité à tirer à balles réelles. Bilan : au moins dix morts. Les arrestations se comptent par centaines. Selon Omar Ali Ewado, de la Ligue djiboutienne des droits de l’homme (LDDH), plus de mille personnes ont été interpellées depuis le début du processus électoral. « Des détenus politiques sont sauvagement torturés à la prison de Gabode. La répression est terrible. On torture en public, jusque dans la rue », s’alarme-t-il. Dimanche, trois figures de l’USN, placées sous mandat de dépôt depuis le 27 février, ont été déférées devant le parquet. Abdourahman Barkat, Abdourahman Bachir et Guirreh Meidal sont inculpés pour « incitation à l’insurrection ». Ils risquent chacun trois ans de prison ferme et dix ans d’inéligibilité. L’audience a été reportée au 10 mars.

Les arrestations arbitraires, les humiliations, l’intimidation ne dissuadent pourtant pas les citoyens de Djibouti de poursuivre un mouvement d’une ampleur inédite. Ce mardi, l’USN appelle à une grande manifestation sur la route de Venise, l’un des grands axes de Djibouti-Ville. « Les Djiboutiens refusent de laisser le gouvernement s’emparer de la victoire du peuple en inversant les résultats. Un bras de fer est engagé avec ce régime dictatorial et népotique », résume Abatté Ebo, vice-président du Mouvement pour le développement et la liberté (Model), une composante de l’opposition issue de la société civile. Dans cette néocolonie qui abrite la principale base militaire française à l’étranger et l’unique base américaine en Afrique, on s’interroge sur l’attitude de Paris. « La France est une complice passive de la répression. À la télévision djiboutienne, l’ambassadeur de France n’a pas hésité à louer la transparence du scrutin », se désespère Omar Ali Ewado.

À Djibouti, où la torture est quotidienne, le despote qui l’ordonne s’est fait plus féroce encore après que le vent de révolte venu de Tunis a jeté, au printemps 2011, des milliers de Djiboutiens dans la rue. Depuis ce 18 février 2011, date de la plus importante manifestation depuis l’indépendance, une répression d’une rare violence s’abat sur les opposants et sur les défenseurs des droits humains. Les disparitions, les arrestations arbitraires sont monnaie courante. Dans les commissariats, dans les casernes militaires, en prison, les actes de torture et les mauvais traitements infligés à des opposants, des étudiants, des syndicalistes, des journalistes, des bergers sont systématiques. « D’innombrables personnes sont passées entre les mains des tortionnaires. Des familles, surtout en brousse, peuvent rester plusieurs mois sans nouvelles d’un proche enlevé par les services de sécurité du régime », témoigne Mohamed Kadamy, président d’un parti frappé d’interdiction, le Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie (Frud), qui a lui aussi connu les geôles d’Ismaïl Omar Guelleh avant d’être contraint à l’exil. Impossible de recenser toutes les victimes de cette dictature féroce. Certains détenus meurent sous la torture, comme Abdallah Mohamed Abdallah, qui a rendu son dernier souffle dans les locaux de la gendarmerie, le 3 février 2011. Il avait eu l’outrecuidance de dégrader le véhicule d’un homme d’affaires saoudien.

Sur ce confetti de l’ex-empire, devenu une sorte de porte-avions français stratégique à l’entrée de la mer Rouge et face au golfe d’Aden, le sort des opposants n’émeut pas les autorités de l’ex-puissance coloniale, attachées à Ismaïl Omar Guelleh comme à un fondé de pouvoir obéissant. « Réélu » pour un troisième mandat en avril 2011, après avoir trafiqué la Constitution et organisé une mascarade électorale boycottée par l’opposition, Guelleh reçoit, malgré la corruption, le népotisme, la violence politique, un soutien inconditionnel de la France. Au point, relève l’association Survie, que « c’est bien pour préserver à tout prix le vieil ami Guelleh (…) que l’État français ment de façon éhontée » sur l’affaire Borrel, du nom de ce magistrat français assassiné à Djibouti en octobre 1995. « Des témoignages, dont celui d’un ex-membre de la garde présidentielle, Mohamed Saleh Alhoumekani, mettent en effet directement en cause le président Guelleh et son entourage dans l’assassinat du juge Borrel », rappelle l’association de lutte contre la Françafrique. Le 21 décembre 2011, le dictateur Guelleh était reçu à l’Élysée pour parapher le nouvel accord de défense entre la France et Djibouti. À la clé, le maintien d’une précieuse manne pour la famille régnante, avec le loyer mensuel de la base militaire française, qui s’élève à 2,5 millions d’euros. Soit 30 millions d’euros par an, dont les Djiboutiens ne voient pas la couleur. À Djibouti, l’espérance de vie n’est que de 56,1 ans(1). Le taux de chômage dépasse les 60 %(2). Selon l’Unicef, « la probabilité de survie d’un enfant djiboutien jusqu’à son premier anniversaire est l’une des plus faibles de la région » : près d’un enfant sur dix décède avant un an. Une famille sur cinq, seulement, est raccordée au réseau électrique.

C’est dans ce noir contexte que, broyée à l’intérieur, peu soutenue à l’extérieur, boudée par la presse internationale, l’opposition djiboutienne poursuit son courageux combat pour la démocratie et le respect des droits humains.

(1) Rapport mondial sur le développement humain, 2010.
(2) Rapport national sur le développement humain, 2007.

USN: COMMUNIQUE DE PRESSE

USNArrestations quotidiennes des dirigeants et militants de l’USN

L’hystérie répressive du régime fraudeur d’Ismael Omar Guelleh est à son comble depuis notre rejet des résultats falsifiés des législatives du 22 février 2013.

Ainsi, cet après-midi vers 16h, notre porte-parole Daher Ahmed Farah a été arrêté pour la enième fois sans mandat à son domicile par des policiers de la brigade criminelle. Dans la soirée les policiers sont revenus vers 21h45 au même endroit pour arrêter tout aussi arbitrairement sans mandat ni convocation un autre dirigeant de l’USN, Meydaneh Abdallah Okieh. Arrestation musclée dirigée par le capitaine Abdallah Mohamed Abdallah, au cours de laquelle les forces de répression ont fait usage de grenades lacrymogènes. Meydaneh a été brutalisé au moment de son transfert vers une destination inconnue.

L’USN condamne fermement les arrestations arbitraires et brutalités policières à l’encontre de ses militants et dirigeants et demande la libération immédiate de son porte-parole Daher Ahmed Farah et de tous les prisonniers politiques.

Ahmed Youssouf Houmed
Président de l’USN

Djibouti : Le gouvernement appelle au calme et met en garde l’opposition

DJIBOUTI (Xinhua) – Suite aux violents affrontements observés depuis lundi entre forces de l’ordre et militants de l’opposition qui contestent les résultats des élections législatives du 22 février, le ministre djiboutien de l’ Intérieur Hassan Darar Houfaneh a lancé mardi un appel au calme à la population qui a été retransmis par la télévision nationale.

Djibouti : Plusieurs blessés lors d’une manifestation interdite de l’opposition (26/2/2013) Législatives : Les résultats divisent profondément la rue djiboutienne (26/2/2013) Djibouti : L’opposition appelle ses partisans à manifester lundi (25/2/2013) « J’exhorte les Djiboutiens à se désolidariser des appels à la violence et aux messages de haine qui affluent sans discontinuer du camp de l’opposition depuis l’annonce des résultats des élections législatives de vendredi dernier », a-t-il dit.

« Si l’opposition conteste les résultats des élections législatives, elle a pleinement le droit de s’adresser aux autorités compétentes et de défendre devant elles la légitimé de ses revendications », a-t-il ajouté.

Cependant, M. Hassans Farah Darar a souligné que « l’Etat ne tolérera point les atteintes à répétition contre l’ordre public orchestrées derrière de prétendues manifestations qui ne sont en réalité qu’une vaste campagne de manipulation des jeunes et qui cachent mal une volonté délibérée d’attenter à la stabilité du pays ».

« J’invite les protestataires à ne pas prendre en otage les étudiants et à entraver le fonctionnement et la bonne marche des établissements scolaires », a-t-il prévenu.

D’autre part, le ministre djiboutien de l’Intérieur a émis une sévère mise en garde à l’encontre des fauteurs de trouble contre lesquels il a promis de « sévir dans le souci de tenir en échec leurs agissements peu démocratiques et de les traduire en justice afin qu’ils répondent de leurs actes ».

« Les fauteurs de troubles et les perturbateurs de l’ordre public seront tenus responsables de tout acte de violence susceptible de porter atteinte à la sûreté du pays. Et toutes les personnes appréhendées par la police seront déférées devant la justice pour répondre leurs méfaits », a-t-il martelé.

« J’invite encore l’opposition à respecter la volonté du peuple et à recourir aux voies légales de contestation. Je tiens également à appeler tout un chacun à appuyer les efforts du gouvernement visant à promouvoir la paix, l’unité et la stabilité », a-t-il conclu.

La coalition de l’opposition, l’Union pour le Salut National ( USN), qui regroupe trois formations politiques, a rejeté catégoriquement les résultats provisoires des élections législatives de vendredi dernier qui ont été annoncés par le ministère de l’Intérieur et donnant une majorité écrasante de 80% sur les 65 sièges du parlement à l’alliance au pouvoir, l’Union pour la majorité présidentielle (UMP).

« Nous rejetons vigoureusement ce hold-up électoral caractérisé », avait déclaré le président de l’opposition, Ahmed Youssouf Houmed, quelques heures seulement après la publication des ces résultats provisoires.

En effet, l’opposition djiboutiennne qui a mis fin à une décennie de boycotte dénonce des fraudes massives et des bourrages des urnes lors du déroulement de ce scrutin.

Dimanche dernier, la déclaration commune des observateurs internationaux qui ont « salué le caractère démocratique et la transparence des élections » n’ont pas changé la position des leaders de l’opposition, rejoints dans la contestation des résultats par les centristes du Centre des Démocrates Unifiés (CDU) .

Depuis lundi, la capitale djiboutienne est en proie à des foyers de protestations dans plusieurs quartiers de la capitale qui ont conduit à des affrontements entre les forces de l’ordre et les sympathisants de la plateforme de l’opposition, l’Union pour le Salut National, faisant plusieurs blessés civils.

Avec une introduction historique d’une dose de 20% de proportionnelle, les élections législatives de vendredi dernier ont permis pour la première fois à l’opposition djiboutienne d’ entrer dans le parlement de ce pays.

Petit Etat de la Corne d’Afrique indépendant depuis 1977, qui compte moins d’un million d’habitants, Djibouti bénéficie d’une position stratégique qui lui vaut d’accueillir les plus importantes bases militaires françaises et américaine en Afrique.

Agence de presse Xinhua