Me Aref: Caniche de la dictature ou bouffon écervelé?

CourrierCet  article nous a été envoyé par un lecteur du nom de Mohamed Qayaad. Son contenu n’engage aucunement la redaction de  Djiboutii.net.

L’ambition fait accepter à certains hommes ( ou qui pensent l’être ) les attitudes les plus lâches et les gestes les plus vils, c’est ainsi qu’ils espèrent gravir les marches de la vie de la même manière que l’on rampe, sans dignité aucune. La chambre de Me Aref frappe par son dépouillement. C’est là qu’il dort ou se repose.

A présent, il s’ennuie. Sa défense me paraît fade, insupportable somme toute. Un Aref démodé, décadent, qui n’étonne plus, poseur mondain, un apprenti sorcier ampoulé. Peut-être. Le style? Trop limpide pour faire date, bon pour les manuels scolaires. Il s’affiche avec force comme différent, par son comportement, sa manie. Il fut fréquemment ridiculisé, montré du doigt par son ex- bourreau IOG. Il est pour lui-même son principal centre d’intérêt et il ne s’aime pas. Lui qui dit ne pas s’aimer ne fuit jamais l’objectif, dans toutes les tenues, avec ou le regard au loin, badin ou sévère. Qu’est-ce qui le (Me Aref) fait le plus peur? Les chiffres ou la réalité d’actes jusqu’alors cachés car trop honteux à dévoiler ou à reconnaître? Depuis que le silence s’est levé sur l’horreur de ces agressions sur le porte parole de l’USN Daher Ahmed Farah “DAF”, le nombre de cas révélés par les écrits de la presse internationale ne cesse d’augmenter. Il a bien du mal à faire taire ce qui risque d’entacher son honorabilité et sa crédibilité. Avez-vous réfléchi au pourquoi un agresseur choisissait telle victime plutôt que telle autre? Avez-vous remarqué que souvent ces mercenaires (Elmi Jees, Abdillahi Abdi , Hassan Said et leur commanditaire IOG. ) rejouaient avec leur victime la même scène qu’eux-mêmes, enfants, ils avaient subie? Est-il acceptable de penser qu’un agresseur puisse attendre de sa victime le « NON » qu’il n’a jamais pu dire, dans le même contexte de violence? En tout cas, ce ne sera jamais à l’aide de chiffres et de statistiques que la problématique d ‘Aref se résoudra. C’est vraiment scandaleux. Me Aref est à blâmer pour sa négligence et son irresponsabilité est la cause principale de la recherche du mensonge.De même, on note une plus grande « agressivité » chez lui que chez ses détracteurs: et pour cause, il a besoin d’en montrer bien plus qu’eux, pour oser être un intellectuel terroriste – outre le fait qu’à comportement agressif égal, si l’on peut dire, un homme passe pour un furieux là où une femme est vue comme dynamique et entreprenante. Il y avait là de quoi choquer plus d’un bien-pensant.

Au contraire, il fut honoré, respecté, décoré, comme protégé par son pseudonyme magique.Au-delà des frasques mercantiles de Me Aref, la question est donc d’interroger, dans son combat d’arrière-garde, la part de l’authentique et de l’inexorable. Un vieux pitre délabré absent de lui-même et qu’on roule à son tour dans la farine comme il en a fourni lui-même la recette. Tous (les djiboutiens (nes)) ont leur part dans la farce macabre de ces derniers jours. On spécule sur ses nombreux revirements testamentaires.

D’après ses interventions sur la RTD, Me Aref n’est déjà qu’un fantoche bien avant de devenir malade, produit mécaniquement des autopastiches lucratifs, mais ne crée plus, n’invente plus, ne fait que se maintenir à peu près à la hauteur clownesque où il s’est hissé publiquement. Aussi bien qu’il répète sur RTD, avec cette diction caricaturale devenue un poncif pour ses imitateurs: « Je suis fou d’IOG !  » Pourquoi pas? Il a écrit de nombreux et fumeux ébats devant des auditoires épatés d’avance, venus voir le maniaque narcissique grisonnant faire son numéro sur le bizarre à la portée de tous, prestations pour lesquelles il prend soin de chausser des chaussures trop petites qui le meurtrissent (« Dans mon cas personnel, la souffrance physique [comme le mal de dents] accroît et fortifie la manie oratoire »). Et alors? A qui la faute, à Aref ou à l’époque? Une grande opération alchimique s’est réalisée, certes, mais dans quel sens? Car il y eut un temps de prodiges pour lui, sans quoi on n’en parlerait même plus. Je veux me prouver que je ne suis pas le Me Aref mort, mais le vivant. Comme dans le mythe de Castor et Pollux: en tuant mon ex-bourreau, j’ai gagné pour moi l’immortalité », écrit-il. Sa phobie de la vérité devient préoccupante, un motif de raillerie pour ses condisciples. C’est la période où il élabore sa théorie « paranoïaque-critique », qu’il définit comme une « méthode spontanée de connaissance irrationnelle, basée sur l’association interprétation-critique des phénomènes délirants ». Son combat d’arrière-garde découle de cette méthode, exprimant son architecture de fantasmes et de phobies sur le mode d’un rébus d’images librement associées, avec un soin du détail, une application dans le trompe-l’œil, qui rassurent les collectionneurs les moins aventureux. On peut détester Me Aref. Mais qu’on le veuille ou non, on ne peut plus imaginer le visage et les couleurs de Djibouti sans lui. Il abandonne la réalité pour la fiction, pour glisser vers le style de vie artificiel, il était prévisible que les esthétiques fusionnent. Au détriment de qui? De l’art, qui devient « la simple scène du spectacle ».

Faute de pouvoir être, le paraître fait bien l’affaire! Aref symbole et martyr d’une expérience étrange, unique, poursuivie avec une opiniâtreté folle ou géniale. D’une extravagance inspirant un mepris mêlé d’effroi. On connaît les abîmes qui succèdent à de tels envols : quand sa réplique paraît dans l’indifférence générale, il en fait une maladie nerveuse qu’on prend pour une rougeole. De cet éblouissement, il ne se relèvera pas, cherchant jusqu’à sa mort à la retrouver, en vain. Aref ne cessera plus de convaincre, sans jamais rencontrer le succès. La tentation du suicide le presse, à la mesure de la déception de sa vie virtuelle. Décidé à quitter la scène politique djiboutienne, il part pour une destination inconnue. Depuis des jours, il se drogue aux barbituriques, dont il avale des quantités excessives, dans l’espoir de retrouver, sa gloire perdue. Les djiboutiens feignent de ne pas s’en étonner. Ils sont habitués aux frasques d’Aref, en ont déjà vu d’autres. Sans doute lui sont-ils aussi reconnaissants d’aérer de ses caprices spectaculaires le conformisme de leurs propres vies. De quoi frapper les imaginations et laisser de longs souvenirs. Aref se trouve, dans le même état de perdition humaine, peut-être à peine plus désespéré, et ne trouve pour satisfaire son besoin de reconnaissance que le recours à la folie meurtrière. Une autre façon de faire parler de soi et de se retrouver à la une de la presse internationale. ll me paraît évident qu’il s’est volontairement précipité dans cette mascarade confondant l’estime de soi avec l’estimation de soi. Il y a donc méprise. Il ne s’agit plus de l’être humain et de sa dignité, mais d’une mise aux enchères de personnes en tant qu’objets exposés avant la vente. Ce chaos, personne ou presque jusqu’ici ne voulait le nommer, de peur peut-être, d’être accusé d’obsolescence. À présent, on peut le dire: « Le roi est nu ! ». (Et il faut une grande malhonnêteté intellectuelle pour prétendre le contraire). Liberté, que de crimes nous commettons en ton nom !Je pourrais poursuivre la litanie, elle est accablante.

Mais cela suffit. Doit-on, par tant, s’étonner si Aref, en particulier, comme les Djiboutiens en général, ont le sentiment que Mohamed Qayaad est fort mal placé pour arbitrer entre les deux parties? Qu’est-ce que c’est que ce pouvoir mortifère qui se complaît dans les assassinats des djiboutiens(nes) et, qui justifie l’inacceptable jour après jour avec une outrecuidance criminelle et qui a l’infâme arrogance de nous traiter de je sais quoi quand on ose timidement protester contre cette conduite indigne? Qu’est-ce que c’est que ce Aref hypocrite qui manie avec tant de virtuosité le bouclier de l’anti-Moi quand on veut juste lui rappeler que depuis quelques jours, il reproduit à dose homéopathique l’horrible injustice dont il a souffert? Je suis farouchement anti-Aref. Je ne suis en rien anti-Moi. Selon les dires de Me Aref, DAF sera assassiné par ses clients ripoux. Ainsi, de deux choses l’une : ou bien Aref veut diaboliser DAF, ou bien, d’une façon plus sinistre encore, Aref a-t-il eu une sorte de lapsus freudien, trahissant par là le fait qu’il est parfaitement au courant des circonstances de la mort probable de Daher Ahmed Farah. Chose inacceptable et condamnable!

Ces propos sont scandaleux! Car il est impensable aujourd’hui qu’un juriste puisse lancer un appel au meurtre.Question fondamentale, non pas pour pleurer sur nous-mêmes, mais pour trouver le moyen de sortir de ce monde absurde que nous avons engendré. Peut-être devrions-nous nous réjouir de voir Me Aref, somme toute relativement inoffensif, offrir une échappatoire ludique au sentiment d’insignifiance éprouvé par la jeunesse moderne. Car n’est-ce pas l’indécence suprême, à l’heure où se jouent tant de drames humains à travers la planète. Car tout ceci est ridiculement marginal, terriblement dérisoire, et sans la moindre importance humaine ou culturelle. Cette célébrité de pacotille où l’insignifiance intellectuelle le dispute à l’égotisme le plus débridé ne changera pas la face du monde, et ne laissera fort heureusement aucune trace dans l’histoire.

Mohamed Qayaad

Manifestions de Londres

USNMESSAGE DE REMERCIEMENT DE L’USN AUX MANIFESTATIONS DE LONDRES

Au nom de  l’Union pour le Salut National – à l’Etranger, je tiens à adresser mes sincères remerciements à tous mes Compatriotes vivant Royaume-Uni et en Europe et à tous les autres Démocrates non-Djiboutiens venus participer nombreux aux deux manifestations organisées le 7 et le 8 Mai 2013 à Londres, contre la venue d’Ismail Omar Guelleh.

Par votre engagement à cette action vous avez démontré votre détermination pour soutenir votre peuple dans ce bras fer que lui impose la dictature. Une dictature qui l’a spoliée une fois encore de sa victoire aux législatives de février dernier et qui continue à réprimer, en emprisonnant nos leaders politiques et les manifestants pacifiques qui les soutiennent, journellement sur le terrain à Djibouti.

Votre lutte à l’extérieur du pays est pour nous d’une importance capitale contre la Dictature tueuse et ennemie de notre peuple. Nous devons, à chaque déplacement du Dictateur ou de ses représentants, nous mobiliser pour dénoncer et montrer ainsi au monde entier les crimes et autres actes inhumains qui se déroulent dans ce petit pays depuis des décennies.

Si notre hardiesse a mis en échec tous les objectifs de sa visite à Londres à la tête d’une forte délégation, il nous appartient désormais de le poursuivre partout et ce, jusqu’à ce que soit:

  • restitué la victoire du peuple,
  • restauré l’Assemblée Légitime,
  • libéré tous les prisonniers politiques et sans condition aucune,
  • instaurer l’état de Droit et le respect de la personne humaine sans oublier la Démocratie véritable à Djibouti.

Grâce au travail sérieux et responsable du Comité de Soutien de l’USN-UK et des Représentants et Cadres de l’USN, les actions de Londres ont été d’une réussite parfaite. Nous lançons un grand Bravo aux organisateurs de ces deux journées d’actions et encourageons tous les Comités de Soutien d’Europe, d’Amérique du Nord et d’ailleurs à mobiliser davantage jusqu’à l’aboutissement de notre victoire sur la Dictature.
En un grand Bravo à vous tous. La lutte continue…

Vive l’USN,
Vive la République de Djibouti Unie et Démocratique.

Londres, le 12 Mai 2013
Pour l’USN Extérieur.
Mahdi Ibrahim God

Les djiboutiens d’Ottawa manifestent

acsaomanif27avr2013pic1_smallComme prévu, ce samedi 27 avril 2013, les djiboutiens d’Ottawa se sont rassemblés devant la flamme du centenaire de la colline du parlement du Canada. Ils se sont réunis manifester leur soutient aux dizaines de leaders politiques et aux centaines de simples citoyens emprisonnés depuis le hold-up électoral du 22 février 2013.

Ont participé à la manif (qui s’est déroulée dans l’ordre et la discipline, des jeunes, des moins jeunes, des hommes, des femmes, des enfants… Ils étaient là pour dénoncer le régime stalinien de Ismaël Omar Guelleh (IOG) et, pour rappeler leurs responsabilités aux leaders du monde libre car la situation.

À Djiboutii.net, une fois n’est pas coutume,  nous joignons à ces frères et soeurs. Nous disons non aux arrestations arbitraires, nous disons non au vol de la voix des urnes. Le combat de l’opposition (pluriel) au régime vieux de 36 ans qui saigne à blanc Djibouti, notre pays, est juste. IOG doit emprunter la même route que Moubarak, Ben Ali, etc.

Nous avons créé un album photo de cet événement que nous vous invitons à partager avec nous.

MRD: Communiqué de presse

Mouvement pour le Renouveau démocratique et le Développement
(Ancien PRD)
Cité Poudrière Avenue Nasser /Www.mrd-djibouti.com
Djibouti, République de Djibouti
Djibouti, le 17 mars  2013

Communiqué de presse

L’arbitraire condamne DAF à deux mois de prison ferme pour un «délit imaginaire».

Ce jour, 17 mars 2013, la justice djiboutienne au service du régime dictatorial de Ismaêl Omar Guelleh vient de condamner le Président du MRD et porte parole de la coalition de l’opposition USN, Daher Ahmed Farah à deux mois de prison ferme.

A travers cette condamnation, le régime de Guelleh cherche à réduire en silence la volonté du peuple et des démocrates libres.

Nous disons que cette privatisation de liberté n’arrêtera pas l’Histoire d’un peuple en mouvement décidé à reconquérir sa liberté, sa dignité, son espoir, son avenir et son destin.

Nous condamnons fermement cette incarcération et demandons au régime actuel la libération immédiate et sans condition de notre Président.

Nous profitons pour alerter la communauté internationale sur la situation alarmante à Djibouti après les élections législatives du 22 février 2013.

La cellule Communication
Pour Daher Ahmed Farah
Président du MRD

ODDH: COMMUNIQUE DE PRESSE

ODDH logoCondamnation
lourde pour 3 leaders de l’opposition
Djibouti, le 10 mars 2013

Depuis le mercredi 20 mars, veille des élections législatives du 22 février 2013, nous assistons à une utilisation excessive et abusive de la force de police et de la gendarmerie contre des manifestants pacifiques,  des arrestations et détentions arbitraires, des multiples violations des procédures judiciaires mais surtout la revérification d’un passé colonial jamais cicatrisé : apparition des barbelés devant le stade Gouled et présence massive de la police et de la gendarmerie dans la capitale.

Suite à la dénonciation par la coalition de l’opposition regroupée sous l’Union pour le Salut National (USN) des résultats provisoires déclarés par le Ministre de l’Intérieur, le pouvoir en place répond par des intimidations, des arrestations, des emprisonnements voire des condamnations face aux revendications de l’opposition.

C’est ainsi que Abdourahman Barkat God et Guirreh Meidal, membres fondateurs du MoDeL, formation affiliée à l’USN et Abdourahman Souleiman Bachir, personnalité très connue du paysage politico-social du pays ayant apporté son soutien à l’USN, ont été condamnés ce dimanche 10 mars 2013 à 2 ans de prison avec 18 mois ferme et 5 ans de privation des droits civiques. Ces peines lourdes qui frappent ces 3 hommes sont seulement la conséquence de leurs engagements politiques. En effet, cette décision injuste et inique qui touchent des hommes qui pour la plupart apparaissent aux yeux des Djiboutiens des modèles d’intégrité et d’abnégation, n’est que le verdict d’une justice crépusculaire.

D’autre part, Yacin Abdillahi Boulaleh, employé de Djibtelecom, a été condamné à 12 mois de prison avec sursis alors que la présentation au parquet de Daher Ahmed Farah (DAF), président du MRD et porte-parole de l’USN et Maydane Abdallah, membre du MRD, a été reportée pour vice de procédure pour le mercredi 13 mars 2013.

  • L’ODDH condamne avec force la poursuite des intimidations, des arrestations et des détentions illégales des simples citoyens, des militants de l’opposition et des opposants depuis le 22 février 2013.
  • L’ODDH dénonce l’utilisation des tribunaux complaisants pour condamner 3 leaders de l’USN à des peines lourdes sur des accusations sans fondement dont l’objectif est d’éliminer de la scène politique certaines personnalités de l’opposition.
  • L’ODDH appelle au pouvoir public à trouver des voies et moyens pour sortir de l’impasse politique actuelle.

Agir pour la démocratie, la dignité et la justice.

Le Président de l’ODDH
Farah Abdillahi Miguil

Les manifs se poursuivent.

Vendredi dernier (8 mars 2013) dans un court article intitulé « Contre le vol des urnes, les manifs se poursuivent à Djibouti », nous vous avions présenté une vidéo format timbre-poste et incomplète sur les manifs qui se poursuivent à Djibouti. Nous avons pu retrouver cette vidéo en plus grand format et vous la présentons ci-dessous.

Contre le vol des urnes, les manifs se poursuivent à Djibouti.

Les manifestations pacifiques (organisées ou spontanées) contre le hold-up électoral du 23 février dernier se sont poursuivi ce vendredi 8 mars 2013 à la sortie de la grande prière. Malgré le quadrillage de la voie publique, les habitants de Balbala se sont réunis au terrain dit « des pompiers ». Voici une énième vidéo qui démontre le mécontentement populaire.

Pour une «deuxième indépendance» à Djibouti.

KadamyFRONT POUR LA RESTAURATION DE L’UNITE ET LA DEMOCRATIE
(FRUD) frud_djibouti@hotmail.com
Bruxelles, le 28 février 2013

«Qu’est-ce que l’indépendance sinon la liberté» disait Kateb Yacine.

Cette« indépendance du drapeau » n’a accouché que de la misère, de la répression, des tortures de la famine et de la soif. Les hôpitaux sont des mouroirs, les écoles sont des poubelles, la famine frappe à la porte.

C’est pourquoi le peuple de Djibouti dans son ensemble, activement aiguillonné par sa jeunesse réclame une «deuxième indépendance», «une deuxième autodétermination à l’égard des bourreaux blottis au sommet de l’Etat».

Refusant la mise à l’écart de la fabrique de l’histoire, le peuple djiboutien debout a exprimé son rejet du régime de Guelleh, de son système mafieux, de ses sbires, incapable d’enrayer la spirale de la déliquescence de l’Etat et de ses institutions.

Cette fois encore, Ismael Omar Guelleh veut se maintenir par la force des baïonnettes, refusant l’expression sans équivoque sortie des urnes dans les districts où les élections ont eu lieu, en faveur de l’Union pour le Salut national (USN) coalition de l’opposition créée en janvier 2013.

A Djibouti ville et dans ses environs, l’opposition les a emportées largement, le ministre de l’intérieur a proclamé des résultats fictifs en faveur de la coalition de l’Union pour la Majorité Présidentielle (UMP) du pouvoir. A Arta et à AliSabieh, les suffrages favorables aux opposants ont été purement et simplement détournés. Les habitants des districts d’Obock, de Tadjourah et de Dikhil, à qui on dénie jusqu’à la citoyenneté n’ont même pas eu le droit de voter, les militaires s’en sont chargés en bourrant les urnes.

Depuis le 24 février, la police, la gendarmerie, la garde présidentielle épaulées par 500 soldats du camp militaire de Mariama, mènent une répression brutale et sanglante : 4 morts et des blessés par balles, laissés sans soin et 400 arrestations. Trois dirigeants du Mouvement pour la Liberté et la Démocratie (MODEL : membre de la coalition de l’USN) sont sous mandat de dépôt à Gabode pour instigation à troubler l’ordre public. Les quartiers de Djibouti ville et de Balbala sont quadrillés par les forces de l’ordre. N’oublions pas que le chef de l’Etat a inauguré cette campagne électorale en faisant assassiner un jeune de 14 ans à Obock le 30 décembre 2012.

Le FRUD

  • condamne énergiquement la répression violente et sanglante à l’encontre des hommes, des femmes et des jeunes qui n’ont exercé que leurs droits fondamentaux d’expression.
  • demande l’arrêt de ces vagues d’arrestations et la libération de toutes les personnes arrêtées et des dirigeants du MODEL

Le FRUD est solidaire du mouvement de protestation contre le holdup électoral et de la jeunesse djiboutienne qui n’a cessé de manifester depuis 2 ans contre ce régime corrompu.

Mohamed Kadamy
Président du FRUD

Djibouti Le régime de Guelleh, néocolonie et dictature féroce

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Djibouti Le régime de Guelleh, néocolonie et dictature féroce

Mots clés : djibouti, dictature, ismaïl omar guelleh,
Source : http://www.humanite.fr/tribunes/516720

Sur ce confetti de l’ex-empire, devenu une sorte de porte-avions français stratégique à l’entrée de la mer Rouge, le dictateur Ismaïl Omar Guelleh réprime l’opposition, qui revendique la victoire aux législatives du 22 février.

À Djibouti, une implacable chasse aux sorcières est engagée. Sont visés, les responsables et les militants de l’Union pour le salut national (USN), la coalition de l’opposition qui revendique la victoire aux élections législatives du 22 février. Vendredi, dans les rues de la capitale, de violents heurts ont opposé les protestataires aux policiers, qui n’ont pas hésité à tirer à balles réelles. Bilan : au moins dix morts. Les arrestations se comptent par centaines. Selon Omar Ali Ewado, de la Ligue djiboutienne des droits de l’homme (LDDH), plus de mille personnes ont été interpellées depuis le début du processus électoral. « Des détenus politiques sont sauvagement torturés à la prison de Gabode. La répression est terrible. On torture en public, jusque dans la rue », s’alarme-t-il. Dimanche, trois figures de l’USN, placées sous mandat de dépôt depuis le 27 février, ont été déférées devant le parquet. Abdourahman Barkat, Abdourahman Bachir et Guirreh Meidal sont inculpés pour « incitation à l’insurrection ». Ils risquent chacun trois ans de prison ferme et dix ans d’inéligibilité. L’audience a été reportée au 10 mars.

Les arrestations arbitraires, les humiliations, l’intimidation ne dissuadent pourtant pas les citoyens de Djibouti de poursuivre un mouvement d’une ampleur inédite. Ce mardi, l’USN appelle à une grande manifestation sur la route de Venise, l’un des grands axes de Djibouti-Ville. « Les Djiboutiens refusent de laisser le gouvernement s’emparer de la victoire du peuple en inversant les résultats. Un bras de fer est engagé avec ce régime dictatorial et népotique », résume Abatté Ebo, vice-président du Mouvement pour le développement et la liberté (Model), une composante de l’opposition issue de la société civile. Dans cette néocolonie qui abrite la principale base militaire française à l’étranger et l’unique base américaine en Afrique, on s’interroge sur l’attitude de Paris. « La France est une complice passive de la répression. À la télévision djiboutienne, l’ambassadeur de France n’a pas hésité à louer la transparence du scrutin », se désespère Omar Ali Ewado.

À Djibouti, où la torture est quotidienne, le despote qui l’ordonne s’est fait plus féroce encore après que le vent de révolte venu de Tunis a jeté, au printemps 2011, des milliers de Djiboutiens dans la rue. Depuis ce 18 février 2011, date de la plus importante manifestation depuis l’indépendance, une répression d’une rare violence s’abat sur les opposants et sur les défenseurs des droits humains. Les disparitions, les arrestations arbitraires sont monnaie courante. Dans les commissariats, dans les casernes militaires, en prison, les actes de torture et les mauvais traitements infligés à des opposants, des étudiants, des syndicalistes, des journalistes, des bergers sont systématiques. « D’innombrables personnes sont passées entre les mains des tortionnaires. Des familles, surtout en brousse, peuvent rester plusieurs mois sans nouvelles d’un proche enlevé par les services de sécurité du régime », témoigne Mohamed Kadamy, président d’un parti frappé d’interdiction, le Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie (Frud), qui a lui aussi connu les geôles d’Ismaïl Omar Guelleh avant d’être contraint à l’exil. Impossible de recenser toutes les victimes de cette dictature féroce. Certains détenus meurent sous la torture, comme Abdallah Mohamed Abdallah, qui a rendu son dernier souffle dans les locaux de la gendarmerie, le 3 février 2011. Il avait eu l’outrecuidance de dégrader le véhicule d’un homme d’affaires saoudien.

Sur ce confetti de l’ex-empire, devenu une sorte de porte-avions français stratégique à l’entrée de la mer Rouge et face au golfe d’Aden, le sort des opposants n’émeut pas les autorités de l’ex-puissance coloniale, attachées à Ismaïl Omar Guelleh comme à un fondé de pouvoir obéissant. « Réélu » pour un troisième mandat en avril 2011, après avoir trafiqué la Constitution et organisé une mascarade électorale boycottée par l’opposition, Guelleh reçoit, malgré la corruption, le népotisme, la violence politique, un soutien inconditionnel de la France. Au point, relève l’association Survie, que « c’est bien pour préserver à tout prix le vieil ami Guelleh (…) que l’État français ment de façon éhontée » sur l’affaire Borrel, du nom de ce magistrat français assassiné à Djibouti en octobre 1995. « Des témoignages, dont celui d’un ex-membre de la garde présidentielle, Mohamed Saleh Alhoumekani, mettent en effet directement en cause le président Guelleh et son entourage dans l’assassinat du juge Borrel », rappelle l’association de lutte contre la Françafrique. Le 21 décembre 2011, le dictateur Guelleh était reçu à l’Élysée pour parapher le nouvel accord de défense entre la France et Djibouti. À la clé, le maintien d’une précieuse manne pour la famille régnante, avec le loyer mensuel de la base militaire française, qui s’élève à 2,5 millions d’euros. Soit 30 millions d’euros par an, dont les Djiboutiens ne voient pas la couleur. À Djibouti, l’espérance de vie n’est que de 56,1 ans(1). Le taux de chômage dépasse les 60 %(2). Selon l’Unicef, « la probabilité de survie d’un enfant djiboutien jusqu’à son premier anniversaire est l’une des plus faibles de la région » : près d’un enfant sur dix décède avant un an. Une famille sur cinq, seulement, est raccordée au réseau électrique.

C’est dans ce noir contexte que, broyée à l’intérieur, peu soutenue à l’extérieur, boudée par la presse internationale, l’opposition djiboutienne poursuit son courageux combat pour la démocratie et le respect des droits humains.

(1) Rapport mondial sur le développement humain, 2010.
(2) Rapport national sur le développement humain, 2007.